Après la Semaine sanglante, Thiers claironne : « Nous sommes débarrassés du socialisme ». Et, prudence étant mère de sûreté, après le bain de sang est utilisé le talon de fer. La République de Thiers maintient jusqu’en 1876 l’état de siège dans la Seine et la Seine-et-Oise, dans le Rhône et les Bouches-du-Rhône ;

les syndicats demeurent prohibés ; la loi Dufaure (14 mars 1872) interdit toute affiliation à l’Internationale ; et la justice sévit implacable contre les grèves et les tentatives de reconstitution de l’Internationale.
Mais, surmontant le traumatisme et la terrible saignée, le mouvement ouvrier resurgit : quelques grèves dés 1872, des syndicats, des coopératives, des mutuelles. Et, en octobre 1876, se réunit à Paris le premier congrès ouvrier sous l’égide du radicalisme et du proudhonisme.

L’Egalité supplément au  numéro 23-26-mai 1880 (Source blog de Michele Audin : https://macommunedeparis.com/2016/07/20/la-premiere-manifestation/)LIRE LE N° EN ENTIER(Source blog de Michele Audin : https://macommunedeparis.com/2016/07/20/la-premiere-manifestation/)


Le socialisme révolutionnaire ne survit guère que dans l’émigration ; à Paris, cependant, un petit groupe d’intellectuels se réunit, depuis 1873, au café Soufflet, qui publie de novembre 1877 à juillet 1878 l’Egalité, qu’anime Guesde, qui s’initie alors au marxisme.
En octobre 1878, le congrès ouvrier, à Marseille, crée un parti ouvrier indépendant : « La Fédération du Parti des Travailleurs socialistes de France ». Et, le 23 mai 1880, à l’appel de l’Egalité (ressuscitée), se déroule, en dépit des charges de la police, la première manifestation au Mur des Fédérés.
Non, décidément, comme le chantait Pottier, « la Commune n’est pas morte ! ».

Claude Willard