Plaque honorant les fédérés de la Commune de Paris qui périrent en ces lieux 1871-1872

C’est par la chanson Sur la Commune de Serge Hutgé-Royo, interprétée par une chorale de Poissy, que nous sommes accueillis ce samedi 9 novembre, sur le camp militaire de Satory, devant la plaque honorant les « Fédérés de la Commune de Paris qui périrent en ces lieux au cours des années 1871-1872 ».

Comme tous les ans, les cinq associations à l’origine du rassemblement – Association du mur des Fédérés de Versailles-Satory, Libre Pensée des Yvelines, Ligue des Droits de l’Homme des Yvelines, Association Républicaine des Anciens Combattants, et Amies et Amis de la Commune – avaient convoqué leurs adhérents.

La météo clémente nous permet d’exposer quatre panneaux sur la Commune prêtés pour l’occasion par notre association. Devant une quarantaine de personnes présentes, les discours des intervenants sont accompagnés de chansons : La Chanson de Craonne, Le Temps des Cerises, Le Déserteur, La Rue des Lilas, Sur la Commune, L’Internationale...

Notre association rappelle en préambule qu’en l’absence d’entretien du site par la ville de Versailles, sa préservation se trouve menacée et rend indispensable de prévenir les autorités en charge du site. La libération prochaine, par l’armée, d’une partie de ses terrains, suscite des appétits immobiliers susceptibles de menacer la pérennité du mur. Il y a donc lieu de faire classer le dernier tumulus présent.

Satory, plaque du Mur dit des Fédérés de Satory

S’ensuivent les prises de parole d’Henri Pouillot pour l’ARAC, de Pierre Dejean pour la LDH, de Denis Langlet, président du groupe Pelloutier de la Libre Pensée, de Gérard Reix, secrétaire de la Libre Pensée, de Serge Defrance, président des Amis du mur des Fédérés de Satory, de Solange Hérvé-Branki, petite fille d’un fusillé de 14-18, et de Christiane Lasalle, institutrice syndicaliste.

Notre association, à son tour, rappelle que notre présence sur ce lieu d’internement et d’exécutions sommaires de communards ne doit rien au hasard et que la date choisie pour cette commémoration rappelle, à deux jours près, la fin de la première boucherie mondiale, chef d’œuvre des puissances d’argent et des Industriels.

Plus près de nous, nous constatons le démantèlement par le gouvernement des acquis sociaux et des services publics, l’augmentation de la précarité des plus démunis, menaçant le pacte d’égalité, de tolérance, de vivre ensemble et, à terme, la paix civile, avec des conséquences imprévisibles pour notre société.

Cette pression de l’ultralibéralisme mondialisé, au bénéfice d’une infime élite, produit dans beaucoup de pays les mêmes effets délétères. La montée des inégalités génère de nombreux mouvements sociaux, ici et ailleurs, réprimés partout avec une violence disproportionnée, dénoncée par les Nations Unies.

Dans ce contexte d’injustice sociale, comment ne pas se souvenir que cette situation n’est pas une fatalité et qu’en d’autres temps le peuple prenait son destin en main, grâce à la première révolution ouvrière.

Ce gouvernement démocratique fut la Commune de Paris, dont l’audace sera chèrement payée. Son héritage et sa résonance restent immenses auprès de tous les mouvements progressistes. Cette expérience de 72 jours est un exemple rare de démocratie directe. Sans chercher dans son œuvre des recettes toutes prêtes, ce précédent rend possible la reconquête, la réconciliation des peuples dans la justice sociale.

Aujourd’hui, c’est à cette mémoire que nous rendons hommage devant ce mur, comme à toutes les victimes de guerres et aux fusillés pour l’exemple de 14-18.

Vive la Commune !

CHARLES FERNANDEZ

Commission Patrimoine : Sylvie Pépino et Charles Fernandez