Le 27 octobre, en compagnie de Jean- Pierre Theurier, j’ai eu la chance de pouvoir rencontrer Danielle Duizabo qui nous avait conviés dans la maison de retraite « La Providence », située rue des Martyrs, où elle réside.

Ce fut l’occasion d’échanger avec elle au sujet de son arrière-grand-tante Alix Payen, ambulancière sous la Commune de Paris, qui s’engagea du côté des Fédérés en compagnie de son mari Henri Payen, décédé à la suite de graves blessures le 30 mai 1871, et de son frère Paul Milliet.
Nous devons déjà à Michèle Audin, dont la disparition a endeuillé notre association, une étude approfondie et détaillée sur Alix Payen C’est la nuit surtout que le combat devient furieux (Éd. Libertalia, 2020, 128 p.). Cet ouvrage est un témoignage précieux de la vie quotidienne durant les combats. On peut y lire la correspondance quasi journalière d’Alix avec ses parents durant la défense des forts de l’ouest parisien (Issy, Vanves, Neuilly, Levallois).
Alix Payen, née Milliet voit le jour dans une famille aisée et progressiste issue de la bourgeoisie où se transmettent des valeurs humanistes : l’éducation artistique et scientifique y occupe une place prépondérante. On trouve beaucoup de peintres ou de médecins dans leur généalogie. Citons par exemple Maurice Caullery, pasteurien convaincu, co-fondateur des Presses Universitaires de France (P.U.F.) et auteur du premier numéro de la collection « Que sais-je ? », ou Louise, la sœur d’Alix, grande portraitiste.
Le livre de Paul Milliet, tiré à compte d’auteur, Une famille de républicains fouriéristes : les Milliet (2 tomes) et les conférences de Danielle Duizabo « Louise et Alix Milliet, deux colones engagées » (pdf), Danielle Duizabo (2012), pourront apporter un éclairage supplémentaire sur ce point.
À la suite d’un pamphlet contre Napoléon III, les parents d’Alix furent contraints de s’exiler à Samoëns après la révolution de 1848. À leur retour en France après 1850, ils décidèrent de s’installer au Phalanstère de Condé-sur-Vesgres fondé par des proches de Charles Fourier dans les années 1833.
Le Phalanstère rebaptisé « La Colonie », le dernier sur le territoire français, fut le refuge d’Alix et de son frère Paul le 31 mai 1871. Ce lieu abrite aujourd’hui une bibliothèque contenant notamment la correspondance d’Alix Payen (pendant et après la Commune) et des ouvrages fouriéristes.
Les sépultures d’Alix (1842-1933) et Paul (1844-1918) sont au cimetière Montparnasse, à proximité immédiate de l’obélisque surmontant la fosse commune des communards. Elles sont intégrées dans le parcours communard ainsi que dans l’application pour smartphone réalisée par notre association.
Nous tenons à remercier chaleureusement Danielle Duizabo pour son accueil et la richesse des informations qu’elle nous a données avec générosité et précision ainsi que son fils Olivier pour les sources complémentaires.
AUDREY PAYELLE

Sources :
Louise et Alix Milliet, deux colones engagées (pdf), Danielle Duizabo (2012)
http://lionel.mesnard.free.fr/Ressources/Milliet-docus/Louise-et-Alix-Milliet.pdf
Site de Lionel Mesnard :
http://lionel.mesnard.free.fr/Commune-de-Paris-Les-Milliet-01.html







