COURBET ET LE COMITE DE SALUT PUBLIC
Courbet a voté NON à l'instauration d'un Comité de Salut public. Dans la séance de la Commune du 1er mai 1871, il motive sa décision par une argumentation qui dénote un sens politique avisé :
« Je désire que tous les titres et mots appartenant à la Révolution de 89 et 93 ne soient appliqués qu'à cette époque. Aujourd'hui, ils n'ont plus la même signification et ne peuvent plus être employés avec la même justesse et dans les mêmes acceptions.
Les titres : Salut public, Montagnards, Girondins, Jacobins, ne peuvent être employés dans ce mouvement socialiste républicain.
Ce que nous représentons, c'est le temps qui s'est passé de 93 à 71, avec le génie qui doit nous caractériser et qui doit relever de notre propre tempérament.
Cela me paraît d'autant plus évident que nous ressemblons à des plagiaires, et nous rétablissons à notre détriment une terreur qui n'est pas de notre temps. Employons les formes que nous suggère notre révolution. »
Gustave Courbet

Rarement un peintre aura suscité autant de passions. Ceux qui n'ont toujours voulu voir qu'en lui que le «déboulonneur» de la colonne Vendôme, alors qu'il n'y était pour rien, en sont pour leurs frais. La postérité a jugé et les multiples hommages qui lui sont consacrés désormais l'attestent. Cette présentation succincte de l'artiste se gardera bien d'entamer le chapitre critique que des esprits plus autorisés pourraient faire entendre; son seul but est de souligner que nous restons attachés à Gustave COURBET parce qu'il représente la Commune et que c'est justement cette appartenance qui est, en dehors de considérations artistiques, le reproche essentiel de ses détracteurs, qui le lui ont fait payer cher. C'est pourquoi nous revendiquons le choix de ce peintre pour notre carte 2001. Courbet qui, avec son talent, demeura fidèle à ses origines, au peuple, dont il était issu et qu'il servit fougueusement.
Robert Goupil







