DU FOREZ À LA REVUE SOCIALISTE, BENOÎT MALON (1841-1893)

Du Forez à la Revue socialiste, Benoît Malon (1841-1893), actes du colloque des Amis de Benoît Malon, publication de l’Université de Saint-Étienne.

Ce livre est le recueil des actes du colloque organisé les 24 et 25 avril 1999, par les Amis de Benoît Malon. Universitaires, historiens, spécialistes de Benoît Malon tels que Claude Latta, Marc Vuilleumier et Gérard Gâcon ont apporté leur éminente contribution à la réalisation de l’ouvrage.

On ne saurait citer toutes les remarquables communications faites au colloque, mais signalons tout particulièrement celles d’Alain Dalotel et de Michel Cordillot.

Alain Dalotel, avec un titre d’une ironie légère, Benoît Malon, troisième fils d’André Léo, restitue à la compagne de Malon la place importante qu’elle aurait dû occuper dans le mouvement ouvrier et dans l’histoire du féminisme.

André Léo, dont la notoriété a été quelque peu estompée par Louise Michel, a eu une grande influence sur l’épanouissement de la personnalité de Malon et, sans doute, sur son antidogmatisme.

Pour Michel Cordillot, L’histoire de la Commune de Paris de Lissagaray  et La guerre civile en France de Marx, malgré leurs évidentes qualités, ont une moindre valeur historique que La troisième défaite du prolétariat français de Benoît Malon. Ce fut, de fait, la première tentative sérieuse d’écrire l’histoire de la Commune du point de vue des révolutionnaires parisiens et le premier ouvrage signé par un dirigeant communard de premier plan.

Michel Cordillot a d’ailleurs un devancier et l’on peut don rapprocher sa position de celle prise par François Hincker (Les Cahiers du Communisme - mars1871 – note 2 page 118) : « La troisième défaite du prolétariat français méritait de prendre la place de celui de Lissagaray comme meilleure histoire de la Commune écrite par un communard même ».

Cette troisième défaite du prolétariat français revisitée, selon le titre de Michel Cordillot, va certainement susciter de nombreuses discussions. Nul doute que les différentes études du colloque inciteront beau de lecteurs à la redécouverte d’un socialisme indépendant injustement oublié.

Ce livre permet aussi d’estimer, à juste titre, l’apport considérable des socialistes utopiques, leur profonde originalité et leur rôle déterminant de précurseur, mais en évitant toutefois de tomber dans un antimarxisme sommaire et dépréciatif.

Marcel Cerf

Du Forez à la Revue socialiste, Benoît Malon (1841-1893), actes du colloque des Amis de Benoît Malon, publication de l’Université de Saint-Étienne.

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