Le dernier numéro de la revue Histoires Littéraires (11, juillet-août-septembre 2002), contient une étude pleine d’intérêt sur la vie et l’œuvre d’Hector France, due à la plume de M. René Fayt, bibliothécaire à l’université libre de Bruxelles, étude qui ne saurait laisser indifférents les Amis de la Commune.

Hector France (1837-1908), gravure d'après photo dans Figures contemporaines Album Mariani tome VII, 1902. Graveur P. Leyat.

Les Hommes D'aujourd'hui N°77 - HECTOR France (1837-1908) - Caricature Par Andre Gill,  1880.Né à Mirecourt en 1840, d’une famille de militaires, il suivit d’abord cette voie et se retrouva au Troisième régiment de spahis en Algérie. Il assiste à la débâcle de 1870, participe à la défense de Paris et rallie la Commune. Il est de plusieurs combats et défend la caserne Lobau dont il a été nommé commandant. Il se replie ensuite vers la Bastille, échappe aux fusillades, parvient à franchir le blocus de Paris et aboutit à Bruxelles puis à Londres.

Condamné par contumace à la déportation en 1872, il bénéficia de l’amnistie de 1879, mais continua de séjourner à l’étranger.

Comme beaucoup d’autres proscrits, il exerça pour vivre toute sorte de métiers, professeur de langues, maître d’armes, acteur, etc. et finit par entreprendre sa seconde carrière, celle d’homme de lettres. Il fonda L’Avenir, et se fit connaître par des romans : Le roman du curé (1877), L’homme qui tue ! (1878), Sous le burnous (1886), ces deux derniers inspirés de son séjour en Algérie, etc. D’emblée, il se range dans la phalange des auteurs contestataires, libertaires, anti-militaristes, anti-colonialistes et anti-cléricaux.

Roman d'une jeune fille pauvre par Hector France (1896)        Les mystères du monde par Hector France (1899-1900)

On lui devra aussi des romans populaires illustrés comme La vierge russe (1893) ou le Roman d’une jeune fille pauvre (1896) et surtout, à l’instigation de l’éditeur Maurice Lachâtre (dont il faudra bien parler aussi un jour) une suite aux Mystères du peuple d’Eugène Sue : Les mystères du monde (1899-1900). Sans parler d’un Dictionnaire de la langue verte (1907). Il exerça aussi une activité de traducteur et collabora avec le sulfureux éditeur du second rayon Carrington.

Une existence bien remplie qui s’acheva le 18 août 1908 à Rueil.

Daniel Zinszner