« La séparation de l’Église…de l’État et de l’École : de la Révolution Françaiseà la IIIe République en passant par la Commune de Paris 1871 ».

Pour le 120e anniversaire de la loi de séparation du 9 décembre 1905, nous avons organisé le 14 novembre à Allonnes une conférence en partenariat avec nos amis de la SARF (Société des Amis de la Révolution française-Club René Levasseur de la Sarthe) et de la Fédération sarthoise de la Libre Pensée, en présence de 45 participants.

C’est ainsi que successivement les présidents de ces trois organisations ont présenté l’évolution des rapports entre l’Église et l’État en France.

Conférence à Allonnes sur la laïcité le 14 novembre 2026

Daniel Jouteux, pour la SARF, a mentionné que dès le début de la révolution, en août 1789, l’Assemblée constituante a posé les principes de la liberté de conscience et de la liberté d’opinion : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, mêmes religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi » (article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen). Suivirent un certain nombre de dispositions relatives aux cultes pour aboutir à la constitution de l’an III du 5 fructidor (22 août 1795) qui garantit la liberté des cultes et la séparation des Églises et de l’État. Première séparation qui prit fin en 1801 avec le Concordat conclu entre le pape et Napoléon.

Gérard Désiles, pour les Amies et Amis de la Commune, rappela (affiche du 3 avril à l’appui) que, soixante-seize ans après, dès le 2 avril, la Commune de Paris réanima la flamme de la laïcité en proclamant la séparation de l’Église et de l’État. Ce qui mettait fin à la mainmise insolente et insoutenable de l’Église sur la société, à l’image de la loi Falloux votée en 1850. Puis, toujours avec la projection des affiches de l’époque, il démontra comment plusieurs municipalités d’arrondissement appliquèrent effectivement sur le terrain cette mesure d’instauration de l’école publique, laïque et gratuite pour tous les enfants du peuple sans discrimination, citant en particulier un paragraphe d’une affiche du IVe arrondissement qui exprime les principes sur lesquels repose l’école laïque.

Enfin Hansi Brémond pour la Libre Pensée fit référence aux lois scolaires de la IIIe République (lois Ferry de 1881, 1882 et Goblet 1886) et aux débats longs et intenses précédant l’adoption de la loi du 9 décembre 1905. Il fit remarquer :

- que le Concordat est toujours en vigueur en Alsace-Moselle, jamais abrogé par les gouvernements successifs quelle que soit leur couleur politique.

- que l’arsenal laïque a été progressivement affaibli par toute une série de lois favorisant le financement public de l’enseignement privé catholique. Ainsi la loi Debré de 1959 reconnaît à l’enseignement privé une mission de service public.

Guy Blondeau qui présidait la séance a ensuite animé les échanges avec les participants.

Nous avons eu un excellent retour des présents qui ont pu apprécier, entre révolution et contre-révolution, l’enjeu de cette question essentielle qu’est la laïcité, aussi garante de la démocratie, souvent remise en question, que ce soit par la loi Debré, mère de toutes les lois qui ont suivi, à la loi récente sur le « séparatisme ».

En conclusion, les participants furent invités à participer au meeting laïque unitaire du 6 décembre 2025 à Paris, à l’appel d’une trentaine d’organisations dont l’Association des Amies et amis de la Commune.

GÉRARD DÉSILES

Dernières publications sur le site