Peter Watkins occupe une place particulière dans l’histoire des Amies et Amis de la Commune de Paris 1871. Cinéaste à part, il tenta au long de son oeuvre d’articuler fiction et engagement. Par l’image et le son, il bousculait ce « monoformisme » de l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel.

Une approche au coeur de son film, le plus abouti peut-être, La Commune (Paris, 1871), dans lequel des journalistes du XXe siècle, d’un improbable journal télévisé « national » des versaillais tentent de répondre aux reportages bricolés des journalistes de la télévision « communale » — un anachronisme percutant pour embrasser la révolution à nulle autre pareille. Fresque de près de six heures, La Commune (Paris 1871) fut réalisée pour Arte en 1999 avant de sortir en salles en 2000. En longs plans séquences, au plus près des visages et des costumes, Peter Watkins cherche à nous installer dans la Commune, malgré un décor allusif, et un refus de toute « reconstitution ». Le film fut tourné en banlieue parisienne, à Montreuil, dans le hangar d’une compagnie théâtrale. Les Amis de la Commune prirent part au tournage, comme conseiller·e·s et figurant·e·s.
Nous nous associons à la famille de Peter Watkins qui a annoncé son décès le 31 octobre 2025 à l’hôpital de Bourganeuf, près de Felletin dans la Creuse, avec ces quelques lignes qui rappellent un cinéaste unique, engagé, auteur, entre autres, de La Bataille de Culloden, La Bombe, Privilège, Les Gladiateurs, Punishment Park, Edvard Munch, la Danse de la Vie, Le Voyage, Le Libre Penseur et La Commune (Paris, 1871), et auteur du livre The Media Crisis sur le rôle accablant des mass médias audiovisuels dans les catastrophes sociales, politiques et écologiques actuelles. Penseur du concept novateur de « la monoforme » imposée par les médias dominants, dénonçant l’absence de pensée critique dans les milieux éducatifs, lanceur d’alerte sur la course à l’armement nucléaire et les mécanismes répressifs de contrôle, il n’a eu de cesse de repousser les frontières entre documentaire et fiction. Peter Watkins a mené jusqu’au bout un combat intransigeant et sans concessions. Il a vécu, tout au long de sa vie, la censure et l’exil.
Salut l’artiste
SYLVIE BRAIBANT







