ÉDITORIAL Septembre 2018

mercredi 3 octobre 2018

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Bombage sur un mur de Paris en mai 2018
Couverture bulletin 75

1871 : UN PEUPLE EN RÉVOLUTION

Le peuple était en mouvement au printemps de 1871. Il a pris le pouvoir le 18 mars pour instaurer une République sociale et démocratique.

Plurielle par essence, la Commune ne s’enferme dans aucun modèle et ouvre sur la modernité. Au printemps 1871, la parole se libère, et l’écrit aussi. C’est dans l’action que surgissent une pensée critique, une libération de l’esprit. Le peuple en mouvement donne sens à l’histoire, investit l’imaginaire, et ouvre sur tous les possibles.

L’utopie émancipatrice du Paris de 1871 passe par la conquête du pouvoir, par le peuple et pour le peuple. C’est la convergence de tous, blanquistes, proudhoniens, libertaires, républicains, internationalistes, dans un grand mouvement révolutionnaire.

Le peuple de Paris en mouvement est sans dirigeants, sans hiérarchie. Pour les communards, une République démocratique exige des mandataires issus du peuple, choisis par lui sur un programme et avec un mandat impératif, élus pour un temps limité et révocables en permanence. Il y a, dans ce mouvement populaire, une profonde volonté de démocratie et une grande aspiration à l’égalité, qui s’expriment dans l’effervescence démocratique des clubs et des sociétés populaires en 1871.

Retenons en trois exemples : l’émancipation du travail, l’émancipation des artistes, et l’émancipation des femmes.

Les communards luttent pour l’émancipation du travail et des travailleurs, pour le droit au travail et le droit du travail. Ils prônent l’élection de la direction et de l’encadrement dans les services publics et les entreprises. Leur projet de généraliser les associations ouvrières, pour organiser le travail et la production, commence par la réquisition des ateliers abandonnés par leurs propriétaires. Il y avait de l’espoir en 1871 !

En 1871, les artistes se révoltent contre l’autorité et mènent une véritable lutte pour la liberté de l’art et l’égalité dans l’art. La Fédération des artistes, présidée par Gustave Courbet, défend l’égalité des droits entre les métiers d’art, et surtout la libre expression. L’art doit être débarrassé de toute tutelle étatique, de tous privilèges, et de tout favoritisme. En somme, la Fédération veut l’autogestion de l’art par les artistes.

Quant à l’irruption des femmes dans le mouvement social, c’est une expression de la dynamique populaire de 1871. Elles luttent pour l’émancipation et l’égalité. Et elles sont partout dans les luttes : dans les assemblées, dans la rue, et sur les barricades. Elles s’organisent ; elles revendiquent ; elles sont dans l’action.

Aujourd’hui, quand la démocratie représentative et ses institutions sont en crise, les idéaux et les valeurs de la Commune méritent d’être mis en avant afin d’orienter l’action citoyenne et d’inspirer les combats à venir.

MARC LAGANA


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