Un vent frais et la belle lumière du couchant sur les pierres, tel fut le décor de notre parcours dans le centre de Paris ce 18 mars 2026, pour la commémoration du début de la Commune, ponctuée d’interventions concernant les services publics, notre thème de l’année.

En premier lieu sur la place du Châtelet, entre deux théâtres inaugurés par Napoléon III. À la fin de la Semaine sanglante, l’un d’eux abrita une cour martiale qui jugeait et condamnait rapidement les suspects ; à l’angle nord-est de la place, le square de la tour Saint Jacques recueillit les corps de très nombreux fusillés enterrés à la hâte.

Marinette Delanné
Marinette Delanné

Marinette Delanné rappela l’action culturelle de la Commune, en particulier la création de la Fédération des arts du spectacle qui prôna l’organisation collective et demanda que les salles publiques soient mises à disposition pour des spectacles au bénéfice des veuves, des orphelins et des blessés de la Garde nationale.

 

 

Le cortège longea ensuite le quai de Gesvres, le diocèse de Paris n’ayant pas souhaité le voir passer devant la cathédrale, l’île de la Cité nous était interdite !

Nathalie Girard
Nathalie Girard

 

 

 

À défaut de l’Hôtel-Dieu (plus ancien hôpital de Paris situé le long du parvis de Notre-Dame), c’est avenue Victoria que Nathalie Girard évoqua le rôle de la Commune dans les domaines de la santé et de l’assistance publique. Après le départ du directeur de l’AP et de son administration (sans oublier la caisse !), Camille Treillard, ancien proscrit de 1851, veilla au fonctionnement du système dans des conditions difficiles. Mais les versaillais bombardèrent hôpitaux, ambulances, postes de secours, et lui-même fut arrêté et exécuté le 24 mai 1871.

Graziella de l'Union syndicale CGT APHP
Graziella de l'Union syndicale CGT APHP

Des camarades de la CGT APHP qui nous accompagnaient prirent la parole pour relater leur combat contre la décision de démanteler les services hospitaliers de l’Hôtel-Dieu, une partie étant vendue à un promoteur.

Marc Ternant
Marc Ternant

 

 

Marc Ternant nous parla de la justice et de la police. Le Second Empire ayant regroupé les services de police à la place d’un marché aux volailles, ils furent baptisés « poulets » … et massivement remplacés par Raoul Rigault, commandant la Préfecture pendant la Commune. Une police citoyenne fut instaurée dans les commissariats de quartier, gérés par des gardes nationaux « vétérans de la démocratie » ; le délégué à la Sûreté s’occupait d’organiser les secours, et selon de nombreux témoignages, le peuple faisait régner l’ordre dans la ville.

Caroline Viau
Caroline Viau

 

 

Arrivés à l’ancienne mairie du 4e arrondissement, Caroline Viau, entourée de membres de la CGT Ftdneea (nettoiement parisien), aborda le rôle de la commission des Services publics : état-civil, voirie, éclairage, salubrité…, où Jules Andrieu organisa le remplacement des employés qui étaient partis sur l’ordre de Thiers. Une grande autonomie était laissée aux mairies d’arrondissement afin de mieux répondre aux besoins de la population. L’accès aux services publics est démocratisé, gratuit. C’est de cet idéal communard que découla, bien plus tard, le statut de fonctionnaire-citoyen si largement attaqué de nos jours.

Caroline nous relut aussi quelques passages du communiqué de la Garde nationale aux électeurs le 25 mars 1871.

Nous avons suivi la rue de Rivoli en chansons jusqu’à l’Hôtel de Ville, pour les dernières interventions.

Patrick Delvert
Patrick Delvert

 

 

Patrick Delvert d’abord, à l’emplacement d’un bureau de poste récemment supprimé : en mars 1871, Albert Theisz, membre de l’AIT, délégué à la Direction générale des Postes, dut aussi tout réorganiser. Malgré son efficacité, son honnêteté et celle des personnels, certains se verront radiés, révoqués, leurs salaires tronqués.

Jean-Louis Robert
Jean-Louis Robert

 

 

Jean-Louis Robert conclut la soirée, insistant sur la remarquable réussite des services publics sous la Commune, dans l’urgence, avec de faibles moyens, en temps de guerre, grâce à la force de ses principes. La Commune aura aussi élargi le champ des services publics (travail, logement) en faveur de l’intérêt général, préfigurant des avancées sociales futures et aujourd’hui menacées.

Nous étions nombreux, l’ambiance communarde chaleureuse, revigorante dans le contexte que nous vivons tous.

Valérie Martineau

 

Une vidéo de Jean-Pierre Gache.

 

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