Le 25 septembre 2012, nous avons été reçus par les représentants du cabinet du ministre de l’Education nationale afin d’envisager les possibilités de faire apprendre en classe la Commune de Paris.

C’était une demande formulée auprès du ministre Vincent Peillon, rencontré lors d’une commémoration le 28 mai, devant la plaque de la barricade de la rue de la Fontaine au roi (XIe).


Le chef de cabinet que nous avions rencontré précédemment, lors de cette commémoration, ayant eu un empêchement de dernière minute, c’est Monsieur Jean-Yves Daniel, membre du cabinet qui l’a remplacé, accompagné de Monsieur Laurent Wirth, doyen du groupe Histoire de l’Inspection générale de l’Education nationale. Ce dernier était bien au courant des buts de notre visite.

Nous avons rappelé qu’il était souhaitable de mettre la Commune au programme scolaire et de permettre aux enseignants d’accéder à une parfaite connaissance de ce moment de l’histoire.
Pour cela des moyens sont nécessaires. Stages de formation, valise pédagogique, informations dans les classes, projections de films, etc, toutes choses auxquelles nous pouvions contribuer. Nous avons souligné l’insuffisance du programme d’histoire de 4e où la Commune n’est évoquée que dans la partie «  Démarche  », sans que sa spécificité soit établie, et l’incohérence des programmes d’histoire de 1ère qui gomment justement le Second Empire et la Commune. En premier lieu, nous trouvions pour notre part nécessaire de revoir ce trou noir situé entre deux années scolaires. Ce point semble pouvoir être débattu.

Monsieur Wirth nous a donné quelques précisions sur les décisions qu’il est possible de prendre, dans l’immédiat, avec l’accord du cabinet.
Il nous a été rappelé que des fiches informatiques développant les programmes sont disponibles pour les enseignants leur recommandant de parler de 1830, 1848 et de la Commune comme modèles de révolution parisienne en classe de 4e.
Nous avons réclamé et obtenu que sur ces fiches la Révolution du printemps 1871 soit nommément désignée avec plus qu’une recommandation, et que les grands traits de la Commune y soient présentés.
Par contre, il nous a été refusé de réintroduire la Commune dans la partie «  Événements », ce qui supposerait une modification des programmes.
Pour le programme de 1ère, il nous a été proposé que dans les fiches informatiques soit rappelée la place de la Commune dans la construction de la République qui ne commence pas en 1880.
Le cabinet a proposé, ce que nous avons bien évidemment accepté, de noter sur les fiches aux enseignants le lien de notre site pour leur permettre d’y accéder plus facilement.

Une demi-heure de rencontre en direct qui nous a semblé être partie prenante de la consultation que le ministère voulait très large sur internet.
La bataille continue pour vérifier que ces quelques acquis sont bien réels et pour obtenir ce qui nous tient le plus à cœur, une large prise en compte par les manuels scolaires et les programmes de la Commune de Paris.

Cette prise de pouvoir du peuple par le peuple a consolidé la République, mis en avant la laïcité, et jeté les prémices de bien des revendications encore à l’ordre du jour (droit au travail, au logement, égalité, droit des étrangers…). Plus largement, elle a été et reste l’inspiratrice de mouvements de libération des peuples. En cela elle mérite bien d’être présente dans l’enseignement de la République comme une partie phare de notre histoire.

CLAUDINE REY, JEAN-LOUIS ROBERT ET FRANÇOISE BAZIRE