La Commune au jour le jour

Dans le bulletin n°74, 2 photos prises par Eugène Appert, celle en couverture montre Damour et page 4 celle de Carme, aucune précision sur les prénoms.

Quelques recherches plus tard ont permis d’identifier ces deux personnages.

Publication d’une étude de Laurent Bastard, ancien directeur du Musée du Compagnonnage de Tours, sur les compagnons et la Commune. Cet article reprend le texte de la conférence qu’il a donnée lors de la visite de notre association, au cours de son voyage à Tours, le 5 octobre 2019 (La Commune n°80). 

 Partie 1

Le compagnonnage est un terme générique qui recouvre en réalité une grande diversité d’associations, de métiers et encore plus d’individus. C’est une institution ancienne, apparue à la fin du Moyen Âge, dans un but d’assistance mutuelle (c’est l’ancêtre des sociétés de secours mutuels), de défense des intérêts ouvriers (c’est l’ancêtre des syndicats), de perfectionnement professionnel (par le voyage ou tour de France, l’étude) et de perfectionnement moral.

De même que le Paris de la Commune, sur un espace infime, présente des différences notoires entre quartiers, groupes sociaux ou élus, la province, comme exposé dans les articles de La Commune, n° 76 et 78, est marquée par des particularismes profonds, résultante de l’entièreté de son histoire. Aussi, notre regard sur trois espaces proches — Touraine, Nivernais et Berry — entend-il apporter des éléments explicatifs sur l’attitude durant la Commune au travers des formes de réaction tributaires des conditions historiques et locales.

Nous poursuivons notre chronique qui nous conduira à 1871, en 2021

CANAL DE SUEZ, 17 NOVEMBRE 1869

17 novembre 1869 : C’est L’Aigle, le yacht de l’impératrice Eugénie, qui prend la tête du cortège des navires qui vont franchir pour la première fois le canal de Suez. Ferdinand de Lesseps venait de réaliser l’œuvre dont avait rêvé, dans les années 1840, un des papes du saint-simonisme, le père Enfantin, qui voyait dans les voies de communication un moyen de la compréhension universelle et dans l’Égypte le carrefour entre l’Orient et l’Occident. Sans doute est-ce ce rêve qui poussa un Émile Digeon, déporté en Algérie en décembre 1851, puis évadé et courageux exilé républicain en Espagne, à souscrire des actions de la compagnie de Suez. Il sera celui qui proclamera la Commune de Narbonne le 24 mars 1871.

En s’adressant à la Haute Assemblée, le 22 mai 1876, Victor Hugo, nouvellement élu sénateur de la Seine, n’ignorait pas que la Chambre des Députés, quoique majoritairement républicaine depuis son renouvellement le 8 mars, venait de rejeter cinq propositions d’amnistie. Il la demanda néanmoins « pleine et entière, sans conditions, sans restrictions ». C’est avec l’assurance que le vote de la loi « approchait » qu’il avait répondu à Louise Simbozel, dont le mari était sur le point de quitter le sol métropolitain : « Ne désespérez pas, Madame. En attendant, je ferai tous mes efforts pour empêcher ce fatal départ. Comptez sur moi. »

Une adhérente parisienne de notre association, Mme Ginette Marty, nous a confié le dossier de jugement de son arrière-grand-père, François Odend’hal (1828-1891), « inculpé de participation à l’insurrection parisienne ». Outre le relevé de deux interrogatoires, le dossier contient le jugement daté du 5 janvier 1872 et le signalement du prévenu. Il semble donc intéressant, après une mise en contexte, de restituer, en partie seulement, vu la longueur du document, les interrogatoires de ce fédéré inconnu.

Nous poursuivons notre chronique qui nous conduira à 1871, en 2021…

Il faisait doux, cette soirée du 2 décembre 1868, devant l’hôtel de ville du chef-lieu de la Réunion, Saint-Denis. Plusieurs milliers de Réunionnais, blancs, indiens et noirs, sont réunis dans un rassemblement pacifique. Quelques minutes encore, et ce sera le drame.

Nous poursuivons notre série d’articles qui va nous conduire à 1871, en 2021…

25 JUILLET 1867, LONDRES.

Ce 25 juillet 1867, Marx écrit la préface du Capital dont la première édition, allemande, sort quelques semaines après, à Hambourg. Un livre dont il n’est guère besoin de souligner l’immense postérité. On ne saurait ici même en résumer le contenu.

LES ORIGINES

Le 13 juillet 1789, le Comité permanent des électeurs parisiens décide de mettre sur pied une garde nationale de 48 000 hommes (800 pour  chacun des 60 districts) pour assurer le maintien de l'ordre dans la capitale. Sur proposition du district des Filles St. Thomas, son commandement est confié au marquis de Lafayette. Des gardes semblables s'organisent dans toutes les villes grandes ou moyennes. Le recrutement varie selon les régions mais est surtout réservé aux citoyens aisés dits citoyens actifs (électeurs payant une contribution directe égale à 3 journées de travail).

 

La participation des enfants aux combats de la Commune de Paris est devenue avec le temps un objet d’étude à part entière [1] . Il est vrai que les sources existent. Il y a d’abord, aux Archives historiques de la Guerre, à Vincennes, les dossiers des conseils de guerre ainsi que les registres nominatifs des bataillons de la garde nationale et des corps francs. En outre, les communards et leurs contemporains ont apporté de très nombreux témoignages dans les récits et journaux qu’ils ont laissés.

AOÛT 1870-JUILLET 1871

Les communards ont-ils incendié « les plus beaux monuments de Paris » ? Si, dès juin 1871, les versaillais mettent l’accent sur les incendies et lancent le mythe de la « pétroleuse  », c’est pour faire oublier l’hécatombe de la Semaine sanglante dont ils sont responsables.

Parmi les lettres retenues par l’administration pénitentiaire, dont Virginie Buisson (2001) a proposé une sélection, il en est quatre d’Eugène François Bestetti, matricule n° 2077, qui sont conservées aux archives de la France d’Outre-Mer. Voici les principaux extraits de l’une d’entre elles, dont on s’attriste qu’elle ne soit pas parvenue à sa destinataire :

Il faut le constater : les vestiges de la Semaine sanglante qui subsistent de nos jours sont rares. Encore s’agit-il le plus souvent d’impacts de balles des pelotons d’exécution versaillais, ou de vestiges de monuments détruits. Les traces des combats proprement dits sont l’exception [1].

Comment informer au mieux, ou plus exactement, comment bien rendre compte du réel ? Il convient d’utiliser des sources fiables s’appuyant sur des faits, des chiffres, des témoignages de ceux qui ont vécu ces faits. Puis il appartient aux journalistes, aux historiens, aux documentalistes, c’est-à-dire à tous les chroniqueurs du présent et du passé, d’analyser et de croiser ces sources. Une telle démarche existe, mais il s’agit souvent plutôt de pratiques de communication développées sur les médias écrits et audiovisuels.

Interrogée par Lucien Descaves le 5 juillet 1912, Nathalie Le Mel se rappelait que sa première impression en arrivant à la presqu’île Ducos, où elle séjourna de décembre 1873 à juin 1879, fut que « la déportation était divisée en deux, à la suite d’une querelle vidée sur le terrain par Henry Bauër, représentant l’élément bourgeois, et Charbonneau, champion des ouvriers  ».

Comité central socialiste

Deux groupes ont mené le combat de l’amnistie : le comité « bourgeois  » auquel Marcel Cerf a consacré un long article [1], et le comité socialiste. Largement méconnu, ce comité, à la brève existence (1879-1881), est pourtant précurseur [2].

Vers midi, Brasserie Treiber3 septembre 1866, commune des Eaux-Vives, tout près de Genève ; quelques passants attendent l’arrivée du cortège parti du Temple unique de l’ordre maçonnique. Il a traversé les bas quartiers de Genève, alors les plus populaires. Devant le millier de manifestants, on aperçoit un drapeau rouge sur lequel est inscrit « Pas de devoirs sans droits ! Pas de droits sans devoirs ! », le drapeau de la Ière Internationale qui va tenir là son premier Congrès, après un repas fraternel !

La Garde nationale de Paris, créée pendant la Révolution de 1789, a joué un rôle considérable pendant la Commune de Paris de 1871.

Début juillet 1789, les États généraux convoqués par le roi Louis XVI à Versailles viennent de se transformer en Assemblée constituante pour mettre fin à la monarchie absolue et construire une société de liberté, d’égalité et de fraternité.

Eleanor Marx-Aveling (1855-1898) : [1]

55, Great Russell Street
W. E.
11.3.85

Cher M. Vaillant

Depuis le milieu du XIXe siècle, l’autoritarisme du Second Empire impose aux travailleurs une discipline de fer malgré la promesse de « l’Extinction du paupérisme » [1]. Le mouvement de la Commune promet une libération morale, physique et politique de la population de Paris. Celle-ci vient d’éprouver un siège terrible de la part des Prussiens, son besoin de liberté va se manifester à l’intérieur de la ville face à un monde politique malhonnête. Adolphe Thiers remerciera sa clientèle électorale en s’opposant à l’impôt sur le revenu et en majorant celui sur la consommation.

Le 1er juin 1875, le transport à vapeur l’Orne [1] quittait la rade de Brest pour la Nouvelle-Calédonie, avec 24 déportés extraits du dépôt spécial de Saint-Brieuc, dont 8 «  blindés  » [2], appelés à séjourner à la presqu’île Ducos, et 16 «  simples  » destinés à l’île des Pins.

La presse anglaise contemporaine de la Commune de Paris s’est beaucoup intéressée à l’événement qui se passait en France en 1871. Deux grands hebdomadaires illustrés existaient en Angleterre alors. Le plus ancien, The Illustrated London News, qui commença à paraître en 1842 sur 16 pages incluant 32 estampes, inspira le journal français L’Illustration dont le premier numéro sortit le 4 mars 1843.

17 janvier 1865, au 12, rue de Passy, Pierre-Joseph Proudhon est mourant. Il a réuni ses proches et leur confie ses manuscrits. Parmi ceux-ci, un (inachevé) s’intitule, Du principe de l’art et de sa destination sociale. Proudhon y tient, il y travaille depuis plusieurs mois. Au début, c’était un court écrit pour préfacer un catalogue de son ami Courbet. Mais la réflexion sur l’art a pris le dessus et les chapitres se sont accumulés, aboutis ou esquissés. Le 19 janvier, Proudhon meurt, mais ses amis fidèles font paraître le livre quelques mois après chez Garnier.

Après l’incendie, la plupart des murs sont encore bons, les façades, les escaliers, la chapelle sont intacts. La restauration est possible. Mais en 1882, la Chambre des députés vote sa démolition.

Dans les huit jours qui séparent le 18 mars 1871 de l’élection à la Commune, le Comité Central de la Garde Nationale, émanation du peuple en armes, fait fonctionner les services publics laissés à l’abandon.

L’attitude des communards et de la Commune devant la question de la guerre et de son issue est une des plus complexes à concevoir. En effet, les communards sont, pour leur grande majorité, très attachés à la défense de la patrie qui est pour eux la république et le peuple, et sont en même temps pacifistes ou internationalistes. Ils cumulent souvent en eux une double identité, nationale et de classe, qui entre parfois en conflit.

Le remarquable ouvrage de Thomas Piketty sur Le capital au XXIe siècle [1] qui chiffre avec précision l’évolution des revenus et des patrimoines en très longue période dans un certain nombre de pays, dont la France, le Royaume-Uni et les États-Unis, contient des données sur la France de 1870 qui éclairent sous un jour nouveau la situation économique et sociale à la veille de la Commune.

Le 5 avril 2011, l’Assemblée nationale votait la levée du secret sur les comptes rendus des comités secrets du Parlement qui s’étaient tenus en 1870-1871 [1]. La possibilité de réunir l’Assemblée à huis clos — contraire au principe de publicité des séances adopté par la Convention en 1793 — avait été introduite par Napoléon dans la constitution de l’an XII et reconduite par tous les régimes suivants. C’est une procédure de crise, utilisée surtout en temps de guerre. C’est ainsi que, pendant la guerre franco-allemande de 1870, le Corps législatif du Second Empire se réunit en comité secret à trois reprises, les 13, 25 et 26 août 1870. Après la défaite, la chute de l’Empire et la proclamation de la République, une Assemblée nationale est élue le 8 février 1871. On sait qu’elle est largement dominée par les monarchistes — les « ruraux  » — qui veulent le retour à la paix et à l’ordre. Mais Paris et le département de la Seine ont voté «  républicain  » (37 députés sur 43, dont 4 socialistes révolutionnaires : Tolain, Malon, Millière et Delescluze).

Le patriote et général italien Giuseppe Garibaldi a apporté son appui à la République française pendant la guerre de 1870. Avec ses fils Menotti et Riccioti, il a combattu et vaincu les Prussiens en Bourgogne, d’octobre 1870 à janvier 1871.

Les membres de l’Internationale ont joué un rôle important dans la préparation et le déroulement de la Commune de Paris.

La décision de créer une Association Internationale des Travailleurs (AIT), appelée plus tard Ière Internationale, est prise à Londres, le 28 septembre 1864, lors d’un congrès ouvrier européen. L’AIT se donne pour objectif d’unir les prolétaires de tous les pays dans la lutte pour leur émancipation, au-delà des divisions artificielles créées par les États.

JANVIER 1863

DANS UNE FORET DE VARSOVIE

Le 14 janvier 1863, le comité central national qui réunit les sociétés secrètes favorables à l’indépendance de la Pologne (alors partagée entre Russie, Prusse et Autriche-Hongrie) décide de se réunir désormais dans les forêts avoisinantes de Varsovie pour préparer l’insurrection nationale.

Il y a 150 ans. Nous continuons notre chronique qui doit nous conduire au cent-cinquantenaire de la Commune. 1864 s’avère une année clé !

PARIS, FÉVRIER 1864

Le 18 février 1864, Le Figaro annonce cette importante nouvelle : « Le cirque de l’Impératrice prépare une petite révolution. L’orchestre est transporté sur le côté droit… » ! On y lit aussi un compte rendu plein d’humour du banquet offert par les actionnaires du canal de Suez auquel assiste le prince Napoléon… Mais ce numéro ne rentrera pas dans l’histoire !

Du 2 avril 1871 à la fin des années 1870, une terrible répression s’est abattue sur les communards. L’amnistie du 12 juillet 1880 n’a pas effacé toutes les séquelles des milliers d’exécutions et des condamnations à des peines douloureuses et infamantes.

Aujourd’hui, il faut réhabiliter la Commune et les communards.

Georges Clemenceau (1841-1929) fut témoin de l’insurrection du 18 mars à Montmartre, dont il était maire. Il prêcha la conciliation entre la Commune et Versailles, tout en gardant une amitié fidèle à Louise Michel. Le député s’est montré un fervent artisan de l’amnistie des communards au côté de Victor Hugo.

Dans les dernières années du Second empire, Napoléon III annonce une politique de libéralisation en vue de construire une société pacifiée socialement et un Etat au-dessus des classes. S’ensuit une grande « libération de la parole  » à travers la presse et les réunions publiques.

 Article de Maxime Vuillaume paru dans Le Floréal du 29 mai 1920

Aux obsèques de Fränkel, élu de la Commune par le 13e, en même temps que Léo Melliet, Duval et Chardon. Nous sommes là un groupe d’amis, Avrial, membre de la Commune du 11e. Francis Privé, de la Corderie et du Comité des vingt arrondissements. André Alavoine qui fut administrateur de l’Imprimerie nationale. Je possède, dans la collection de mes documents, le manuscrit original de l’affiche, datée du 28 février 1871, demandant à la Garde nationale, au nom du Comité central récemment formé, « d’éviter (lors de l’entrée des Prussiens) toute agression qui serait le renversement immédiat de la République ». Le manuscrit signé des membres du Comité, est tout entier de la main d’Alavoine. Il est tel qu’il a été envoyé à l’imprimerie Morris, avec le bon à tirer et les cachets de la Fédération.
On cause sous la pluie fine d’une rafale de mars. 

Nous commençons ici une chronique qui conduira, pendant une décennie, au 150e anniversaire de la Commune de Paris.

Depuis deux jours, les fêtes de la châtaigne ont commencé dans le gros village de Collobrières, perdu au cœur des Maures, entouré de forêts de chênes liège et de châtaigniers, de blés et de vignes. Mais le cœur n’y est pas. La principale activité du bourg, c’est la production des bouchons. 22 fabriques y emploient 400 à 500 personnes.

Cette année, l’Algérie fête ses 50 ans d’indépendance. Les 132 ans d’histoire commune avec la France sont émaillés de révoltes, et de pacification.

En 1871, dès que Paris proclame la Commune, les délégués de l’Algérie, Alexandre Lambert, député des départements d’Algérie, Lucien Rabuel, Louis Calvinhac, déclarent, « au nom de tous leurs commettants, adhérer de la façon la plus absolue à la Commune de Paris. L’Algérie tout entière revendique les libertés communales. Opprimés pendant quarante années par la double centralisation de l’armée et de l’administration, la colonie a compris depuis longtemps que l’affranchissement complet de la Commune est le seul moyen pour elle d’arriver à la liberté et à la prospérité ». Paris, le 28 mars 1871 (Journal Officiel de la Commune de Paris)

La Commune eut dans le monde un grand retentissement, et tout particulièrement dans le bassin méditerranéen.

LA SITUATION PRÉALABLE

À partir de 1865, Gustave Flourens se rendit en Crète pour y développer les idées de démocraties. Il fut le fondateur du journal L’Étoile d’Orient, que le gouvernement turc ne tarda pas à faire disparaître.

Le 6 avril, les députés ont voté, à l’unanimité, la levée du secret sur les comptes rendus des « comités secrets  » pendant la guerre de 1870 et au début de la Commune, découverts récemment dans les sous-sols de l’Assemblée nationale, où ils avaient été oubliés depuis 140 ans.

Évasion de Rochefort (Édouard Manet) 1881La Bibliothèque des littératures policières (Bilipo) [1], à Paris, a présenté jusqu’au 26 février une exposition sur les bagnes coloniaux, qui évoque notamment la déportation des communards en Nouvelle-Calédonie.

La déportation est appliquée aux condamnés politiques à partir de 1848, date à partir de laquelle ils échappent à la peine capitale.

La question de l’approvisionnement de Paris était cruciale pour la Commune. On sait combien, en particulier, la nourriture restait encore la pierre de touche de la réussite d’une action sociale. Or les circonstances ne semblaient guère favorables. Sans être vraiment isolé, Paris ne risquait-il pas de pâtir du second siège, encerclé à l’Est par les Prussiens, à l’Ouest par les Versaillais ? Certes du côté des Prussiens, la rigueur n’était pas de mise comme au temps du premier siège, mais du côté versaillais on s’ingéniait à rendre le ravitaillement difficile ; également une certaine inquiétude pouvait s’être emparée des approvisionneurs, fournisseurs, négociants, alarmés devant l’insurrection. Par ailleurs, comme les autres services, les services des subsistances de la Ville (Halles, Abattoirs, Tabacs (…) avaient été gravement désorganisés après le 18 mars par le départ ou l’absence des responsables et de nombreux fonctionnaires municipaux. La situation paraissait ainsi bien grave, atténuée sans doute par la réduction de la population parisienne depuis 1870.

Les grands travaux haussmanniens, entrepris dès 1853 et poursuivis jusqu’en 1870, ont nourri la spéculation et libéré le cœur de la ville pour y loger luxueusement les bourgeois. Inversement, ils ont mis à la rue les habitants les plus pauvres et les ont contraints de quitter le centre urbain. La loi du 16 juin 1859 qui rattache à la capitale onze communes périphériques et d’importantes portions du territoire de treize autres communes, doublant ainsi sa superficie, accentue le phénomène [1].

Des adhérents à notre association des Amis de la Commune de Paris - 1871 et même un responsable de la Fédération du Livre nous ont demandé récemment des renseignements précis sur l’action des ouvriers du livre pendant la Commune. Pour Robert Le Quillec, auteur de l’indispensable « Bibliographie critique de la Commune de Paris », un ouvrage s’impose « Les ouvriers du Livre en France de 1789 à la constitution de la Fédération du Livre » par Paul Chauvet [1].

Les classes dominantes n’ont jamais aimé que le peuple puisse s’exprimer directement autrement que sous leur contrôle. C’est pourquoi elles lui ont toujours limité l’accès aux grands moyens de communication. Bien plus, elles ont voulu l’empêcher de penser en lui interdisant de se réunir pour débattre de ses problèmes. Les possédants se méfient des réunions publiques et de leur corollaire, les associations et les clubs. En jugulant la liberté d’association, on empêche le peuple de prendre conscience de sa classe et de menacer l’ordre établi.

Tableaux représentant l’incendie de l’Hôtel-de-Ville ou les otages fusillés à la prison de la Grande Roquette… Rien d’étonnant à ce que le musée de la préfecture de police de Paris, ne présente pas la Commune sous un jour favorable. Mais quelques pièces rares, comme la carabine d’un communard gravée d’un bonnet Phrygien, justifient à elles seules la visite.

Lorsque l’on recherche dans divers livres les traces du passé, on trouve souvent des typos, des ouvriers du Livre dans les combats qui ont émaillé la vie de la classe ouvrière pour obtenir des réponses satisfaisantes à des revendications, mais aussi pour la liberté de s’associer, de créer des syndicats pour l’amélioration du niveau de vie, contre les brimades de toutes sortes qui avaient cours et pour une certaine idée de la démocratie.

Dans le cadre de la proscription londonienne, les blanquistes forment le groupe politique le mieux organisé, le plus actif, le plus radical.

Au congrès de la Première Internationale à la Haye, en septembre 1872, les Blanquistes se sont alliés aux Marxistes contre les fédéralistes de Bakounine.

Parmi le premier groupe de pontons-casernes affectés au service des insurgés de la Commune on trouve aussi : l’Austerlitz, vaisseau à hélice, 1852-juillet 1872, en rade de Brest du 31 mai 1871 au 20 février 1872 et le Napoléon, vaisseau à hélice, 1850-1876, en rade de Brest du 31 mai 1871 au 28 avril 1872.

Pour dégager les prisons versaillaises surchargées, 20.000 prisonniers sont transférés sur les pontons (méthode déjà pratiquée en 1848).

La démographie ouvrière est liée à l’essor du capitalisme industriel sans discrimination pour le sexe : un ouvrier sur trois est une femme ; à l’homme le bois et le métal, à la femme le tissu et le vêtement. Cent mille enfants travaillent dans la grande industrie, dont 77% âgés de dix à douze ans, ainsi que 20% de mineurs dans les mines de charbon, car ils se glissent plus facilement dans les galeries. A Paris 25 000 ouvriers ont moins de dix-huit ans.

Il nous est toujours agréable de recevoir des descendants de communards.

Ce fut le cas récemment avec les frères DAYOT de la lignée des arrière-petits-fils du docteur GOUPIL qui fut, durant de longues années, le président de notre association qui, à sa création, s’appelait "l’Association fraternelle des anciens combattants et des amis de la Commune".

La ville de Bièvres, dans l’Essonne, proche de l’aérodrome de Villacoublay et du carrefour du Petit-Clamart, semble avoir été la pointe avancée de la colonne Duval lors de la sortie du 3 avril 1871. Trois communards y ont été fusillés par les versaillais.

Depuis sa création au début du XVIIIe siècle, la Franc-maçonnerie a toujours assez bien représenté les diverses composantes – tout au moins les plus aisées – des sociétés au sein desquelles elle s’est développée. C’est ce qui se passe dans la France de 1871, à ceci près que les ouvriers et les artisans sont, du moins à Paris, particulièrement bien représentés dans les loges.

La démographie ouvrière est liée à l’essor du capitalisme industriel sans discrimination pour le sexe : un ouvrier sur trois est une femme ; à l’homme le bois et le métal, à la femme le tissu et le vêtement. Cent mille enfants travaillent dans la grande industrie, dont 77% âgés de dix à douze ans, ainsi que 20% de mineurs dans les mines de charbon, car ils se glissent plus facilement dans les galeries. A Paris 25 000 ouvriers ont moins de dix-huit ans.

Louis Blanc (1) (1811-1882), historien et homme politique, publie, en 1841, une «brochure» de 245 pages sur «L’organisation du travail». Cette brochure aura dix éditions de 1841 à 1848 et connut un grand succès dans la classe ouvrière. D’après Louis Blanc, la concurrence est pour le peuple un système d’extermination, pour la bourgeoisie une cause d’appauvrissement et de ruine. Une réforme sociale, de type associatif, est un moyen de salut.

Le 12 juillet 1880, le bulletin des lois de la République Française n° 571 publiait la loi 9953 relative à l’amnistie des individus condamnés pour avoir pris part aux événements insurrectionnels de 1870-1871 et aux événements insurrectionnels postérieurs.

En juin 1983, « Les Amis de la Commune », mandatés par les descendants du colonel de Rochebrune, remirent au Musée d'Art et d'Histoire de Saint Denis le drapeau du 143e bataillon fédéré.

L'aide aux victimes de la répression versaillaise se présenta sous différentes formes. Parmi les proscrits se constituèrent des sociétés de secours et de sauvetage pour assurer la subsistance aux plus démunis.

Le 1er mars 1871, l’Assemblée nationale approuvait, par 546 voix contre 107 et quelques abstentions, la cession de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine à l’empereur d’Allemagne récemment proclamé. Les députés alsaciens et lorrains avaient en vain élevé leur solennelle protestation. Elle ne devait pas même empêcher que toutes les villes d’Alsace aient leur rue Thiers, et aucune sa rue Delescluze, Amouroux, Gérardin ou Keller. La protestation contre l’annexion s’était pourtant armée dans la Commune de Paris de 1871.

Situation des enfants avant la Commune
Pendant le Second Empire, la condition ouvrière, à Paris comme en province, s'est terriblement aggravée. L'industrialisation naissante permet une surexploitation de l'ouvrier par la bourgeoisie qui dépasse l'imaginable, et les enfants en sont les premières victimes. Les textes de l'époque se passent de tout commentaire.

Un texte inédit d’Henry BAUER, présenté par Marcel Cerf, paru dans La Commune Revue d’histoire de l’Association des Amis de la Commune de Paris 1871 (N° 3 – Premier semestre 1976)

Alors que les Versaillais ont déjà investi une grande partie de la capitale, l’arrestation du général Dombrowski, dans la nuit du 22 au 23 mai 1871, semble un défi au bon sens. L’événement, qui a contribué à désorganiser la résistance à l’envahisseur, a donné lieu à différentes interprétations souvent contradictoires et confuses :