VICTOR HUGO ET LA COMMUNE

Victor Hugo et la Commune, brochure éditée par les Amis de la Commune de Paris 1871, 2003.A l’occasion du bicentenaire de la naissance de Victor Hugo, où les rapports entre l’écrivain et la Commune ont été caricaturés, souvent réduits à l’anecdotique, il revenait aux « Amis de la Commune de Paris » de montrer qu’il y avait entre les communards et Hugo une communauté de combat. C’est la raison de cette brochure relatant essentiellement : le cheminement politique et les rapports de l’écrivain avec la Commune.
Le cheminement d’Hugo, « de droite vers la gauche », est atypique : royaliste il rencontre la misère ; républicain, il découvre la démocratie et s’affronte à ce qui la limite ; il prend conscience de la situation de la femme ; il magnifie le rôle de l’éducation ; il s’élève contre les dogmes et les églises. Hugo qui a compris les rapports entre la misère et les tensions sociales, pense que seule la République constitue une forme de réorganisation capable de détruire la misère. Mais il refuse de participer au gouvernement provisoire et prend ses distances avec ceux qui veulent entamer le combat pour une République plus sociale.
Bien qu’au sujet de la Commune, Hugo ait proclamé : « C’est une bonne chose mal faite », il relève, particulièrement pendant la Semaine Sanglante, une masse d’informations qui vont le confirmer dans sa résolution de manifester sa solidarité aux vaincus. Là commence un combat obstiné pour l’amnistie qui durera dix ans et continuera après le retour des condamnés. Un des intérêts majeurs de cette publication est la comparaison édifiante du programme politique de Victor Hugo : abolition de la peine de mort, réforme de la magistrature, Etats-Unis d’Europe, instruction gratuite et obligatoire, droits de la femme…, avec des idéaux souvent voisins de ceux de la Commune de Paris.
Cette brochure, par sa pertinence, par la richesse des notes, des extraits de textes d’Hugo, apporte la démonstration de la communauté de combat entre les communards et Victor Hugo. Réservons-lui une place dans notre bibliothèque.

Bernard Eslinger

Victor Hugo et la Commune, brochure éditée par les Amis de la Commune de Paris 1871, 2003.

 

TARDI-VAUTRIN, LE DUO GAGNANT

  Tardi-Vautrin, Le Cri du peuple, tomes 1 "Les canons du 18 mars", Casterman.        Tardi-Vautrin, Le Cri du peuple, tomes 2 "L'espoir assassiné", Casterman.

Faut-il le redire ? Jamais, en bande dessinée, la Commune de Paris ne fut aussi parfaitement saisie dans sa richesse, sa diversité, ses utopies, ses hommes et ses femmes, que par Jacques Tardi. Il aurait été un Communard parfait échappant aux salopards de Thiers, revenant après l’amnistie pour reprendre sa place dans les luttes contre une bourgeoisie implacable.
En ce début de XXIe siècle, Tardi visualise le roman tumultueux et merveilleux de Jean Vautrin, le maître de Bègles. Après un premier album où certains n’hésitent pas à le comparer à Daumier, le deuxième L’espoir assassiné, se dévore avec un égal bonheur.
Nous retrouvons les bons, les pourris, les salauds, les argousins, celles et ceux surgis d’ailleurs (les malheureux, les bannis de la spéculation, les exploités des fabriques, les habitants des faubourgs et de la grande réserve des pauvres). Ils se pressent dans les cases, s’expriment dans les phylactères. Ils ont la parole, rares instants où la liberté, l’égalité, la fraternité, occupent l’espace confisqué par les puissants, les nantis, les ventrus.
Cette BD doit être lue par chacun d’entre nous, offerte par chaque membre de notre Association.


Pierre Ysmal

Tardi-Vautrin, Le Cri du peuple, tomes 1 et 2, Casterman.