I.N.R.I.

Léon Cladel, I.N.R.I., Édition du Lérot.

Poursuivant leur travail d'édition autour de la Commune, les éditions du Lérot, à qui nous devons déjà des œuvres d'Andrèe Léo et une étude sur les ouvrages littéraires inspirés par la Commune, viennent de réaliser un ouvrage important.
Léon Cladel a vécu la Commune et après divers textes où il s'efforce de défendre la mémoire des « Communaux » et de leur famille, il entreprend en 1872 I.N.R.I. qu'il ne terminera qu'en 1887.
La première édition de ce texte resté inédit, malgré les avis favorables de nombreux militants de la Commune, ne sera publiée qu'en 1931. Comme le dit à l'époque sa fille Judith, le titre symbolise « le magnifique sacrifice du peuple de Paris, Christ des Cites ».
C’est une oeuvre servie par une langue foisonnante pétrie d'une sève populaire sans doute encore plus apparente dans cette version intégrale.
Les notes enrichissent encore, par le travail de Lute Czyba, l'intérêt de cette nouvelle édition.
Un ouvrage exceptionnel édité de façon non moins exceptionnelle et bien servi par des illustrations de grand intérêt.

Raoul Dubois

Léon Cladel, I.N.R.I., Édition du Lérot.

 

J'ÉTAIS ENFANT PENDANT LA COMMUNE DE PARIS

Mathieu François, J’étais enfant pendant la Commune de Paris, Éd. du Sorbier, 1997.

Pierrot vit avec ses parents à Montrouge. Il va vivre les événements de 1870 et 1871 : La guerre, la chute de l'Empire, le siège, l'armistice, la Commune. Son père et son grand-père sont parmi les Fédérés, c'est la Semaine Sanglante. Pierrot se cache, assiste aux massacres, retrouve enfin sa mère, mais le père et le grand-père ne reviendront pas.
C'est un texte simple et accessible qui a le mérite de mettre au point les événements de la Commune dans la trame d'un récit parfaitement vraisemblable sans travestir ce que fut la période.
Sans doute, le texte prend-t-il les libertés qui sont la loi du roman historique, mais cela ne fait qu'actualiser son audience.
Dès l'âge de 10 ans, ce peut être une bonne approche de la Commune.

Raoul Dubois

Mathieu François, J’étais enfant pendant la Commune de Paris, Éd. du Sorbier, 1997.

 

UNE REMARQUABLE BIBLIOGRAPHIE SUR LA COMMUNE

Robert Le Ouillec, La Commune de Paris, bibliographie critique -1871/1997, Éditée par la Boutique de l’Histoire, 1997.

Robert Le Quillec vient de publier une remarquable bibliographie rassemblant tous les écrits sur la Commune parus de 1871 à 1997 inclus. Sous un format pratique, nous disposons donc, enfin, d'une bibliographie exhaustive, pensons-nous, car avec 2660 « entrées », peu de livres ou d'articles ont pu échapper aux recherches effectuées pendant 30 ans par l'auteur.
Nous y trouvons classés par ordre alphabétique tous les noms d'auteurs de livres, de brochures ou d'articles publiés pendant plus de 125 ans, tous les noms d'intervenants dans les colloques consacrés à la Commune, tous les recueils de dessins, caricatures, gravures et photographies, tous les titres de journaux parus sous la Commune avec les noms de leur directeur et principaux collaborateurs, enfin un regroupement d'entrées autour de 17 thèmes.
Une bibliographie « critique » également, comme dit le titre de l'ouvrage. Robert Le Quillec accompagne, en effet, chaque écrit répertorié de notices brèves exprimant son appréciation. Celle-ci est sympathique pour ceux qui sont favorables ou simplement objectifs envers les Communards. Mais, elle est plus réservée, voire sévère, pour les pro-versaillais d'hier et d'aujourd'hui.
Donc, une réussite que nous saluons chaleureusement en songeant aux immenses services qu'elle rendra aux chercheurs, aux étudiants, a tous ceux qui s'intéressent avec passion à cette page glorieuse, exaltante et douloureuse que fut la Commune de Paris de 1871.

Georges Frischmann

Robert Le Ouillec, La Commune de Paris, bibliographie critique -1871/1997, Éditée par la Boutique de l’Histoire, 1997.

 

LA RÉVOLUTION DE 1848 EN FRANCE ET EN EUROPE

Sylvie Aprile. Raymond Huard, Pierre Lévèque, Jean-Yves Mollier, La révolution de 1848 en France et en Europe, Éditions Sociales, 256 p.

Parmi les publications pour le 150e anniversaire de 1848 il faut retenir dans La révolution de 1848 en France et en Europe les très intéressantes pages de Jean-Yves Mollier sur « la culture de 48 ».
Elle est, souvent, ignorée car on préfère le cliché à la réflexion, le professeur Mollier, en conclusion de son étude évoque Eugène Pottier écrivant l'internationale et dresse un parallèle entre les massacres de juin 1848 et les « fusillades qui accompagnèrent, aux Tuileries ou ailleurs, l'orgie de la victoire ».

Pierre Ysmal

Sylvie Aprile. Raymond Huard, Pierre Lévèque, Jean-Yves Mollier, La révolution de 1848 en France et en Europe, Éditions Sociales, 256 p.

 

« PARIS EN L’AN 2000 »

Tony Moilin, Paris en l'An 2000, Éditions Aléas.

Tony Moilin : médecin chercheur, assistant de Claude Bernard, médaillé pour son dévouement lors de l'épidémie de choléra, dressé contre « une société foncièrement détestable ».
Professeur de médecine, il a pour élève puis pour ami, Paul Lafargue, devenu gendre de Karl Marx qu'il rencontrera une fois à Paris.
Lancé dans la bataille contre l'Empire en 1868, condamné à cinq mois de prison en 1870, il se met en 1871 au service de la Commune de Paris.
Fusillé par les Versaillais le 28 mai 1871 pour cause « d'influence politique ». Ses « généreux » bourreaux lui accordèrent quelques heures de sursis, le temps de se marier avec sa compagne, enceinte. « Ils attendent ensemble l'heure, au poste où il devait être passé par les armes, sans qu'aucun détail échappât à la malheureuse femme » (Louise Michel, témoin des faits).
En 1869, Moilin écrit Paris en l'an 2000. Une vision de l'avenir marquée par les influences saint-simoniennes et fouriéristes dont il est porteur.
Malgré celles-ci (ou à cause d'elles ?) surgissent dans son texte des anticipations et des aspirations fort modernes.
Historien ou pas, à lire absolument pour se souvenir de la continuité des temps en cette fin de siècle ou l'on privilégie abusivement l'idée de rupture radicale avec le passé.

Tony Moilin, Paris en l'An 2000, Éditions Aléas. 

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CORRESPONDANCE IV - GUSTAVE FLAUBERT

Gustave Flaubert, Correspondance IV (janvier 1869-décembre 1875), Pléiade – Gallimard, 1998,1486p.

30 mars : (Flauber - Thiers = même combat) « Ces misérables-là déplacent la haine ! On ne pense plus aux Prussiens. Encore un peu et on va les aimer ! Aucune honte ne nous manquera ».
31 mars : « Ah ! quelle immorale bête que la foule ! Et qu'il est humiliant d'être homme ».
5 avril : « Je serais bien surpris que la Commune prolongeât son existence au delà de la semaine prochaine ? »
18 avril : « L'issue de l'insurrection parisienne est retardée, parce qu'on emploie des moyens politiques pour éviter l’effusion de sang »
3o avril : « Pour le quart d'heure, Paris est complètement épileptique ».
Ces extraits de la correspondance de Gustave Flaubert, au printemps l871, demeurent effarants ! Comment un écrivain considérable de la seconde moitie du XIXe siècle peut-il se révéler un bougeois abject, froussard, odieux dès que le peuple se redresse ? Sa vieille copine Georges Sand, le 28 avril, évoque « l'ignoble expérience que Paris essaie ou subit ». Beaucoup d'autres trempent leur plume d'oie dans le même encrier de fiel.
La Commune est immortelle. Peut-on en dire autant de tous ses détracteurs ? Leurs noms se sont effacés. Eugène Varlin, Louise Michel, Gustave Courbet et leurs camarades existent. Pour toujours

Pierre Ysmal

Gustave Flaubert, Correspondance IV (janvier 1869-décembre 1875), Pléiade – Gallimard, 1998,1486p.