Suite de l’article 2 drapeaux de la Commune à Moscou

Le 12 mars1971 un journal moscovite « Krasnaïa Zvesda » (« Etoile rouge ») a publié sous la signature du Colonel V. Krasnov, responsable du musée central des Forces armées de l’URSS, l’article « encore une relique de la Commune de Paris ». A la veille du centenaire de la Commune il fait une annonce sensationnelle.

Bannière du 67ème bataillon de la Commune de Paris 1871Le Musée envisageait d’exposer pour la première fois un nouveau document. C’était le drapeau du 220ème bataillon de la garde nationale faisant partie de la XVIIIème légion de Montmartre. L’article de Krasnov était accompagné de la photo du drapeau. L’auteur soulignait que l’authenticité du document avait été établie. En outre, dans un coin gauche d’en bas, il y avait une estampille de l’atelier du boulevard Bonne Nouvelle.

D’où est venu ce drapeau ? En février-mars 1945 un groupe de collaborateurs du Musée a été attaché à l’état-major du 1er front d’Ukraine rassemblant des matériaux sur les faits et gestes héroïques de ses combattants. La direction politique de l’état-major a présenté aux hôtes de Moscou un cadeau exceptionnel. Les soldats soviétiques ont trouvé dans une Kommandantur de la Gestapo en Silésie le drapeau des révolutionnaires français.

Le drapeau était entaché de sang. Etait-ce le sang des Fédérés ? Ou des victimes de la Gestapo ? C’était et reste inconnu. Comme l’est l’itinéraire du drapeau jusqu’à la Silésie.

Pendant plus de vingt ans, l’insigne du 220ème bataillon était exposé au Musée des Forces armées soviétiques. Puis le climat politique à Moscou a changé. En lieu et place des drapeaux révolutionnaires, le Musée a dû installer des matériaux des armées tsaristes venus des Etats-Unis.

Le drapeau de la Commune se trouve actuellement dans les archives du Musée sous le numéro d’inventaire 9/6276, négatif photo d79556.

K. GRADOV