NOUVELLE PUBLICATION DE TROIS TEXTES INOUBLIABLES

« Vive la Commune ! », Procès de Louise Michel , 16 décembre 1871, suivi de « La Commune est proclamée », Jules Vallès, 30 mars 1871,et de « La guerre civile en France » Adresse de Karl Marx, 30 mai 1871. Edition bilingue, Editions Points, février 2011.

Voici un opuscule que beaucoup vont acquérir : au modique prix de trois euros, ses soixante pages nous offrent de beaux textes de Louise Michel, Jules Vallès et Karl Marx.

En cette année du 140e anniversaire de la Commune de Paris, les Éditions Points ont donc eu l’excellente idée de publier ce petit livre au format poche qui, dans l’esprit d’une éducation populaire, mais exigeante (le texte de Marx est présenté en édition bilingue allemand/français), reprend des extraits du procès de Louise Michel, du 16 décembre 1871, un article de Jules Vallès publié dans son journal, Le Cri du Peuple, le 30 mars 1871, et pour finir, des extraits de La Guerre Civile en France, de Karl Marx, dans une adresse à l’AIT du 30 mai 1871.

Chaque document est précédé d’une présentation claire, et l’ensemble est suivi d’une chronologie concernant les trois auteurs et les événements historiques, rappelant la guerre franco – prussienne et les grandes étapes de la Commune de Paris.

La force des propos de Louise Michel face à ses accusateurs nous donne à comprendre pourquoi cette femme communarde est encore célèbre de nos jours. Comment, en effet, oublier une telle personnalité qui nous fait encore vibrer quand nous lisons ici les propos qu’elle tient à ceux qui vont bientôt la juger : « J’ai fini ! Si vous n’êtes pas des lâches, tuez-moi ! » ?

Dans l’article de Jules Vallès, nous entendons les cris de joie du peuple scander la proclamation de la Commune de Paris. Mais dans cette liesse, le journaliste écrivain rappelle la grandeur de la tâche : « Le Peuple de Paris, debout en armes, a proclamé la Commune, qui lui a épargné la honte de la capitulation, l’outrage de la victoire prussienne et qui le rendra libre comme elle l’eût rendu vainqueur. »

Quant à l’adresse de Karl Marx au Conseil général de l’Association internationale des travailleurs, l’auteur tente d’y expliquer l’échec de la Commune, même s’il admire la combativité des communards. Il cherche aussi à rétablir la vérité quant aux incendies perpétrés dans la capitale : les communeux n’étaient pas par définition des incendiaires, comme le déclaraient leurs détracteurs. Et il leur rend hommage : « Le Paris ouvrier, avec sa Commune, sera célébré à jamais comme le glorieux fourrier d’une société nouvelle. Le souvenir de ses martyrs est conservé pieusement dans le grand cœur de la classe ouvrière. Ses exterminateurs, l’histoire les a déjà cloués à un pilori éternel, et toutes les prières de leurs prêtres n’arriveront pas à les en libérer. »

Lisons, relisons ces textes à loisir. Offrons-les autour de nous. Puisons l’énergie qui en émane, et participons ainsi modestement à la pérennité de la Commune de Paris 1871 !

Michèle Camus

« Vive la Commune ! », Procès de Louise Michel , 16 décembre 1871, suivi de « La Commune est proclamée », Jules Vallès, 30 mars 1871,et de « La guerre civile en France » Adresse de Karl Marx, 30 mai 1871. Edition bilingue, Editions Points, février 2011.

LOUISE MICHEL EN ALGÉRIE

Meddy Lallaoui, Kabyles du Pacifique, Éditions Au nom de la mémoire, Éditions Au nom de la mémoire.

Ce livre nous rappelle l’insurrection des kabyles sur laquelle il existe peu d’écrits. Victimes de la répression, nombre d’entre eux sont condamnés à la déportation en Nouvelle Calédonie, où ils retrouveront les déportés de la Commune. Il faut noter que certains communards ne se soucient guère du sort de leurs camarades kabyles, alors que peu d’entre eux retourneront en Algérie et encore moins bénéficieront de l’amnistie – on peut parler d’apartheid à leur sujet !

Pendant sa déportation, Louise Michel avait promis de leur rendre visite, ce qu’elle fait en octobre 1904, par une série de conférences dans toute l’Algérie.

C’est plutôt d’Ernest Girault dont il est question. Anarchiste, il est l’objet de nombreuses critiques, surtout de la part des syndicats auxquels il est hostile, contrairement à Louise Michel qui reçoit un accueil chaleureux.

Il existe peu de documents concernant la révolte des kabyles en 1870 et l’on trouve des articles extrêmement intéressants, surtout dans les journaux anarchistes, qui relatent de façon très précise les thèmes des conférences, l’accueil par la population et la qualité des interventions des deux conférenciers. Livre attachant, bien documenté, qui apporte des éléments sur la révolte des kabyles, que l’on semble oublier trop souvent. D’autre part, on y apprend que Louise Michel fait son cycle de conférences dans un état de santé fragile, ce qui nous touche quand on pense à ses souffrances, mais aussi à sa détermination et son courage pendant son séjour en Algérie.

Annette Huet

Meddy Lallaoui, Kabyles du Pacifique, Éditions Au nom de la mémoire, Éditions Au nom de la mémoire, 135 pages, 23 euros. 

LA PORTÉE HISTORIQUE DE LA COMMUNE

Andrée Collot, Jules Guesde, éducateur et organisateur du prolétariat, édit. Inclinaison.

L’ auteure, Andrée Collot, rend hommage à Jules Guesde (1845-1922), méconnu aujourd’hui, en expliquant son rôle historique et en sélectionnant plusieurs textes de ce théoricien socialiste qui fut notamment un des principaux artisans de la création du Parti ouvrier français, en 1880. Il fut le chef de fil des communards exilés en Suisse. Le discours de Jules Guesde : La portée historique de la Commune, publié dans son journal L’Egalité du 18 mars 1880 n’a rien perdu de son actualité si l’on en juge par cet extrait : « Le 18 mars est social ou socialiste dans son programme (…). L’autonomie communale qu’il fait mieux que réclamer, qu’il prend et qu’il étend à tout, non seulement à l’impôt, mais à la justice ; non seulement à la justice, mais à l’instruction ; non seulement à l’instruction, mais à la force publique, cette autonomie absolue, qui a malheureusement fait illusion à beaucoup, n’est (…) qu’un moyen destiné à universaliser la propriété. L’outil à l’ouvrier, la terre à celui qui la cultive, lit-on dans une autre proclamation à l’adresse des départements. »

John Sutton

Andrée Collot, Jules Guesde, éducateur et organisateur du prolétariat, édit. Inclinaison. 89 p. 10 euros.

LES CAHIERS ROUGES DE MAXIME VUILLAUME

Maxime Vuillaume, Mes Cahiers rouges, souvenirs de la Commune, Éditions La Découverte.

Enfin le texte intégral rouges, de Maxime Vuillaume.

Nous signalons à nos adhérents la parution aux éditions de La Découverte de Mes cahiers rouges, souvenirs de la Commune de Maxime Vuillaume. Notre regretté Marcel Cerf avait consacré en 1988, le numéro 3 des Cahiers des Amis de la Commune aux Cahiers rouges, de Maxime Vuillaume.

Il écrivait : On ne peut tenter une approche sérieuse de l’histoire de la Commune dans son vécu quotidien, sans avoir lu et relu Mes Cahiers rouges de Maxime Vuillaume, co-fondateur du Père Duchêne.

L’intégralité des cahiers n’était plus disponible. En 1998, Actes Sud publiait dans sa collection de poche, Babel, quelques extraits de certains cahiers.

La Découverte nous présente aujourd’hui une édition intégrale des dix Cahiers. La présentation de l’ouvrage est due à Maxime Jourdan, à qui nous devons déjà Le Cri du Peuple, aux éditions L’Harmattan. Il développe la biographie de Maxime Vuillaume et les conditions de parution des dix cahiers rouges. Descaves a incité Maxime Vuillaume à écrire ses mémoires et l’a présenté à Péguy, fondateur des Cahiers de la quinzaine. Marcel Cerf signale qu’une amitié solide et une collaboration étroite vont naître entre celui qui croyait au Ciel et celui qui n’y croyait pas. C’est d’ailleurs Péguy qui trouva le titre couvrant l’ensemble de son œuvre. Les trois premiers cahiers ont été disponibles en 1908, les trois suivants en 1909 ; en 1910, ce fut le cahier 7 et enfin, les trois derniers ont été publiés entre 1912 et 1914.

Nous donnerons dans un prochain numéro un compte rendu des Cahiers rouges. En attendant nous conseillons vivement de se procurer cet ouvrage.

Daniel Spassky

Maxime Vuillaume, Mes Cahiers rouges, souvenirs de la Commune, Éditions La Découverte. 720 pages. 27,50 euros