A l'heure du bilan

LES PAVÉS DE LA RÉVOLUTION

Pendant la Commune de Paris, et notamment au moment de l’insurrection du 18 mars et durant la bataille de Paris en mai 1871, ainsi qu’aux moments forts de mai-juin 1968, les pavés ont été le symbole concret de ces mouvements révolutionnaires. Naturellement, il ne s’agit pas des mêmes barricades, car en 1871 les communards étaient armés, tandis que les étudiants et les ouvriers en 1968 étaient désarmés.

« Sous les pavés, la plage »
 

Depuis quelques mois, avant Mai 68, les luttes ouvrières s’intensifient. Le 17 mai 1966 et le 1er février 1967, les travailleurs sont appelés à une grève générale. Le 17 janvier 1968, de grandes manifestations ouvrières ont lieu à Redon et le 18, de sérieuses bagarres se déroulent à Caen. Ces luttes se développent sur fond de politique internationale tendue : Conférence de la Tricontinentale à la Havane, Révolution culturelle en Chine, intensification des bombardements américains au Viêt-Nam, coup d’Etat des colonels en Grèce, assassinat du Che en Bolivie, offensive du Têt du FLN vietnamien…

Le thème des prochains Rendez-vous de l’Histoire, qui auront lieu à Blois du 10 au 14 octobre 2018, sera «  La puissance des images  ». Il me semble que le drapeau rouge pourrait être une bonne illustration de ce thème. Sa symbolique est devenue tellement puissante à la fin du XIXe siècle et au XXe siècle qu’il a cristallisé, pour ou contre lui, l’essentiel des luttes politiques. Autour de lui, se sont déroulés bien des évènements violents : interdiction de le déployer sur l’espace public, confiscation par la police, arrestation des porte-drapeaux. Des incidents se sont soldés par des blessés, voire des morts.

En mai-juin 1968, la Commune de Paris n’est pas une référence omniprésente, beaucoup moins agissante que celles de juin 1936 et d’octobre 1917. En 1968 et en 1969, il n’y a pas de grande montée au « Mur » — il est vrai que le Père-Lachaise est bloqué en mai par les grévistes, ce qui permet tout juste un dépôt de gerbe par notre association. Pourtant, la Commune n’est pas absente de l’imaginaire des acteurs du plus grand mouvement social de l’histoire contemporaine française.

« Les bandes des gardes blancs », inscription sur bloc blanc fracturé par un coin rouge (l’Armée rouge).

Monument de Nicolaï Kolli érigé place de la Révolution, à Moscou, en 1918.

L’affaire Marcerou est aujourd’hui bien oubliée. Pourtant, c’est un des rares exemples de mise en accusation par les communards d’un tortionnaire de la répression versaillaise de 1871.

L’affaire débute au lendemain du vote de l’amnistie plénière le 11 juillet 1880 lorsqu’un nouveau journal, l’Intransigeant, relance l’enquête après qu’elle a été enterrée une première fois par les autorités.

Au cimetière de Levallois-Perret, nul ne peut ignorer les tombes très sobres, quoique inégalement fleuries, de Théophile Ferré et de Louise Michel. Il en est une autre, dans la sixième division, qui ne laisse pas d’intriguer en raison de l’obélisque qui la surmonte. Y reposent Alexandre Gosselin et Constance Chartier, « veuve de Marchois et de Gosselin  », mais aussi de Costé et de Beaurin.
Nous commémorerons, le 22 octobre, le 80e anniversaire de la création des Brigades internationales, organisation de combattants venus de 53 pays d’Europe et du monde, au secours de la République espagnole.

« Louise Michel  » parlait à la radio ! C’était en octobre 2011, et j’étais chez moi, à Oakland, une ville traditionnellement ouvrière et aujourd’hui plus mélangée, de 400 000 habitants. Louise était porte-parole d’Occupy Oakland, et le journaliste qui l’interviewait ne savait pas que c’était un nom d’emprunt. Il ne savait certainement pas non plus le sens de l’énorme banderole « Commune d’Oakland » dressée au centre d’Occupy, un campement dans le centre-ville.

PARTIE 1

Le grand public connaît mal l’histoire de la Commune : il en a surtout retenu l’inopportunité d’une guerre civile qui se déroule « sous les yeux des Prussiens », la violence des combats, le massacre des otages, la dureté de la répression et — plus encore que tout le reste — les incendies « des plus beaux monuments de Paris » par les communards et les pétroleuses.

Hobbes et son Léviathan (1651) est le précurseur et le justificateur du terrorisme d’État appliqué en 1871. Le redémarrage du capitalisme français, immobilisé après la défaite et la capitulation de Napoléon III à Sedan, va se faire après l’élection de l’Assemblée nationale décidée le deux février, réalisée le 8 du même mois sous protectorat prussien. Cette élection a pour but, derrière la promesse d’un traité de paix définitive, de restaurer les privilèges des royalistes divisés et des républicains conservateurs.

Un moulage de la tête du chef Ataï, leader de la révolte kanak de 1878, a été présenté dans une récente exposition au musée du quai Branly, à Paris. Redécouvert en 2011 au Musée de l’Homme, il devrait bientôt être restitué aux Kanak.

PREMIÈRE PARTIE

Étudier le rôle des mitrailleuses pendant la Commune de Paris peut d’emblée paraître incongru.
La chanson ne dit-elle pas à propos du drapeau rouge, emblème de la Commune : « A tous les peuples de la terre, porte la paix et le bonheur  » ?

La Guerre d’Espagne (1936-1939) a été le premier acte de la Seconde guerre mondiale. Aux côtés des Républicains espagnols combattaient des démocrates de nombreux pays. Des noms d’unités des Brigades internationales faisaient référence à la Commune de Paris.

La Commune de Paris élue le 26 mars 1871 ne s’impose pas en assemblée nationale. Elle est un conseil municipal pour la capitale, même si certaines de ses orientations et décisions ont une portée qui dépasse le cadre parisien et ressemblent à celles de l’Assemblée parlementaire.

Il est frappant de noter que le contenu de ces manuels varie peu au cours de la période étudiée, ce qui permet d’analyser de manière édifiante la fabrique de l’histoire officielle de la Commune : il s’agit d’une présentation politique entièrement au service de la bourgeoisie, classe sociale toujours au pouvoir. Plus que d’une véritable falsification, il s’agit d’un tri, d’une savante sélection : l’accent est mis sur certaines informations discréditant la Commune, le silence sur d’autres qui pourraient la valoriser.

Dans le supplément « sortir » de Télérama du 5 août 2009, l’article intitulé « La mémoire à même le Mur » est un hommage aux derniers fusillés de la Commune.

On peut féliciter Télérama de cet hommage aux révolutionnaires qui est aussi « un manifeste contre l’oubli de l’histoire tortueuse et torturée de Paris ».

Juin 1871 : Paris retentit encore des salves des fusillades de mai. Echappé au massacre, recherché, Eugène Pottier, élu du deuxième arrondissement, écrit, dans une mansarde, L’Internationale. C’est encore un poème; il deviendra le chant de lutte du prolétariat grâce à la musique d’un ouvrier : Pierre Degeyter (1).
Si ces faits sont connus, les rebondissements du long conflit qui opposa Pierre Degeyter à son frère Adolphe revendiquant tous deux la paternité de la partition de L’Internationale, le sont moins (2).

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