VOYAGE DE L’ASSOCIATION, 13 ET 14 OCTOBRE 2012

Cette année, les Amis de la Commune de Paris sont allés visiter Vroncourt, le village natal de Louise Michel, Audelincourt et Millières, où elle a enseigné, Auberive où elle fut incarcérée entre sa condamnation et son départ pour la Nouvelle-Calédonie.

Partis en car à 8 h 30 de la place d’Italie, quarante-neuf adhérents se sont retrouvés, en compagnie de deux Hautmarnais et de deux Orléanais venus les rejoindre, à Montigny-le-Roi, autour d’un buffet bien sympathique.


Après un passage devant la maisond’Audelincourt où Louise Michel ouvrit sa première école en 1853, nous sommes accueillis à Vroncourt par Claudine Bourcelot, présidente de l’association Louise Michel, au pied de la stèle érigée en 1972 en l’honneur de Louise à proximité du lieu où se trouvait le manoir de sa famille paternelle. Claudine Bourcelot, après avoir rendu hommage à Guy Décamps, président du comité de Dieppe des Amis de la Commune disparu cette année et qui avait tissé de solides liens avec la Haute-Marne, imagine pour nous ce qu’était Vroncourt au XIXe siècle et évoque les années de jeunesse de Louise Michel, sa lutte contre toutes les injustices et toutes les formes de racisme, prônant l’instruction pour tous, la dignité pour les travailleurs et le respect de toutes les cultures.

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Claudine Bourcelot et Sylvie Spilmann évoquent la jeunesse de Louise Michel près du monument érigé à sa mémoire.

Claudine nous présente l’association : fondée en 1990, elle a pour but de faire connaître la vie et l’œuvre de Louise Michel et de maintenir vivante sa mémoire dans sa région natale.
Nous découvrons la petite école de Vroncourt qui fut celle de Louise enfant et dans laquelle est présentée une exposition très pédagogique, puis, dans le village, la « promenade littéraire  » qui illustre lieux et paysages de citations de Louise Michel particulièrement évocatrices, témoignant de son réel talent littéraire. Nous passons devant l’église et voyons au cimetière qui la jouxte les pierres tombales, déjà à demi effacées, de Charles, de Laurent et d’Agathe de Mahis, sa famille paternelle.
Nous revenons à Montigny-le-Roi en passant par Millières, devant l’école où enseigna Louise en 1856.
La soirée festive à Montigny permet aux deux associations de se mieux connaître. Elle est animée par Michel Bellegy à l’orgue de barbarie, accompagné d’un groupe de choristes hautmarnais, mais aidés par un recueil qui leur est offert, tous les convives chantent ensemble la Commune. Nous visionnons un très beau film Louise Michel en son temps, réalisé parClaudine Bourcelot et Sylvie Spilmann. Notre association est représentée par notre président d’honneur, Claude Willard, et par notre présidente Claudine Rey qui, dans son allocution, remercie Claudine et Jean Bourcelot, ainsi que Sylvie Spilmann, chevilles ouvrières de l’Association Louise Michel, et elle rend elle aussi hommage à Guy Décamps. Elle exprime le souhait que se renforce la synergie entre toutes les associations proches de la Commune. Elle présente les Amis de la Commune de Paris 1871 : les buts et le rôle de l’association ; son organisation, en insistant sur le travail des commissions, ouvertes à tous et permettant de démultiplier l’action. Claudine Rey en vient à la démarche actuellement menée pour que soient réhabilités les communards : la pétition qui le réclame a déjà recueilli 10 000 signatures et elle sera présentée très prochainement au président de la République, au président du Sénat et au président de l’Assemblée nationale. « De même que votre association, Claudine, Sylvie et Jean, oeuvre à donner une meilleure connaissance de Louise Michel et, au-delà de la légende, de sa dimension humaine, de même nous voulons sortir de l’ombre tous ces anonymes, car la spécificité de la Commune, c’est d’avoir entraîné des milliers de communards et de communardes qui ont prouvé que le pouvoir peut, dans la diversité, s’exercer de façon démocratique. »

La journée du 14 sera aussi pluvieuse que celle du 13 avait été ensoleillée. Aussi apprécions- nous la visite de Langres en petit train, commentée par Jacques Matrot, guide professionnel et aussi choriste de l’association hautmarnaise, à l’abri des intempéries. Depuis le
traité de Verdun de 843, Langres n’a jamais cessé d’être une ville frontière : c’est pourquoi elle est ceinte de puissants remparts. Langres est riche en monuments, notamment en hôtels particuliers bâtis entre cour et jardin. Toutes les époques et tous les styles coexistent à Langres, avec une prééminence certaine de la Renaissance.

Abbaye de Auberive

À Auberive, où nous déjeunons au restaurant de l’abbatiale, nous sommes accueillis par Jean-Claude Volot, propriétaire de l’abbaye, qui nous retrace l’histoire des lieux et par sa fille qui évoque plus particulièrement la période où, de même que bien d’autres abbayes devenues biens nationaux après la Révolution, Auberive avait été transformée en prison centrale. Après qu’elle eut été vendue successivement à divers propriétaires, l’État en fait l’acquisition en 1856 pour y aménager une prison de femmes afin de désengorger la centrale de Clairvaux : on renforce les murs d’enceinte ; on aménage l’aile Est en dortoirs et en cellules pour recevoir les détenues ; on construit une chapelle servant aussi de réfectoire.
L’abbaye restera à usage pénitentiaire jusqu’en 1924. Louise Michel y est détenue vingt mois – de décembre 1871 à août 1873 – avant sa déportation en Nouvelle-Calédonie.

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La cour des détenues

Sa conduite exemplaire et son dévouement aux autres frappent les religieuses qui surveillent les détenues. Dans la chapelle, Claudine et Sylvie nous font entendre des extraits de ses lettres et de ses Mémoires. Avec émotion, Annie Gayat lit les noms de plusieurs communardes
détenues avec Louise, dont Nathalie Le Mel. Nous visitons le lavoir, les dortoirs, les cellules, la cour de promenade au centre de laquelle se trouvaient les latrines. Jean-Claude Volot nous montre avant notre départ un très beau manuscrit de Louise Michel qu’il a acquis dans une salle des ventes : un dictionnaire canaque-français.

Le retour en car se fait sous la pluie, mais Françoise Bazire nous donne du baume au cœur en nous présentant son magnifique répertoire de chansons variées et en nous faisant nous aussi chanter : chants communards, chants révolutionnaires, chants tout court. Jean-Michel, notre sympathique chauffeur réunionnais, entonne lui aussi P’tit’ fleur fanée, p’tit’ fleur aimée

Un grand merci à tous ceux qui ont préparé ce voyage parfaitement réussi : l’équipe de l’Association Louise Michel et le groupe des amis de la Commune, Aline Raimbault, Marc Lagana, Françoise Bazire et Yves Lenoir.

GEORGES BEISSON