Les étudiants et professeurs de médecine qui, le 23 avril 1871, refusèrent d’apporter leur soutien à la Commune n’étaient heureusement pas les seuls représentants de la pensée française. En effet, dans le journal de Jules Vallès, le Cri du Peuple du 14 mai 1871, on peut lire «Le Manifeste de la Fédération républicaine des Écoles» du 8 mai 1871.

Son siège est situé dans le petit amphithéâtre de l’École de Médecine. Quelques extraits de ce manifeste donnent une idée de l’idéal qui l’anime. Les élèves des différentes écoles de Paris ont décidé de mener une action commune pour défendre la République et la Commune.

Ils veulent détruire les mensonges de ceux qui prétendent que la capitale est à la merci d’une bande de pillards et d’assassins. «Il faut dire bien haut que Paris, confié à sa Garde nationale, n’a jamais joui d’une plus grande sécurité intérieure».

Commune de Paris 1871, enfants miséreuxLe gouvernement de Versailles est impopulaire par sa lâcheté devant les Prussiens et par ses insultes et provocations à l’égard du peuple : nomination du général de Paladines au commandement de la Garde nationale et du général Vinoy comme gouverneur de Paris ; atteinte à la liberté de la presse comme au temps de l’ère impériale ; refus de l’Assemblée de siéger à Paris, etc.…

Le ton est parfois un peu emphatique, mais des envolées d’une grande sincérité empoignent souvent le lecteur : «Les écoles de Paris, que leur glorieuse tradition voue à la défense des causes justes et généreuses, ne peuvent-elles pas, ne doivent-elles pas élever la voix et vous dire : voici, d’un côté une population qui fonde ses franchises communales, de l’autre un gouvernement et une assemblée qui lui refusent ce droit (…) La guerre civile est commencée. Que les Républicains ne répètent pas, en combattant isolément, les fautes de 1848 et 1851 que la France et la Liberté déplorent encore ! L’union fait la force ! Vive la République !»

Le Manifeste est signé par les représentants des écoles de Pharmacie, des Mines, de Médecine, des Beaux-Arts, de Droit, de Sciences naturelles. C’est en quelque sorte, une riposte enflammée à l’échec du 23 avril 1871. 

Marcel Cerf