SERVICES PUBLICS UNE HISTOIRE QUI REMONTE À LOIN

Qu’on les apprécie ou qu’on les critique, les services publics font partie de notre quoti­dien. On oublie souvent qu’ils n’ont pas toujours été là. Ils sont le produit d’une construction historique, sociale et culturelle.

En 1871, sous la Commune, l’ennemi était aux portes de Paris. Le gouvernement et les adminis­trations centrales qui lui étaient rattachées sié­geaient à Versailles. Dans Paris, seulement un agent public sur quatre était à son poste, quelques-uns, hostiles, avaient été écartés et beaucoup avaient disparu. Les services étaient désorganisés et les matériels en mauvais état.

Pour répondre dans l’urgence aux besoins de la population, des commissions furent créées au niveau central et dans les arrondissements. Elles concernèrent notamment, selon les priorités du moment : les finances, la sûreté générale, l’enseignement, les subsistances, la justice, le travail, les relations extérieures, la guerre. D’énormes efforts ont été déployés pour faire fonctionner une machine administrative alour­die par la bureaucratie de l’époque impériale. Les finances ont fait l’objet de comptes détaillés et d’une gestion scrupuleuse.

Une attention particulière a été apportée aux services municipaux : approvisionnement en vivres, santé, hygiène, lutte contre l’incendie, état civil, Mont de piété, comme à la poste, au télégraphe, aux chemins de fer, et aux monnaies et médailles.

Concernant les agents publics, la Commune aurait pu s’inscrire dans la filiation de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 :

« Tous les citoyens étant égaux aux yeux de la loi, ils sont admissibles à toutes places, et emplois publics, selon leur capacité et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents ».

Hélas, une bonne partie de tout cela appar­tient désormais au passé. Certains services publics survivent informatisés et difficilement accessibles à une part de la population, d’autres ont été livrés à des organismes privés, et subis­sent les aléas de la compétitivité.

Ceux qui restent sont à l’agonie. L’hôpital et les services de santé s’écroulent, l’Éducation nationale peine à recruter des enseignants… et les actuelles propositions gouvernementales ne permettent pas de verser dans l’optimisme pour le futur.

Ce n’est pas la société que nous voulons. C’est pourquoi, les Amies et Amis de la Commune de Paris 1871 ont choisi comme thème 2026 : les services publics.

JOËL RAGONNEAU

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