Le samedi 25 mai, plus de 1500 personnes sont venues rendre hommage à la Commune, aux  communards et communardes qui ont défendu leurs idéaux jusqu’au sacrifice de leur vie.
Après avoir lancé notre campagne de pétition pour la réhabilitation de la Commune, nous avons multiplié les démarches auprès des mairies, des ministères, des institutions pour obtenir la pose de plaques ; nous avons eu des résultats, mais il y a encore beaucoup à faire et nous continuerons inlassablement pour obtenir satisfaction. Les fiches pédagogiques du ministère de l’Education nationale ont été modifiées, mais il n’y a pas encore de décret pour modifier les programmes.

Joël Ragonneau, co-président de l’association, nous a rappelé que pour apprécier pleinement l’oeuvre de la Commune, il fallait tenir compte des conditions historiques. La Commune est la seule véritable démocratie ayant existé. Si elle dut songer avant tout à se défendre, malgré des circonstances très défavorables et malgré sa courte existence, la Commune réussit à adopter des mesures d’avant-garde dans tous les domaines.

Le 3 avril, c’est le décret de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, 34 ans avant avant la loi de 1905 ; l’instauration de l’école laïque gratuite et obligatoire et la création d’un enseignement professionnel pour tous, filles et garçons.
Aujourd’hui, le combat continue pour le service public, la laïcité et le savoir.

De nombreux étrangers participèrent à la Commune, travailleurs immigrés, révolutionnaires qui cherchaient asile dans le pays incarnant les droits de l’homme. Fait unique dans l’histoire, plusieurs étrangers occupent une place dirigeante. Léo Fränkel, hongrois, ouvrier bijoutier, sera nommé ministre du Travail ; Dombrowski et Wrobleski, généraux polonais, assurent des commandements militaires ; Elisabeth Dmitrieff dirige avec Nathalie Le Mel l’Union des femmes. Les étrangers sont reconnus citoyens à part entière. De nos jours, des hommes, des femmes et même des enfants sont incarcérés avant d’être expulsés.

Parmi les mesures prises, figurent l’égalité des salaires entre instituteurs et institutrices, la lutte contre le chômage, la réquisition des ateliers abandonnés par les patrons (les « francs-fileurs  »), la reconnaissance de l’union libre.

Les femmes, si elles n’avaient pas le droit de vote, ont participé activement à la Commune. Elles ont organisé les ateliers et donné du travail aux femmes. Elles n’ont pas hésité à se battre sur les barricades.

Tous ces mesures prises par la Commune sont d’une grande actualité. Le plus grand hommage que nous pouvons lui rendre est de mettre en application ce qu’elle a été capable de mettre en place en 72 jours. 

VIVE LA COMMUNE !

FRANÇOISE BAZIRE

TEMOIGNAGE

"Le vent de la justice, de la liberté et de la fraternité souffle toujours au Père-Lachaise"

 

Participer, pour la seconde fois, à cette montée au Mur, n’avait rien de banal pour moi : d’une part, le plaisir de retrouver et de partager ce moment avec tous les amis connus ; de l’autre, accompagner un de nos nouveaux adhérents de « l’association des amis de la Commune de Paris 1871 des Pays de la Loire », fier d’être le digne descendant d’un fédéré : Onésime Prudent Dervillers dont la tombe est quasiment face au Mur des Fédérés dans la même rangée que celle de Jean-Baptiste Clément.
Sur ce jardin-cimetière du Père-Lachaise ne plane-t-il pas les ombres de ces communards qui se sont battus jusqu’au dernier ? Le vent de liberté, de justice et de fraternité souffle toujours grâce aux chants entonnés.
« Debout… debout... ». À votre tour tremblez, versaillais, tremblez, les ennemis du peuple.
Notre association des Pays de la Loire, encore bien modeste, creuse son sillon petit à petit. Notre espoir grandit avec la rencontre de nouveaux amis au gré de nos animations, de nos actions. Des publics progressistes restent à conquérir, mais également des jeunes, des scolaires.

Samedi 25 mai 2013, nous sommes allés à la rencontre de celles et de ceux qui tenaient à lutter pour un monde de justice, pour un monde de liberté et pour un monde de fraternité.
Serions-nous utopiques, serions-nous irréalistes au point que cela ne serait pas possible ?
En 1871, comme aujourd’hui, devrions-nous nous serrer la ceinture, alors qu’une minorité argentée n’a pas de pudeur à exiger les suprêmes sacrifices pour la majorité. Plus que jamais, nous sommes armés de nos convictions, prêts à ferrailler avec les versaillais et les Adolphe Thiers d’aujourd’hui.
Cette montée au Mur n’est pas qu’un symbole. Elle reste et demeure toujours un espoir à réaliser : Une véritable démocratie portée par et pour le peuple. Des étrangers qui ont toute leur place à prendre dans une société humaine prête à les accueillir, et non à les rejeter au-delà de nos frontières. N’est-ce pas un communard, simple fédéré de surcroît, et géographe de renommée internationale, Elisée Reclus, qui
montrait le côté factice de nos frontières, de toutes les frontières, sans nier les particularités de chaque peuple.
De véritables services publics au service du peuple, au service de tous et non des trusts qui n’arrêtent pas de gaver leurs actionnaires.
Assurer à nos mères, à nos femmes, à nos compagnes, à nos sœurs, à nos filles et petites-filles, la place qui leur revient et non des strapontins pour faire joli dans le décor.
A quel moment retrouverons-nous une véritable laïcité à l’école, l’accès à la culture pour tous et à tous les âges, non élitiste, l’accès au travail non contraignant, non avilissant et au profit de tous, et non au seul profit marchand ?

RÉMY BARBIER