Extraits de la prise de parole de Marc Forestier qui représentait notre association.

« L’association des Amies et Amis de la Commune de Paris de Paris 1871 remercie l’Association du Mur des Fédérés de Satory pour cette commémoration annuelle devant la plaque du Mur des Fédérés de Versailles-Satory.

Le 25 novembre 2025 à Satory
Le 25 novembre 2025 à Satory

 

Il est important de faire vivre la mémoire des communards méconnus, voire inconnus alors que nous célébrons cette année le 154e anniversaire de la Commune dont les 72 jours ont ouvert la voie vers un monde meilleur : la République sociale du droit du travail, la démocratie directe et le contrôle des élus, l’égalité des femmes et des hommes, la laïcisation de toutes les écoles publiques, la généralisation de l’école gratuite et obligatoire pour les filles comme pour les garçons.

Du 21 au 28 mai, les troupes versaillaises investissent Paris. Les combats font rage pendant la Semaine sanglante. Les insurgés paieront leur rêve d’une répression féroce, touchant femmes, hommes et enfants, qui fera des milliers de morts.

Les prisonniers furent en majorité dirigés vers Versailles, enfermés à l’Orangerie, aux Petites Écuries ou parqués ici au camp de Satory ! Beaucoup y moururent de maladie et de leurs blessures, inhumés sur place entre les étangs de la Martinière et ce mur appelé depuis Mur des Fédérés. Vingt-trois furent fusillés ici entre le 28 novembre 1871 et le 22 janvier 1873, après un simulacre de jugement rendu par des conseils de guerre.

Parmi eux, neuf sont fusillés pour complicité d’assassinat, cinq pour complicité d’assassinat rue Haxo et dans l’affaire des Dominicains d’Arcueil. Ils sont fusillés pour avoir revêtu un uniforme, pour des menaces de mort, ou pour port d’arme apparent lors de l’insurrection. Ou encore, comme ce pauvre Pierre Bourgeois qui est exécuté à l’âge de 23 ans, pour motif de voies de fait envers son supérieur en l’outrageant par paroles. Ces conseils de guerre laissent transparaître une justice de classe.

En apparence, la Commune était morte, mais la braise demeura sous les cendres. Aujourd’hui, la Commune symbolise pour beaucoup les luttes pour la liberté et le progrès social. Nous vivons l’un de ces moments d’histoire lourds de dangers, dans un monde dominé par la dictature de l’argent et la course aux armements. Les inégalités se creusent entre nantis et des millions de citoyens frappés par le chômage, les emplois précaires et sous-rémunérés. Des hommes et des femmes se retrouvent sans ressources, sans logement, sans papiers, les jeunes désespèrent de l’avenir, les immigrés sont stigmatisés et expulsés. Cette situation favorise toutes les dérives qui tendent vers l’extrême-droite.

Au printemps 1871, les immigrés venaient de l’Europe. La Commune leur confia de hautes responsabilités : des généraux polonais commandaient aux barricades, un ouvrier hongrois réorganisait le travail, une aristocrate russe embarquait les femmes de Paris pour un projet d’organisation émancipateur. Paris comptait 120 000 étrangers : Polonais, Belges, Suisses, Luxembourgeois, Allemands, Italiens, et parmi eux 2 000 rejoignent la Commune et la Garde Nationale, 1 700 seront arrêtés.

Ce qui nous manque, qui était porté par les communardes et les communards et fit accélérer le monde : le rêve et l’utopie.

Vive la Commune ! Que la Commune de Paris soit un passé plein d’avenir ! »

Plaque à Satory

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