Montée au Mur 2019

En ce samedi 25 mai, près de 65 organisations, syndicales, associatives, politiques, avaient signé l’appel à la montée au Mur. Dès 14h30, sous un beau soleil, le cortège de plusieurs centaines de personnes se formait à l’entrée du Père-Lachaise pour se rendre, en chansons, devant le Mur.

Ouvrant la commémoration, Françoise Bazire évoque le renouveau de l’intérêt pour la Commune, porté par le contexte social et politique de ce printemps 2019. Elle relate les nombreuses initiatives qui, ici ou là, célèbrent le 148e anniversaire de la Commune, notamment la représentation, le dimanche précédent, de notre pièce de théâtre, devant ce même mur, à l’occasion du « Printemps des cimetières ». Et elle remercie les organisations et les élu.e.s qui se sont associé.e.s à cette commémoration.

Après le dépôt des gerbes par les élu.e.s et les organisations, la parole revient à notre co-président, Joël Ragonneau, qui se demande : « Comment se fait il qu’un évènement qui s’est déroulé il y a près de 150 ans intéresse encore un grand nombre de citoyens de ce pays, d’hommes et de femmes du monde entier ? » C’est que, même si les formes de domination ont changé, il existe de nombreuses analogies entre notre époque et celle qui prévalait à la veille de la Commune. Les réponses apportées par la Commune, sans constituer des recettes toutes faites, restent une source d’inspiration pour les forces démocratiques et progressistes d’aujourd’hui.

Raison de plus, pour notre association, de poursuivre son travail de mémoire et de l’amplifier à l’approche du 150e anniversaire. Joël réitère notamment notre souhait de voir le nom de « Commune de Paris 1871 » attribué à la station Belleville, comme cela avait été approuvé par le Conseil de Paris, et il incite à relancer notre campagne en ce sens.

Il conclut par les mots de Jean Baptiste Clément, dans Le Cri du Peuple du 24 avril 1871 : « Supposons que le peuple soit vaincu, supposons que les bonapartistes et les royalistes rentrent dans Paris en barbotant dans des mares de sang et en piétinant sur des cadavres. Que restera-t-il de la Commune ? Des décrets sur les murs, des affiches que l’on déchirera… Ah, vous vous trompez ! Quand bien même ces décrets n’auraient pas reçu leur pleine exécution, quand bien même vous déchireriez toutes les affiches, quand bien même vous passeriez tous les murs à la chaux, vous ne parviendrez pas à enlever de nos esprits les principes qu’ils ont affirmés, vous n’empêcherez pas que le peuple ait senti la différence entre le gouvernement de Versailles et les membres de la Commune, vous n’empêcherez pas que le peuple ait vu là le salut des travailleurs et l’avenir du monde. »

L’heure était venue de clore cette cérémonie. Mais non sans que la foule ait chanté Le Temps des cerises et l’Internationale, avant de se disperser et, pour certains, d’aller visiter les tombes des communards — Mortier, Clément, Wroblewski, Benoît Malon, Lafargue, Amouroux, etc. — alignées face au Mur.

MICHEL PUZELAT