Peu de temps après la proclamation de la République, les moyens de l'internationale (section du Panthéon), réunis le 16 septembre 1870 à la salle de la rue d'Arras n° 3, ont émis le vœu d'une souscription populaire pour offrir un canon à la future Commune de Paris ; ils ont également émis le vœu que le canon offert par la rédaction du « Combat » soit destiné à la future Commune et non au ministre actuel.

La section du Panthéon, la plus active de la rive gauche, gagnée à la tactique blanquiste, veut accomplir la révolution patriote et sociale qui chassera le gouvernement provisoire, incapable. Les membres de la section se réunissent le jeudi 13 octobre 1870 pour procéder à sa réorganisation. Le citoyen Antoine Rocher publiciste, ancien employé de la Cie des Chemins de Fer de Lyon, reçoit les souscripteurs soit chez lui, rue Racine n° 18, soit aux réunions de la rue Lhomond.

Premier congrès de l'Association internationale des Travailleurs, auteur inconnu - Source WikiCommonsRocher est également l'organisateur de la « Légion garibaldienne de Paris » dont le programme vise à la réalisation de la République universelle, démocratique et sociale.
Les légionnaires, tous travailleurs, ne reconnaissent d'autre gouvernement que le gouvernement du Peuple par lui-même et par ses mandataires, révocables au gré des électeurs ; ils s'engagent :

1e) à ne jamais accepter un gouvernement théocratique, monarchique, oligarchique ou dictatorial militaire
2e) à ne porter les armes que contre les ennemis de la République universelle démocratique et sociale
3e) à la défendre résolument au prix de leur vie contre quiconque oserait s'opposer à son avènement
4e) à ne jamais se laisser désarmer.

Le secrétaire : Rocher (1).

L'affiche rouge du 6 janvier 1871, qui proclame Place au Peuple ! Place à la Commune !, marque la radicalisation du Comité central républicain des 20 arrondissements de Paris. Il faut y voir l'influence déterminante exercée par ceux de ses membres appartenant aux sections de l'Internationale du Panthéon, de la Sociale des Écoles et des Gobelins. La preuve en est apportée par l’historien Jacques Rougerie, qui fait remarquer que la fameuse affiche a été composée 3 rue d'Arras, siège des sections de I'Internationale du Panthéon et de la Sociale des Écoles.

Au début de mars 1871, les membres du Club républicain démocratique et socialiste du XIIIe arrondissement, affilié à l'internationale depuis le 25 novembre 1870, et les membres de la Légion garibaldienne se reconstituent en section de la Glacière. Ensuite, les sections de l'internationale du Ve et du XIIIe fusionnent sous le nom de « Section du Panthéon et du XIIIe réunies ».

Carte postale Paris sous la Commune 1871 n° 110 - Le drapeau rouge placé sur le Panthéon, 31 mars 1871. AJH

À l'aube de la Commune, l'action politique de la rive gauche reste marquée par la forte personnalité d’Émile Duval, militant de la Chambre syndicale des mécaniciens. Internationaliste et blanquiste, il est l'animateur du Club républicain, démocratique et socialiste du XIIIe arrondissement (190 avenue de Choisy). Devenu chef de la 13e Légion, il sera fusillé, sans jugement, lors de la malheureuse sortie du 3 avril 1871. Sa disparition fut une perte considérable pour le mouvement ouvrier en général, et pour la Commune en particulier.
Après la défaite, malgré la répression, la section du Panthéon reprend clandestinement son activité. Le responsable du 1er Bureau de la Préfecture de Police écrit, le 20 octobre 1871 :

 « On m'informe que la section du Panthéon de la Société internationale tenterait de se reconstituer. On percevrait les cotisations mensuelles, et on m'assure que ces cotisations s'élèvent à la somme de 48 francs pour le mois de septembre. »
(La loi Dufaure, du 14 mars 1872, interdira toute affiliation à l'internationale),

Marcel Cerf

(1) Antoine Rocher étant envoyé en mission par l’internationale à Lyon, le secrétariat de la section du Panthéon sera assuré par le tailleur Tardif dont la femme dirige un comité de républicaines laïques et socialiste du XIIIe