Pamiers, ville ouvrière :
Commune de l'Ariège, elle compte près de 8 800 habitants en 1871. Au XIXe siècle, l’industrie naissante sera le principal facteur de développement de la ville.

Pendant la guerre de 1870-1871 et jusqu’au mois de mars 1871, le château de Vincennes se trouve dans une zone neutre entre les armées allemandes dont les lignes sont très rapprochées, et Paris en état d’insurrection. Il est occupé par une garnison aux ordres du général Ribourt.

Le 28 mai 1871, Brest se préparait à accueillir environ 12 000 communard(e)s arrêté(e)s par les troupes versaillaises. Onze navires avaient été prévus pour les recevoir (1).

Erreurs sur le Mur des Fédérés

En cette année du 150e anniversaire de la Commune, à la veille de la traditionnelle « montée au Mur », nous pensions que l'on connaissait l'emplacement du « Mur ».

Le faubourg Saint-Antoine, « faubourg des révolutions »

Depuis 1789, voire avant – « on dit que le faubourg Saint-Antoine, qui contient quarante mille âmes, est animé d’un esprit de mutinerie », écrivait un notable en 1743 –, le faubourg Saint-Antoine a participé à toutes les révolutions : 1795 (journées de Prairial an III), 1830, 1832, février et juin 1848. Et, dès le 18 mars 1871, il adhère massivement à la Commune.

« Le dirigeant emblématique de la Commune », dit le Maitron(1) ; en tout cas, l’un de ses dirigeants les plus importants et les plus respectés. Sa mort sur la barricade du Château d’Eau, le 25 mai, lui a donné une aura de martyr, et l’a fait entrer au panthéon des héros républicains. « Un nouveau Baudin », écrira Maxime Vuillaume(2) . Des années plus tard, le 26 mars 1882, lorsque le Conseil municipal de Paris vota l’attribution à Delescluze d’une concession perpétuelle au Père-Lachaise, Jacques Songeon, président du Conseil municipal de Paris, déclarait : « La République doit une sépulture à Delescluze qui a vécu pour elle, qui est mort dans la conviction qu’il donnait sa vie pour elle. »

Philippe Lépaulard a présenté ces relations, en 2007, dans le bulletin n° 31  de notre Association.

L'Église s'était liée à l'Empire, grâce à la loi Falloux du 15 mars 1850, multipliant le nombre des écoles catholiques, pour mieux contrôler l'instruction " publique " .

 Après la fermeture des Ateliers nationaux du même Falloux, la répression devenait totale, policière et intellectuelle. Ce qui fut pour beaucoup pour l'anticléricalisme croissant dans les milieux socialistes et républicains, traits marquants de la Commune de Paris.

Dans la partie « Rapports militaires » du journal officiel du 24 mai, on peut lire :

 

La participation* des enfants aux combats de la Commune de Paris est devenue avec le temps un objet d’étude à part entière [1] . Il est vrai que les sources existent. Il y a d’abord, aux Archives historiques de la Guerre, à Vincennes, les dossiers des conseils de guerre ainsi que les registres nominatifs des bataillons de la garde nationale et des corps francs. En outre, les communards et leurs contemporains ont apporté de très nombreux témoignages dans les récits et journaux qu’ils ont laissés.

Chronique d’un massacre annoncé

En cet après-midi du 21 mai, alors qu’au jardin des Tuileries, de nombreux Parisiens tentent, le temps d’un concert, d’oublier la canonnade qui ne cesse depuis début avril, les premiers lignards s’apprêtent à franchir la porte de Saint-Cloud. À quelques heures de son offensive finale sur la capitale, essayons de comprendre les raisons de la « haine génocidaire » (1) qui domine l’état d’esprit de l’armée versaillaise.

Les procédés de photographie sont créés en 1824 par le Français Nicéphore Niépce et ont connu des évolutions technologiques tout au long du 19ème siècle. En 1871, la photographie commence donc à être installée dans le paysage commun, du moins celui des riches, et à être reconnue comme une manière plus réaliste que la peinture pour témoigner des événements.

« Relisons Bernard Noël : 

Le problème du théâtre  ne vint en discussion, au Conseil de la Commune, que le 19 mai.

Edouard Vaillant défendit le rattachement des théâtres à l'Enseignement. Il fit valoir :

Les communards avaient bien des raisons de vouloir réformer la justice. Nombre d’entre eux avaient éprouvé l’arbitraire judiciaire sous le Second Empire, voire avant pour les plus anciens d’entre eux, comme Blanqui ou Delescluze. Plus largement, la justice impériale était inique et particulièrement dure aux militants ouvriers.

Ce fut l’œuvre de la commission de la Justice, avec Ranc, Meillet, Vermorel, Babick, et, en premier lieu, celle de son délégué, Eugène Protot.

Impossible d’imaginer une révolution parisienne sans barricades.

Pendant la Commune, la question des barricades fut très fréquemment soulevée. Elles se firent en trois temps.

Une première période du 18 mars 1871 jusqu’au 28 mars quand la Commune se fut installée et qu’il s’est agi de mettre Paris à l’abri d’un retour offensif de l’armée versaillaise.

Dès le projet de son érection, la colonne Vendôme est porteuse d’une charge symbolique de premier plan dans le paysage parisien. Prenant la suite d’une immense statue équestre de Louis XIV démantelée au lendemain de la Révolution française de 1789, Napoléon Bonaparte avait passé commande d’un colonne monumentale à la gloire de la Grande Armée victorieuse à Austerlitz (au coût de la vie de dizaine de milliers de soldats) sur le modèle de la colonne de Trajan à Rome. Il avait demandé que soit ouverte une nouvelle artère, la rue de la Paix, pour la mettre en valeur.

Daté du 15 mai, cet appel est publié dans la « partie non officielle » du Journal officiel du 16 mai 1871. Il est signé par Paschal Grousset, élu du XVIIIe arrondissement qui, depuis le 5 avril, est délégué aux Relations extérieures de la Commune. Au moment où se multiplient en dehors de Paris les appels à éviter le bain de sang, cet appel rédigé moins d’une semaine avant l’offensive versaillaise finale témoigne du sentiment que, faute d’action nationale en sa faveur, la Commune se trouve prise au piège, face à un gouvernement versaillais désormais maître de la situation.

Né le 6 mai 1846 à Paris d’un père cocher, célibataire, Théophile Ferré était comptable au service d’un agent d’affaires. Militant blanquiste, il fut poursuivi plusieurs fois sous l’Empire pour délits politiques et traduit devant la Haute Cour de Blois en juillet-août 1870, dans un procès intenté aux partisans de Blanqui. Il fut acquité faute de preuves suffisantes, après avoir été expulsé de la salle d’audience pour son « extrême violence et ses insultes à la Cour ».

Le journal officiel du 13 mai présente un décret voté le 12 mai portant sur la révision des marchés conclus jusqu’à ce jour par la Commune :

Les responsables de la Commune affirment dès le 20 mars le principe de liberté absolue de la presse. Mais le mouvement communaliste se heurte très vite à l’opposition radicale d’une partie de la presse.

Le Cri du Peuple défend l'idée de la République Sociale et sera le quotidien de la Commune le plus célèbre et le plus lu. Il tire à 50 000, 80 000, voire 100 000 exemplaires certains jours. Il s'étale sur cinq colonnes en une page recto-verso et coûte cinq centimes (1 sou).

Le 9 mai, le fort d’Issy tombe aux mains des versaillais et Louis Rossel, éphémère délégué à la Guerre (30 avril-9 mai), donne sa démission. Au début, il a la sympathie de Charles Delescluze qui va le remplacer « Il y avait là un homme, un soldat, que l'on trouvait trop sévère. Il serait à désirer que tous eussent été aussi sévères que lui ». Mais Rossel refuse avec hauteur de revenir sur sa décision, comme le lui demande la Commune. Dès lors, son attitude est interprétée comme une trahison et l’assemblée décide son arrestation.

Né le 9 septembre 1844, à St-Brieuc, L.N. Rossel est d'origine écossaise par sa mère, née Sarah Campbell, et cévenole et protestante du côté de son père Louis, lieutenant du 4e régiment d'infanterie légère. « Il appartient donc à une communauté longtemps persécutée. Son père, bien qu'officier, vota non au plébiscite, refusant l'Empire. Louis hérita cette rigueur, cette sévérité »  souligne Bernard Noël.

Dans la ceinture des 16 forts construits sous l’impulsion d’Adolphe Thiers en 1841-1848, il y a un point faible : une faille entre le Fort d’Issy et le Mont Valérien. Les prussiens le savent qui s’acharnent sur lui en lui envoyant plus de 18 000 obus de 100 kg entre le 5 et le 28 janvier 1871. Dès ce moment le Fort est extrêmement abimé.

Organisme de prêt sur gage, le Mont-de-Piété constituait souvent pour les plus pauvres la seule véritable solution pour pouvoir disposer d’argent frais en cas de besoin. S’ils n’étaient pas récupérés au bout d’un certain délai en échange d’un remboursement avec intérêt, les objets déposés étaient revendus par l’organisme qui récupérait ainsi sa mise de fond.

Le 6 mai 1871, avaient lieu, vers Brest, Lorient et Belle-Isles les premiers départs des “communeux” du Camp de Satory. 1500 déportés constituaient ce premier convoi.

Les convois des insurgés empruntent le réseau Ouest des chemins de fer, ils partent de la Gare de Versailles Rive Gauche ou de Versailles-Chantiers (1).

On se souvient que :

Le 21 avril, quand ils avaient demandé l’armistice, les Francs-Maçons s’étaient plaints également de la loi municipale récemment votée par l’Assemblée.

En février 2007, les éditions du Lérot sortait « Une légation dans la tourmente », sous titrée  « Correspondance des agents diplomatiques belges en poste à Paris sous la Commune ». En couverture, l'incendie de l'Hôtel de ville du photographe Alexandre Quinet.

La redoute du Moulin de Saquet était l'un des ouvrages militaires de l’enceinte défensive de Paris. Située sur la commune de Vitry-sur-Seine, cette redoute se situait entre le fort d'Ivry et la redoute des Hautes-Bruyères à Villejuif.

La question des « services publics sous la Commune de Paris » n’est certainement pas de celles qui sont le plus couramment traitées, bien qu’elle apparaisse nécessairement, d’une certaine manière, dans les descriptions de son oeuvre. Pour ouvrir ce thème en vue de saisir ensuite la portée de chacun des services et administrations dont la gestion a contribué à assumer les besoins de la population parisienne pendant les 72 jours de l’événement, il n’est pas inutile de présenter au préalable son cadre général [1] ne serait-ce que pour éviter tout anachronisme.

La proposition de Jules Miot du 28 avril (voir éphéméride) a mis l’assemblée communale en émoi. Le 30 avril, la discussion prévue à la fin de la séance précédente est tendue, violente même aux dires de certains participants. Faut-il réveiller l’esprit de l’an II en reproduisant le modèle du « Grand Comité » robespierriste ? Peut-on désigner un Comité de Salut public, mais en cantonnant ses pouvoirs de façon stricte ? Faut-il insister sur la rupture avec les formules précédentes ou au contraire souligner la continuité avec la décision inaugurale du 29 mars et avec l’ajustement organisationnel du 20 avril ?

Parmi ces journées (de manifestations de solidarité avec la Commune de Paris) d'inégale importance, il en est une qui mérite une mention particulière, c'est la récidive communaliste de Lyon, le 30 avril 1871. Dans un dernier soubresaut, un noyau de révolutionnaires pour la plupart issus de l'Internationale, associés à des radicaux « avancés », et appuyés par les métallurgistes des ateliers de la Buire, la première usine de Lyon, dans le quartier neuf de la Guillotière (ou les salaires viennent d’être réduits de près de moitié), tente un soulèvement ultime le jour des élections municipales.

Nathalie Le Mel née Duval (1826-1921) : Une communarde bretonne, révolutionnaire, ouvrière et féministe.

Nathalie Duval est née à Brest le 26 août 1826. Son père Allain Duval était corroyeur (préparateur de peaux), sa mère Catherine Hardy tenait un petit débit de vins. Ils habitent place Médisance qui coupe la grand rue (aujourd’hui rue Louis Pasteur). Ses parents la dotent d’un niveau d’instruction peu répandu à l’époque en milieu populaire, surtout chez les filles.

28 avril... La Commune est depuis 26 jours en guerre civile. La part la plus déterminée de ses partisans, la plus militante, est toujours sur le terrain avec la même ardeur. Mais des signes de lassitude se font sentir dans la population, dans la capitale à nouveau assiégée. Le 16 avril, les élections complémentaires ont peu mobilisé. De fait, le travail de l’assemblée communale n’a rien de simple car, du jour au lendemain, on ne s’improvise pas à la fois décideur, administrateur et animateur de citoyenneté directe. Les discussions de l’Hôtel-de-Ville sont longues, parfois confuses.

Dès le 29 mars, la Commune organise, au sein de son Conseil, dix commissions dont « La Commission du Travail, de l’Industrie et des Échanges. »

Parmi ses attributions, cette commission est chargée de la propagation des doctrines socialistes et elle doit chercher les moyens d'égaliser le travail et le salaire.

Y siègent beaucoup d’internationalistes, notamment Léo Fränkel, Benoit Malon, Albert Theisz.

Dans la lignée de la Commune Insurrectionnelle de Paris de 1792, la Commune de Paris constituée en 1871 fait une large place à tous les étrangers dans ses rangs.

Ce jour-là, la Ligue d’union républicaine obtient une trêve des combats entre versaillais et communards, de 9 heures du matin à 5 heures du soir, afin que les habitants de Neuilly puissent quitter cette zone d’intenses combats.

Le 24 avril 1871 à Rouen et à Dieppe, deux événements apportent un éclairage sur l’état d’esprit d’une partie du monde ouvrier et celui des autorités. Alors que la Seine Inférieure (actuellement Seine Maritime) est occupée par les prussiens (sauf la région du Havre), le 24 avril 1871, les membres de la Fédération ouvrière rouennaise et le Comité radical font cause commune au cours d’une assemblée.

« Enfin, Vaillant vint ! » C’est par cette formule plutôt lapidaire qu’on pourrait résumer l’essentiel des contributions ayant pour sujet l’éducation pendant la Commune de Paris. Qu’on n’attende pas de moi que je déploie énormément d’efforts pour tenter de la réfuter. Surtout que j’ai un peu tendance à m’agacer quand, mentionnant parmi les œuvres capitales de la Commune ce qu’elle mit en place en matière d’enseignement, on ne cite même pas Vaillant, pour passer à l’énumération d’une foule de communards qui le méritent amplement, certes, mais dont on ne voit pas toujours ce qui justifie leur prééminence.

Séance à l’Assemblée

Focus résumé sur deux des nombreux sujets abordés lors de la séance à l’Assemblée.

Le mandat impératif a pour première conséquence d’interdire à un élu de démissionner, comme le démontrent explicitement les débats suscités par Félix PYAT entre le 20 et le 25 avril. En désaccord avec la majorité de la Commune sur la validation de l’élection de plusieurs candidats qui, le 16, n’ont pas obtenu le minimum légal de voix, le jacobin Pyat adresse à ses collègues une lette de démission. Il y explique que les élus n’ont pas le droit de remplacer les électeurs, que les mandataires ne doivent pas se substituer au souverain et que l’usurpation du pouvoir électif par la Commune est inadmissible.

La délégation à Versailles le 21 avril 1871

En 1870, la maçonnerie française est divisée en deux obédiences principales : le Grand Orient (18 000 membres) et le Suprême Conseil de France (6 000)., elles-mêmes traversées par de multiples courants. Il y a des loges bonapartiste, républicaines (Paris et quelques grandes villes de province), des loges sont plus traditionnelles et légitimistes en province.

Le 29 mars 1871 Léo FRANKEL est nommé membre de la Commission du Travail et de l’Echange. Il s’entoure de collaborateurs membres de l’AIT et syndicalistes tels que Georges Bertin (ouvrier fondeur), Lazare Lévy (ouvrier opticien) ou Edmond Evette (tailleur).

Il va contribuer à donner une forte orientation sociale au mouvement communaliste parisien.

Après la sortie désastreuse du 3 avril, la situation militaire s’était rapidement dégradée. Plus grave encore, les élections complémentaires du 16 avril s’étaient avérées être un revers politique, un vrai coup dur pour les communards, affaiblissant de ce fait la légitimité politique de la Commune et dont Thiers d’ailleurs ne s’était pas privé de le faire savoir dans la France entière.

Aussi, les élus de la Commune jugèrent indispensable de rédiger une déclaration politique afin de convaincre les départements et les grandes villes de les rejoindre dans leur conquête de liberté communale et leur attachement à la République.

Le départ du gouvernement et de nombreux fonctionnaires suite au coup raté du 18 mars laisse Paris et ses habitants face à des besoins sans précédent.

La Commune souhaite rapidement prendre en charge le fonctionnement des services de la Ville mais manque d’argent. Les regards se tournent donc rapidement vers la Banque de France, alors privée. Fondée en 1800, la Banque de France a le monopole de la création monétaire sur l’ensemble du territoire français.

Après quatre mois d’un siège éprouvant, les catégories ouvrières parisiennes ne sont pas les seules à connaître les difficultés de la vie quotidienne. Le monde de l’artisanat et du commerce est lui aussi sévèrement touché par le ralentissement de l’activité, accentué au printemps par la fuite hors de Paris d’une part non négligeable des catégories aisées. Écrasés par le poids de l’endettement, artisans et commerçants sont nombreux à être menacés de faillite. Après le 4 septembre, le gouvernement avait bien allongé les délais de remboursement, mais la majorité conservatrice du 7 février 1871 les avait immédiatement raccourcis le 10 mars.

Le 17 avril, paraît au Journal officiel un décret, adopté la veille par la Commune, sur la réquisition des ateliers abandonnés. Présenté par Augustin Avrial, au nom de la Commission du Travail et de l’Échange, il est adopté en fin de séance, presque sans débat. Les séances de la Commune sont alors absorbées par la question des échéances et des effets de commerce. Le décret du 16 avril est désigné dans le Journal officiel comme le « décret de convocation des chambres syndicales ouvrières ».

Dans le Journal officiel de la Commune du 18 avril, nous lisons :

« Samedi [15 avril], une partie des musées du Louvre a été ouverte au public et aux artistes. Cette partie comprend :

Le musée Lacazes (1), la salle Henri II, la salle des Sept cheminées où se trouvent le Naufrage de la Méduse, par Géricault, et les Sabines, de Louis David. 

À la fin du Second Empire, la tendance est à la décentralisation et à l’autonomie communale. En 1865, le « programme de Nancy » condense les idées d’une partie de l’opposition libérale et républicaine en affirmant : « La commune, avant d’être une circonscription administrative est une association de familles et d’individus, elle devrait donc pouvoir développer librement ses activités propres ». Les « trois Jules », Favre, Simon et Ferry font partie des 19 signataires. En 1869, Ferry avait récidivé, en énumérant ce qu’il appelait les « destructions nécessaires », la suppression du préfet de police, la transformation des armées permanentes et la séparation de l’Église et de l’État.

Le 6 avril, Gustave Courbet lançait un appel aux artistes dont nous avons parlé dans l’éphéméride du 6 avril, l'appel de Courbet. (1)

La chance des artistes est que les hommes de l’Hôtel de Ville considèrent qu’ils n’ont pas à légiférer en matière d’art, ce qui rencontre les conceptions d’un Gustave Courbet qui, républicain, patriote et socialiste, fait campagne en faveur d’un art à la fois engagé et libre de toute tutelle gouvernementale. Sur le fond, la Commune délègue donc aux artistes eux-mêmes le soin de définir ce que l’on appellera plus tard une politique culturelle.

Le 16 mai 1871 se déroule I‘acte le plus spectaculaire de I‘histoire de la Commune de Paris : la démolition de la colonne Vendôme, considérée comme un monument de barbarie, un symbole de force brute et de fausse gloire, une affirmation du militarisme.

Ce moment fort d'une guerre civile au symbolisme puissant vaudra au peintre Gustave Courbet, tenu pour responsable, d'être condamné à en payer la restauration.

Le mardi 11 avril se tient dans un café de la rue du Temple une réunion de femmes dans le but d’organiser dans chaque arrondissement des comités pour les citoyennes résolues à soutenir et défendre la cause de la Commune, soit dans le service des ambulances, soit en formant des corps réguliers pour construire des barricades et s’y battre — si nécessaire.

Le décret sur les pensions du 10 avril 1871

Ce 10 avril, c’est Arthur ARNOULD , membre de l’AIT (1) qui préside la séance de la Commune de l’après-midi.

Il soumet au vote des élus un décret concernant les pensions pour les famille (veuves, enfants, parents, frères et sœurs) de gardes nationaux morts au combat.

Les élus votent le texte à l’unanimitéIl est publié dans le JO du 11 avril.

Ardent communard, Maxime Vuillaume nourrit pendant les semaines qui précèdent la Commune le grand projet  de faire renaître le Père Duchesne (1), de Jacques-René Hébert, journal des Sans-culottes, né sous la Révolution française.

Suite à la signature du Traité préliminaire de paix le 26 février 1871, les Allemands vont adopter une attitude passive vis-à-vis de la Commune de Paris. Mais considérant que cette Révolution menace ou du moins retarde le remboursement du tribut imposé à la France, les Allemands vont allégrement aider Thiers dans sa lutte contre la Commune.

George Sand qui dans les années 1840 affiche des opinions ardemment démocratiques, va jusqu'à se dire « communiste ». Elle publie alors ses romans dits socialistes, qui posent au siècle des questions qu'il n'a pas résolues sur la propriété, les rapports du capital et du travail, les associations de travailleurs. La grande idée du progrès moral de l'humanité domine son œuvre. Elle est liée avec la plupart des têtes pensantes de la démocratie (Leroux, Barbès, Blanc, Lamennais, Cavaignac), avec des révolutionnaires étrangers (Mazzini, Bakounine). Elle accueille les journées de février 1848 avec enthousiasme. Elle conseille Ledru-Rollin dans la coulisse. Mais les journées de Juin vont casser les ailes à son beau rêve de république « dure et pure » et profondément désabusée, elle se réfugie alors à Nohant.

Le Rappel, 17 germinal an 79, vendredi 7 avril 1871, n° 663Le Rappel du 7 avril annonce en première page un évènement survenu la veille :

« Hier matin, à neuf heures, le 137e bataillon, appartenant au onzième arrondissement, est allé rue Folie Méricourt, il a « réquisitionné » et pris la guillotine, il l’a portée sur la place Voltaire, il a brisé en morceaux la hideuse machine, et, aux applaudissements d’une foule immense, il l’a brûlée. »

Le décret des otages
Le 2 avril, les troupes versaillaises déclenchent la guerre civile contre le Commune. Les 3 et 4 avril, à l’issue d’une sortie en masse manquée, plusieurs dizaines de prisonniers parisiens sont fusillés, sur ordre de la hiérarchie militaire. Parmi eux, le général fédéré Émile Duval et Gustave Flourens, tous deux élus de la Commune. Dès le début de leur offensive, les troupes gouvernementales affirment ainsi qu’elles ne sont pas tenues d’appliquer les lois de la guerre, tells que les avait formalisées en 1864 la Convention de Genève.

A une toute autre échelle que Paris, bien sûr, en avril 1871, Marseille a eu son petit Adolphe Thiers en la personne du Général Espivent de la Villeboisnet. Aubagne fut son Versailles. L’écrasement militaire de sa Commune ne s’étala pas sur une semaine mais durant les combats extrêmement violents du 4 avril 1871 puis pendant la dure répression qui suivit, le sang de nombreux Marseillais coula et la vie d’un plus grand nombre encore fut gravement affectée.

Le 2 avril 1871, Versailles attaque. Dans l’émotion, sans vraie décision politique ni préparation, les généraux de la Commune décident une sortie, le 3 avril, catastrophique (assassinat de gardes nationaux prisonniers, d’Émile Duval et de Gustave Flourens).

La première attaque versaillaise a lieu le 2 avril. A onze heures du matin, trois brigades versaillaises, en deux colonnes venant l’une par Rueil, l’autre par Montretout, se rejoignent au rond-point des Bergères. Les Versaillais disposent de 9 000 hommes répartis dans deux brigades d’infanterie dont 600 à 700 cavaliers. La brigade Bruat, où se trouve Vinoy, doit donner l’assaut direct sur Courbevoie. La cavalerie du général de Galliffet l’accompagne. Pendant ce temps, la brigade Daudel doit tourner les Fédérés par le nord.

En mars 1977, le numéro 6 de La Commune, revue de l’association des Amis, publiait une « Chronologie des événements en province » préparée par Jean Bruhat (1905-1983). Nous en extrayons les informations d’avril-mai ; on la trouve en intégralité sur notre site (https : //www.commune1871.org/la-commune-de-paris/histoire-de-la-commune/chronologie-de-la-commune-a-paris-et-province/441-chronologie-des-evenements-en-province).

La presse a été au cœur de l’expérience communarde. L’interdiction de 6 journaux d’extrême gauche (le Vengeur, le Cri du peuple, le Mot d'ordre, le Père Duchêne, la Caricature et la Bouche de Fer (, le 11 mars 1871, est une des raisons qui poussent au soulèvement. Elle a été décidée par le gouverneur militaire de la capitale, le général et sénateur de l’Empire Joseph Vinoy. Il prend par ailleurs prétexte de l’état de siège persistant (les troupes allemandes campent encore aux portes de Paris) pour décréter que « la publication de tous nouveaux journaux et écrits périodiques, traitant de matières politiques ou d’économie sociale, est interdite jusqu’à la levée de l’état de siège ». Désormais, tout acte venant de l’autorité gouvernementale ou militaire va être interprété comme un moment d’une immense bataille organisée contre le peuple de Paris. L’effet de cette décision, plus politique que militaire, se fait sentir une semaine plus tard.

Roze Tuboeuf : L'espoir du bonheur au goût amer

Roze est la deuxième enfant du second mariage de Jean-François (1800-1874), charpentier et propriétaire, et Anne Siguret, au lieu-dit de Montcocu (village de 32 ménages et 141 habitants en 1866), commune de Baraize (849 habitants en 1866). Elle naît le 12 février 1830.

Proclamation de la Commune - Refus d’élire un président – Mise en place du travail communal – Débats

Dans la soirée du 28 mars a lieu la proclamation de la Commune devant une foule estimée à 100 000 personnes. On chante classiquement La Marseillaise et le Chant du Départ. Paris acclame sa révolution.

Les résultats du vote sont communiqués aux électeurs dans la soirée du 27, trop tard pour donner lieu à une proclamation officielle que l’on veut à la fois solennelle et festive. A Versailles Thiers s’écrit de la tribune de l’Assemblée nationale : « Non, le France ne laissera pas triompher dans son sein les misérables qui voudraient les couvrir de sang. »

De même que le Paris de la Commune, sur un espace infime, présente des différences notoires entre quartiers, groupes sociaux ou élus, la province, comme exposé dans les articles de La Commune, n° 76 et 78, est marquée par des particularismes profonds, résultante de l’entièreté de son histoire. Aussi, notre regard sur trois espaces proches — Touraine, Nivernais et Berry — entend-il apporter des éléments explicatifs sur l’attitude durant la Commune au travers des formes de réaction tributaires des conditions historiques et locales.

Le premier souci du Comité central dès la nuit du 18 au 19 mars, est d’organiser des élections pour légaliser la situation. Cela est apparu par la suite, pour certains, comme un manque d’initiative révolutionnaire, mais le suffrage universel passait pour le meilleur moyen d’expression de la volonté populaire et le communalisme aura un véritable culte pour l’élection.

Il est assez difficile de comprendre le jeu des différents acteurs de la Commune de Toulouse. Les leaders « naturels » en qui la population ouvrière du faubourg Saint-Cyprien avait placé ses espoirs, n’ont pas fait preuve d’une grande motivation.

Le préfet Duportal, républicain radical, ancien transporté de 51, leur semblait l’homme de la situation. Depuis le 18 mars, Thiers se méfie de lui et décide de le remplacer par le comte de Kératry. Duportal, qui ne veut pas se prononcer pour ou contre la Commune de Paris, est prêt à se retirer.

Nuit du 24 au 25 mars 1871

La région de Saint-Etienne est une terre de luttes ouvrières et depuis 1865 de grandes grèves s’y succèdent. En 1869, celle des mineurs de la Ricamarie eut un retentissement national. L’infanterie tira sur la foule, assassinant une quinzaine de civils dont un enfant de trois ans. L’épisode, qui inspirera Zola pour Germinal, fut en événement fondateur du mouvement ouvrier.

Et pendant ce temps-là en province… 

Les évènements déclencheurs de la veille, le 22 mars

Le 22 durant la journée : l’électrochoc des dépêches de Thiers

Tout le mois de mars 1871, Marseille a été de secouée de manifestations, de grèves et de revendications sociales. Mais la ville reste calme dans l’ensemble tout en étant très attentive aux évènements parisiens.

L’impossible conciliation

Après le 19 mars, des négociations sont engagées entre le Comité central et les élus de Paris, pour éviter la guerre civile. Elles sont rendues inutiles par l’intransigeance de Versailles. Dès le 20 mars, le président de l’Assemblée Jules Grévy dénonce le « gouvernement factieux » de Paris et ajoute : « La force restera au droit. La représentation nationale saura se faire respecter ».

Les Journaux officiels

Il existe plusieurs versions du Journal officiel. Le Journal Officiel de la République Française (édition de la Commune), va du n° 79, daté du 20 mars, au n° 144, daté du 24 mai. Le 30 mars, au lieu du n° 89, paraît un n°1 du Journal Officiel de la Commune de Paris, mais ce nouveau titre est abandonné dès le lendemain pour l’ancien.

Le 20 mars, à Paris :

Le Comité Central choisit d’organiser des élections municipales au plus vite. Il veut s’assurer l’aval des représentants de la capitale, maires d’arrondissements élus en novembre 1870.

Le 18 mars à minuit, une vingtaine de membres du Comité central de la Garde nationale s’installent à l’Hôtel-de-Ville. La direction militaire considère toutefois qu’elle n’a pas la légitimité d’un pouvoir élu. Seul le peuple souverain ayant le pouvoir de trancher par son vote, le Comité central estime que rien de stable ne peut être entrepris sans la caution donnée par les urnes.

Le parcours Communard de la Bastille à l'Hôtel de Ville  - Le 18 mars vue de province

Début septembre 1870, les armées prussiennes déferlent sur Paris suite à la défaite lors de la bataille de Sedan, le 1er septembre.

Pour défendre Paris lors de l’inévitable siège qui s’annonce, des canons sont déployés sur l’enceinte et les 16 forts ceinturant Paris : 2600 canons de modèle divers, principalement du modèle 1858 (portée de 4km), et les modèles "Joséphine" ayant une portée de 10km.

Depuis l’automne 1870, l’est algérien est agité de mouvements divers mais l’éclatement de la dissidence du bachagha Mokrani, la prise le 16 mars de la ville de Bordj Bou Arrédji et l’appel à la dissidence le même jour de la confrérie Rahmaniyya une puissante association religieuse dont les adeptes sont appelés khouān d’où le nom parfois donné aussi à la révolte, lui donne un caractère de vaste insurrection.

De la fin de l’Empire au 18 mars 1871
« Vers la fin du Second Empire, Napoléon III se laisse convaincre de la nécessité d’assouplir la réglementation des réunions publiques.

Création du comité central

En février, les délégués des 200 bataillons de la Garde Nationale décident de créer un Comité central de la Garde nationale pour coordonner l’action des 20 légions d’arrondissements. Ils chargent une commission provisoire d’en élaborer les statuts.

Les membres de l’Internationale ont joué un rôle important dans la préparation et le déroulement de la Commune de Paris.

La décision de créer une Association Internationale des Travailleurs (AIT), appelée plus tard Ière Internationale, est prise à Londres, le 28 septembre 1864, lors d’un congrès ouvrier européen. L’AIT se donne pour objectif d’unir les prolétaires de tous les pays dans la lutte pour leur émancipation, au-delà des divisions artificielles créées par les États.

Et pendant ce temps-là en province…. 1

Durant les trois premières semaines de mars 1871, en parallèle ou résonnance avec la capitale, la situation en bien des lieux de province se dégrade, particulièrement dans les villes où se concentre une population ouvrière nombreuse. La France s’agite et les divers mouvements populaires prennent peu à peu de l’ampleur. Plusieurs raisons à cela, dont trois principales :

Cette journée du 1er mars demeure comme l’une des plus pénibles de l’histoire de Paris. Ce jour là à 15 heures, musique en tête, un corps d’armée de 30 000 hommes, aux ordres du Gal von Kameke, arrivant de l’Avenue de Neuilly, franchit la barrière de l’Etoile et défile en direction de l’Arc de Triomphe.