Le mardi 11 avril se tient dans un café de la rue du Temple une réunion de femmes dans le but d’organiser dans chaque arrondissement des comités pour les citoyennes résolues à soutenir et défendre la cause de la Commune, soit dans le service des ambulances, soit en formant des corps réguliers pour construire des barricades et s’y battre — si nécessaire.

Le décret sur les pensions du 10 avril 1871

Ce 10 avril, c’est Arthur ARNOULD , membre de l’AIT (1) qui préside la séance de la Commune de l’après-midi.

Il soumet au vote des élus un décret concernant les pensions pour les famille (veuves, enfants, parents, frères et sœurs) de gardes nationaux morts au combat.

Les élus votent le texte à l’unanimitéIl est publié dans le JO du 11 avril.

Ardent communard, Maxime Vuillaume nourrit pendant les semaines qui précèdent la Commune le grand projet  de faire renaître le Père Duchesne (1), de Jacques-René Hébert, journal des Sans-culottes, né sous la Révolution française.

Suite à la signature du Traité préliminaire de paix le 26 février 1871, les Allemands vont adopter une attitude passive vis-à-vis de la Commune de Paris. Mais considérant que cette Révolution menace ou du moins retarde le remboursement du tribut imposé à la France, les Allemands vont allégrement aider Thiers dans sa lutte contre la Commune.

George Sand qui dans les années 1840 affiche des opinions ardemment démocratiques, va jusqu'à se dire « communiste ». Elle publie alors ses romans dits socialistes, qui posent au siècle des questions qu'il n'a pas résolues sur la propriété, les rapports du capital et du travail, les associations de travailleurs. La grande idée du progrès moral de l'humanité domine son œuvre. Elle est liée avec la plupart des têtes pensantes de la démocratie (Leroux, Barbès, Blanc, Lamennais, Cavaignac), avec des révolutionnaires étrangers (Mazzini, Bakounine). Elle accueille les journées de février 1848 avec enthousiasme. Elle conseille Ledru-Rollin dans la coulisse. Mais les journées de Juin vont casser les ailes à son beau rêve de république « dure et pure » et profondément désabusée, elle se réfugie alors à Nohant.

Le Rappel, 17 germinal an 79, vendredi 7 avril 1871, n° 663Le Rappel du 7 avril annonce en première page un évènement survenu la veille :

« Hier matin, à neuf heures, le 137e bataillon, appartenant au onzième arrondissement, est allé rue Folie Méricourt, il a « réquisitionné » et pris la guillotine, il l’a portée sur la place Voltaire, il a brisé en morceaux la hideuse machine, et, aux applaudissements d’une foule immense, il l’a brûlée. »

Le décret des otages
Le 2 avril, les troupes versaillaises déclenchent la guerre civile contre le Commune. Les 3 et 4 avril, à l’issue d’une sortie en masse manquée, plusieurs dizaines de prisonniers parisiens sont fusillés, sur ordre de la hiérarchie militaire. Parmi eux, le général fédéré Émile Duval et Gustave Flourens, tous deux élus de la Commune. Dès le début de leur offensive, les troupes gouvernementales affirment ainsi qu’elles ne sont pas tenues d’appliquer les lois de la guerre, tells que les avait formalisées en 1864 la Convention de Genève.

A une toute autre échelle que Paris, bien sûr, en avril 1871, Marseille a eu son petit Adolphe Thiers en la personne du Général Espivent de la Villeboisnet. Aubagne fut son Versailles. L’écrasement militaire de sa Commune ne s’étala pas sur une semaine mais durant les combats extrêmement violents du 4 avril 1871 puis pendant la dure répression qui suivit, le sang de nombreux Marseillais coula et la vie d’un plus grand nombre encore fut gravement affectée.

Le 2 avril 1871, Versailles attaque. Dans l’émotion, sans vraie décision politique ni préparation, les généraux de la Commune décident une sortie, le 3 avril, catastrophique (assassinat de gardes nationaux prisonniers, d’Émile Duval et de Gustave Flourens).

La première attaque versaillaise a lieu le 2 avril. A onze heures du matin, trois brigades versaillaises, en deux colonnes venant l’une par Rueil, l’autre par Montretout, se rejoignent au rond-point des Bergères. Les Versaillais disposent de 9 000 hommes répartis dans deux brigades d’infanterie dont 600 à 700 cavaliers. La brigade Bruat, où se trouve Vinoy, doit donner l’assaut direct sur Courbevoie. La cavalerie du général de Galliffet l’accompagne. Pendant ce temps, la brigade Daudel doit tourner les Fédérés par le nord.

En mars 1977, le numéro 6 de La Commune, revue de l’association des Amis, publiait une « Chronologie des événements en province » préparée par Jean Bruhat (1905-1983). Nous en extrayons les informations d’avril-mai ; on la trouve en intégralité sur notre site (https : //www.commune1871.org/la-commune-de-paris/histoire-de-la-commune/chronologie-de-la-commune-a-paris-et-province/441-chronologie-des-evenements-en-province).

La presse a été au cœur de l’expérience communarde. L’interdiction de 6 journaux d’extrême gauche (le Vengeur, le Cri du peuple, le Mot d'ordre, le Père Duchêne, la Caricature et la Bouche de Fer (, le 11 mars 1871, est une des raisons qui poussent au soulèvement. Elle a été décidée par le gouverneur militaire de la capitale, le général et sénateur de l’Empire Joseph Vinoy. Il prend par ailleurs prétexte de l’état de siège persistant (les troupes allemandes campent encore aux portes de Paris) pour décréter que « la publication de tous nouveaux journaux et écrits périodiques, traitant de matières politiques ou d’économie sociale, est interdite jusqu’à la levée de l’état de siège ». Désormais, tout acte venant de l’autorité gouvernementale ou militaire va être interprété comme un moment d’une immense bataille organisée contre le peuple de Paris. L’effet de cette décision, plus politique que militaire, se fait sentir une semaine plus tard.

Roze Tuboeuf : L'espoir du bonheur au goût amer

Roze est la deuxième enfant du second mariage de Jean-François (1800-1874), charpentier et propriétaire, et Anne Siguret, au lieu-dit de Montcocu (village de 32 ménages et 141 habitants en 1866), commune de Baraize (849 habitants en 1866). Elle naît le 12 février 1830.

Proclamation de la Commune - Refus d’élire un président – Mise en place du travail communal – Débats

Dans la soirée du 28 mars a lieu la proclamation de la Commune devant une foule estimée à 100 000 personnes. On chante classiquement La Marseillaise et le Chant du Départ. Paris acclame sa révolution.

Les résultats du vote sont communiqués aux électeurs dans la soirée du 27, trop tard pour donner lieu à une proclamation officielle que l’on veut à la fois solennelle et festive. A Versailles Thiers s’écrit de la tribune de l’Assemblée nationale : « Non, le France ne laissera pas triompher dans son sein les misérables qui voudraient les couvrir de sang. »

De même que le Paris de la Commune, sur un espace infime, présente des différences notoires entre quartiers, groupes sociaux ou élus, la province, comme exposé dans les articles de La Commune, n° 76 et 78, est marquée par des particularismes profonds, résultante de l’entièreté de son histoire. Aussi, notre regard sur trois espaces proches — Touraine, Nivernais et Berry — entend-il apporter des éléments explicatifs sur l’attitude durant la Commune au travers des formes de réaction tributaires des conditions historiques et locales.

Le premier souci du Comité central dès la nuit du 18 au 19 mars, est d’organiser des élections pour légaliser la situation. Cela est apparu par la suite, pour certains, comme un manque d’initiative révolutionnaire, mais le suffrage universel passait pour le meilleur moyen d’expression de la volonté populaire et le communalisme aura un véritable culte pour l’élection.

Il est assez difficile de comprendre le jeu des différents acteurs de la Commune de Toulouse. Les leaders « naturels » en qui la population ouvrière du faubourg Saint-Cyprien avait placé ses espoirs, n’ont pas fait preuve d’une grande motivation.

Le préfet Duportal, républicain radical, ancien transporté de 51, leur semblait l’homme de la situation. Depuis le 18 mars, Thiers se méfie de lui et décide de le remplacer par le comte de Kératry. Duportal, qui ne veut pas se prononcer pour ou contre la Commune de Paris, est prêt à se retirer.

Nuit du 24 au 25 mars 1871

La région de Saint-Etienne est une terre de luttes ouvrières et depuis 1865 de grandes grèves s’y succèdent. En 1869, celle des mineurs de la Ricamarie eut un retentissement national. L’infanterie tira sur la foule, assassinant une quinzaine de civils dont un enfant de trois ans. L’épisode, qui inspirera Zola pour Germinal, fut en événement fondateur du mouvement ouvrier.

Et pendant ce temps-là en province… 

Les évènements déclencheurs de la veille, le 22 mars

Le 22 durant la journée : l’électrochoc des dépêches de Thiers

Tout le mois de mars 1871, Marseille a été de secouée de manifestations, de grèves et de revendications sociales. Mais la ville reste calme dans l’ensemble tout en étant très attentive aux évènements parisiens.

L’impossible conciliation

Après le 19 mars, des négociations sont engagées entre le Comité central et les élus de Paris, pour éviter la guerre civile. Elles sont rendues inutiles par l’intransigeance de Versailles. Dès le 20 mars, le président de l’Assemblée Jules Grévy dénonce le « gouvernement factieux » de Paris et ajoute : « La force restera au droit. La représentation nationale saura se faire respecter ».

Les Journaux officiels

Il existe plusieurs versions du Journal officiel. Le Journal Officiel de la République Française (édition de la Commune), va du n° 79, daté du 20 mars, au n° 144, daté du 24 mai. Le 30 mars, au lieu du n° 89, paraît un n°1 du Journal Officiel de la Commune de Paris, mais ce nouveau titre est abandonné dès le lendemain pour l’ancien.

Le 20 mars, à Paris :

Le Comité Central choisit d’organiser des élections municipales au plus vite. Il veut s’assurer l’aval des représentants de la capitale, maires d’arrondissements élus en novembre 1870.

Le 18 mars à minuit, une vingtaine de membres du Comité central de la Garde nationale s’installent à l’Hôtel-de-Ville. La direction militaire considère toutefois qu’elle n’a pas la légitimité d’un pouvoir élu. Seul le peuple souverain ayant le pouvoir de trancher par son vote, le Comité central estime que rien de stable ne peut être entrepris sans la caution donnée par les urnes.

Le parcours Communard de la Bastille à l'Hôtel de Ville  - Le 18 mars vue de province

Début septembre 1870, les armées prussiennes déferlent sur Paris suite à la défaite lors de la bataille de Sedan, le 1er septembre.

Pour défendre Paris lors de l’inévitable siège qui s’annonce, des canons sont déployés sur l’enceinte et les 16 forts ceinturant Paris : 2600 canons de modèle divers, principalement du modèle 1858 (portée de 4km), et les modèles "Joséphine" ayant une portée de 10km.

Depuis l’automne 1870, l’est algérien est agité de mouvements divers mais l’éclatement de la dissidence du bachagha Mokrani, la prise le 16 mars de la ville de Bordj Bou Arrédji et l’appel à la dissidence le même jour de la confrérie Rahmaniyya une puissante association religieuse dont les adeptes sont appelés khouān d’où le nom parfois donné aussi à la révolte, lui donne un caractère de vaste insurrection.

De la fin de l’Empire au 18 mars 1871
« Vers la fin du Second Empire, Napoléon III se laisse convaincre de la nécessité d’assouplir la réglementation des réunions publiques.

Création du comité central

En février, les délégués des 200 bataillons de la Garde Nationale décident de créer un Comité central de la Garde nationale pour coordonner l’action des 20 légions d’arrondissements. Ils chargent une commission provisoire d’en élaborer les statuts.

Les membres de l’Internationale ont joué un rôle important dans la préparation et le déroulement de la Commune de Paris.

La décision de créer une Association Internationale des Travailleurs (AIT), appelée plus tard Ière Internationale, est prise à Londres, le 28 septembre 1864, lors d’un congrès ouvrier européen. L’AIT se donne pour objectif d’unir les prolétaires de tous les pays dans la lutte pour leur émancipation, au-delà des divisions artificielles créées par les États.

Et pendant ce temps-là en province…. 1

Durant les trois premières semaines de mars 1871, en parallèle ou résonnance avec la capitale, la situation en bien des lieux de province se dégrade, particulièrement dans les villes où se concentre une population ouvrière nombreuse. La France s’agite et les divers mouvements populaires prennent peu à peu de l’ampleur. Plusieurs raisons à cela, dont trois principales :

Cette journée du 1er mars demeure comme l’une des plus pénibles de l’histoire de Paris. Ce jour là à 15 heures, musique en tête, un corps d’armée de 30 000 hommes, aux ordres du Gal von Kameke, arrivant de l’Avenue de Neuilly, franchit la barrière de l’Etoile et défile en direction de l’Arc de Triomphe.