Les services publics

La question des « services publics sous la Commune de Paris » n’est certainement pas de celles qui sont le plus couramment traitées, bien qu’elle apparaisse nécessairement, d’une certaine manière, dans les descriptions de son oeuvre. Pour ouvrir ce thème en vue de saisir ensuite la portée de chacun des services et administrations dont la gestion a contribué à assumer les besoins de la population parisienne pendant les 72 jours de l’événement, il n’est pas inutile de présenter au préalable son cadre général [1] ne serait-ce que pour éviter tout anachronisme.

En 1870, à Paris, 84% des établissements primaires sont privés contre 23,5% en France. Ils accueillent 57% des élèves contre 8,7% dans l’ensemble du pays. 1/3 des enfants ne sont inscrits dans aucune école [1].

Depuis la Révolution française, la question de l’école n’a cessé d’être au cœur de la question sociale et démocratique. Rappelons quelques faits importants pour notre propos. [1]

En 1881, Karl Marx reproche à la Commune de ne pas avoir pensé à réquisitionner la Banque de France : « Outre qu’elle fut simplement le soulèvement d’une ville dans des circonstances exceptionnelles, la majorité de la Commune n’était nullement socialiste et ne pouvait l’être. Avec un tout petit peu de bon sens, elle eût cependant pu obtenir de Versailles un compromis favorable à toute la masse du peuple – seul objectif réalisable à l’époque.

 

La gestion du mont-de-piété [1] fut une des préoccupations essentielles des communards qui lui ont consacré beaucoup de temps dans leurs délibérations.

Sous le Second Empire, la majorité des ouvriers avaient régulièrement recours à cette institution — que l’on appelait « ma tante » depuis qu’un prince, pour se disculper d’avoir engagé sa montre, avait dit à la reine Marie-Adélaïde de l’avoir laissée chez sa tante — où ils engageaient linge, vaisselle,

 Les adversaires de la Commune l’ont souvent présentée comme une révolution terroriste, bafouant le droit des personnes. Il est vrai que le contexte ne semblait guère favorable. Devant les premières exécutions sommaires effectuées par les Versaillais lors des combats du début d’avril 1871, il fallut prendre des mesures…

Le gouvernement de Thiers dans sa haine du peuple parisien a tout fait pour isoler Paris, bloquant les courriers, mettant ainsi à mal les commerces, au mépris du devoir qui aurait dû être le sien de préserver ce service d’intérêt général, pour la capitale mais aussi pour le pays tout entier. La Commune dans le même temps relevait le défi, mettant en place pour la poste un véritable service public.

"L’instruction est un problème majeur sans la solution duquel la République ne serait toujours qu’un vain mot." [1]

Le 29 mars 1871, le Comité central remet ses pouvoirs à la Commune. Des commissions sont aussitôt créées dont la Commission de l’Enseignement composée des docteurs Goupil et Robinet, des citoyens Vallès, Lefèvre, Urbain, Leroy, Verdure et Dumay.

Il y a cent ans, le 26 octobre 1906, paraissaient au Journal Officiel deux décrets. L’un portait création d’un ministère du Travail et de la Prévoyance sociale constitué à partir de services rattachés jusque là aux ministères du Commerce, de l’Intérieur et des Travaux publics. L’autre nommait son titulaire, un jeune avocat socialiste « indépendant », René Viviani.