Samedi 5 octobre 2019. C’est le grand départ pour la Touraine, avec une petite variante dans le rituel des chants entonnés par Françoise : il s’agissait, cette année, d’apprendre une chanson que nous ne connaissions pas : Commune, espoir du monde, composée par Eugène Bizeau, le poète tourangeau que nous allions mettre à l’honneur tout au long du week-end. Pour nous accueillir, l’harmonie municipale de Saint-Pierre-des-Corps l’avait de son côté répétée ; ce fut un accueil magnifique et émouvant, orchestré par Madame la Maire, Marie-France Beaufils, et son adjointe à la Culture, Colette Gauthier, et ce, sur la Place de la Commune de Paris, en face du stade Camélinat !Sur les traces des communards en Touraine

Moment de forte émotion, prolongé par le pot à la Mairie de cette ville chère au cœur des cheminots, qui porte toujours haut les couleurs des traditions ouvrières. Nous étions un peu chez nous…

Sentiment renforcé par une halte devant le monument de la Résistance, sculpture d’Ernest-Pignon-Ernest représentant un cerisier, symbole d’une Commune, certes défaite, mais ne demandant qu’à renaître.

Après un repas succulent, nous allons découvrir, aux Archives départementales de Tours, la superbe exposition du Fonds Patrick Fonteneau sur les acteurs tourangeaux de la Commune. Une collection de documents d’une grande richesse, commentés par les amis tourangeaux, après le chaleureux accueil de la Conservatrice. Sur les 233 noms de communards tourangeaux retrouvés par Patrick, 20 ont été déportés. Nous ne pouvons que vibrer à l’évocation de leurs combats et de leur destinée. Avant qu’une visite en petit train, ponctuée de chants de la Commune, nous permette de découvrir la vieille ville de Tours.

Nous vibrerons aussi lors de la soirée festive animée par Jean-Luc Métayer à l’orgue de barbarie. Extraordinaire répertoire qui ne pouvait qu’emporter l’adhésion, tant il s’en dégageait de flamme et d’inspiration. Deux camarades tourangeaux terminèrent la soirée en duo, guitare et chants repris par l’assistance. Convivialité, fraternité, saveur des bons mets et vins de Chinon et Vouvray.

Le lendemain, après une exhaustive conférence de monsieur Bastard sur « les Compagnons et la Commune », nous approfondissons notre approche du Compagnonnage en général par la visite de son très beau musée, plein de richesses insoupçonnées. Le repas, pris dans un restaurant troglodyte d’Amboise, contribua à nous régaler encore de bons produits tourangeaux, et c’est ainsi que nous parvînmes à l’étape finale, celle du village de Véretz, pour honorer la mémoire de Bizeau, membre du groupe La Muse Rouge, entre visite à l’attachant petit musée qui lui est consacré, et le cimetière, où nous nous sommes recueillis sur sa tombe ô combien pittoresque, avec quelques textes lus par l’ami berrichon Michel Pinglaut. Ce fut la note finale de ces belles journées de rencontre, de recueillement, d’exaltation et d’émotion. Vive les communards tourangeaux et ceux qui nous les ont fait connaître ! Merci et bravo à Jean-Pierre Theurier, Patrick Fonteneau et à tous les acteurs de ces inoubliables journées !

ANNE-MARIE LACOURIÈRE