ÉLISÉE RECLUS GÉOGRAPHE, ANARCHISTE, ÉCOLOGISTE

Jean Didier Vincent, Élisée Reclus géographe, anarchiste, écologiste, Robert Laffont éditeur.

Le livre de Jean Didier Vincent montre parfaitement le cheminement intellectuel de celui qui était destiné à devenir, pasteur et qui deviendra un géographe mondialement connu, anarchiste et athée. Elisée est l’inventeur d’une nouvelle géographie qui place l’homme au centre. Elle propose une théorie de la production sociale de l’espace.

Ce livre suit pas à pas l’évolution des frères Reclus. Elisée et Elie sont très proches. Ils adhèrent ensemble à la franc-maçonnerie, mais Elisée se consacre surtout à La Coopérative et au Crédit du travail. Il rencontre Benoît Malon. Il est l’ami de Nadar. Il s’engage dans le 119e bataillon de la Garde nationale. Il est fait prisonnier sur le plateau de Châtillon. Il sera libéré et expulsé vers la Suisse suite à une pétition signée par de nombreux savants dont Charles Darwin. Il a comme voisin Courbet. Il rencontre et traduit les livres de Kropotkine, lui aussi géographe. Il corrige les mémoires de Bakounine. Militant de longue date à l’AIT, il adhère à la Fédération jurassienne. Il quitte la Suisse pour Bruxelles où il enseigne à l’Université Nouvelle. Il termine son œuvre majeure La Nouvelle géographie universelle et commence l’Homme et la Terre. Ce livre passionnant donne envie de découvrir ou de redécouvrir celui qui écrivait : « Nous sommes révolutionnaires parce que nous voulons la justice et que partout nous voyons l’injustice régner autour de nous. C’est en sens inverse du travail que sont distribués les produits du travail ».

Daniel spassky

Jean Didier Vincent, Élisée Reclus géographe, anarchiste, écologiste, Robert Laffont éditeur

 

ACTES ET PAROLES

Victor Hugo, Actes et paroles, coéd. Le Monde/Flammarion

Cet ouvrage réunit les discours, les déclarations et les articles de presse de Victor Hugo pendant ses vingt ans d’exil et d’opposition à l’Empire. On lira avec intérêt son discours en faveur de l’amnistie des communards, prononcé le 22 mai 1876 au Sénat. « Ainsi, à vingt ans d’intervalle, pour deux révoltes, pour le 18 mars et le 2 décembre, telles ont été les deux conduites tenues dans les régions du haut desquelles on gouverne : contre le peuple, toutes les rigueurs ; devant l’empereur, toutes les bassesses. (…) Il est temps de renoncer à cette honte de deux poids et de deux mesures. Je demande pour les faits du 18 mars l’amnistie pleine et entière », conclut Victor Hugo. Victor Schœlcher, le père de l’abolition de l’esclavage, fut l’un des sept sénateurs qui approuvèrent ce texte. Le reste du Sénat s’y opposa. Il fallut attendre quatre ans pour que l’amnistie totale des communards soit finalement promulguée, le 11 juillet 1880.

J.S.

Victor Hugo, Actes et paroles, coéd. Le Monde/Flammarion.

 

DALOU SCULPTEUR ENGAGÉ

Simier, Imbert et Groud, Dalou à Paris, Paris musées (2010)

De Jules Dalou (1838-1902), nos lecteurs connaissent Le Triomphe de la République, place de la Nation, à Paris, et les gisants de Victor Noir et d’Auguste Blanqui au cimetière du Père-Lachaise. Grâce à ce petit livre, ils découvriront que le sculpteur est également l’auteur d’une vingtaine d’autres œuvres disséminées sur les places, jardins et façades de la capitale, dont le monument à Eugène Delacroix, au jardin du Luxembourg et La Fraternité, relief décorant la salle des mariages de la mairie du Xe arrondissement. Dalou participe activement à la Commune, d’abord en tant que capitaine dans le 83e bataillon de la Garde nationale, puis dans la Fédération des artistes. A ce titre, il est nommé administrateur adjoint du musée du Louvre. Versailles le condamne aux travaux forcés, mais par contumace, car il a réussi à gagner Londres où il travaille jusqu’à l’amnistie. De retour à Paris, l’artiste propose au comité révolutionnaire du XIIIe arrondissement de réaliser un gisant de Blanqui. Le bronze sera présenté au Salon de 1885 et inauguré la même année. Il meurt en 1902, sans avoir achevé le projet qui lui tenait le plus à cœur, son Monument aux ouvriers, dont on peut voir les études en terre cuite et la statue du Grand paysan au musée du Petit Palais.

John Sutton

Simier, Imbert et Groud, Dalou à Paris, Paris musées (2010)

 

PARCOURS BUISSONNIER À TRAVERS L’HISTOIRE CONTEMPORAINE MALTRAITÉE

Joseph Siquier, Parcours buissonnier à travers l’histoire contemporaine maltraitée, Aurillac 2007.

Instituteur issu d’une famille de paysans de la Châtaigneraie cantalienne Joseph Siquier, a la passion de l’écriture, d’Histoire et de la politique.

Depuis sa montagne du Cantal, il égraine ses souvenirs sous forme romanesque comme Une adolescence au mitan du siècle. (1946-1952) où il tonne dans de courtes notes contre les approximations, les déformations de l’Histoire qu’il relève dans des ouvrages, la presse de sa région ou dans la presse nationale. L’homme est resté fidèle à ses engagements politiques et syndicalistes forgés au mitan du siècle, il affirme certes un point de vue mais c’est souvent avec un certain plaisir qu’on le suit dans son entreprise de remise en cause de la vulgate superficielle d’une grande partie de l’information historique contemporaine.

La Commune, ses protagonistes connus font partie de ses sujets de rectification de points d’Histoire, parmi les milliers d’erreurs, ou de déformations volontaires que lui fournissent le sottisier médiatique et l’inculture de journalistes, de politiques ou d’intellectuels à la mode.

Les lecteurs du bulletin ont parfois apprécié ses notes incisives, mais sur 855 pages avec la seule aide d’un index, la lecture s’avère parfois fastidieuse malgré une tonicité qui force à se reposer des questions et à revenir aux lectures, aux auteurs, aux sources.

Yves Sabourdy

Joseph Siquier, Parcours buissonnier à travers l’histoire contemporaine maltraitée, Aurillac 2007. Disponible chez l’auteur : Montlogis 15120 Ladinhac. Peut être consulté à la bibliothèque de l’association (réf : 848 SIQ)