Le Communard Jules Martelet a été honore dans son village natal de Saint-Brice-Courcelles, près de Reims dans la Marne, par l'inauguration d'une rue portant son nom, en présence de deux de ses petites-filles.

Jules Martelet (1843-1916)Né en 1843 à Saint-Brice-Courcelles, Jules Martelet avait quitté son village vers 1863 pour exercer a Paris son métier de peintre sur verre. Il se trouvait dans la capitale au moment de la guerre de 1870 et s'engageait dans la Garde nationale. Membre de l'internationale, il était de toutes les actions qui dénonçaient l'incurie du gouvernement dit de la Défense nationale.
Élu membre de la Commune dans le 14e arrondissement de Paris, il faisait preuve de qualités de bon administrateur dans son arrondissement et au sein de la commission des Services publics.
Pendant la Semaine sanglante, il se battait jusqu'au dernier jour. Ayant pu échapper à la répression versaillaise, il se réfugiait en Suisse puis en Belgique et en Angleterre, sous le coup d'une condamnation à la déportation dans une enceinte fortifiée.

Tiré du film d’Armand Guerra, La Commune (1914) - Un groupe de l'Asso­ciation fraternelle des anciens combat­tants de la Commune sont réunis devant le Louvre, sont reconnaissables Zéphirin Camélinat, Jean Allemane, Nathalie Lemel

Revenu en France après l'amnistie en 1880, Jules Martelet resta, jusqu'à son dernier souffle, fidèle aux idéaux de la Commune, notamment au sein de la Fraternelle des Anciens combattants de la Commune, ancêtre de l'association des Amis de la Commune de Paris.
René Rousseau, Les oubliés de l’histoire de la Commune – Charbonneau, Martelet, Éditions IGC, 1994Jules Martelet est sorti de l'oubli avec la parution de l'ouvrage de René Rousseau, Les oubliés de l'histoire de la Commune, écrit grâce aux documents de Jules Martelet pieusement conservés par son épouse, puis par ses enfants et petits-enfants, Saint-Brice-Courcelles n'avait gardé aucun souvenir de Jules Martelet bien que cette commune ait honoré la révolution du printemps 1871 en donnant les noms de « la Commune » et « des Fédérés » à deux de ses rues. La municipalité en prenait connaissance à la suite de la démarche de René Rousseau qui avait demandé à la mairie une copie de l'acte de naissance de Jules Martelet.
Un juste hommage lui a été rendu le 16 janvier 1998 lors de l'inauguration de la « Rue Jules Martelet » en présence, de MM. Louis Besson, secrétaire d'État au Logement, de Alain Lescouet, maire de Saint-Brice-Courcelles, de René Rousseau et de Mmes Colette Dupom et Jacqueline Guilly, petites-filles de Jules Martelet.


Yves Lenoir