La Commune de Paris 1871.

Bibliographie non exhaustive de cette petite chronique :

- En premier lieu, le site de Amies et Amis de la Commune de Paris 1871:        https://www.commune1871.org/

- Les nombreuses brochures thématiques de l'association, ses publications, telles : 

Le petit dictionnaire des femmes de la Commune de Claudine Rey, Annie Gayat et Sylvie Pepino.

Sur les traces des communards , Jean Braire

- Le blog du Michèle Audin : https://macommunedeparis.com/

- Le journal officiel de la Commune de Paris. :

Éd. du matin : https://archivesautonomies.org/spip.php?article1675

Éd. Du soir : https://archivesautonomies.org/spip.php?article1663

- Le site de Raspouteam : https://raspou.team/1871/

- Prosper-Olivier Lissagaray , Histoire de la Commune de 1871,

- Maxime Vuillaume , Mes cahiers rouges – Souvenirs de la Commune ,

- Élie Reclus, La Commune de Paris au jour le jour

Et puis :

Pour des affiches : https://placard.ficedl.info/

Et

-https://www.cairn.info/revue-cahiers-bruxellois-2018-1-page-175.htm#

-http://butte.cailles.free.fr/page_2_1.htm

-https://augustinmassin.blogspot.com/2018/05/21-mai-28-mai-1871-la-semaine-sanglante.html

-https://www.clionautes.org/les-femmes-durant-la-commune-de-paris-1871.html

Cette chronique quotidienne prend fin aujourd'hui.

Conservez, toutes et tous, une bonne santé   et…

                

La Commune de Paris 1871.

Avant toute réaction ou analyse de la Commune de Paris, laissons la parole à Jean Baptiste Clément (auteur de :  "le temps des cerises"). Deux mois avant la semaine sanglante, il écrivait dans « Le cri du peuple » du 24 avril 1871, c’est-à-dire un mois avant la semaine sanglante. 

Proclamation de la Commune à l'Hôtel de Ville de Paris le 26 mars 1871

« …supposons que le peuple soit vaincu, supposons que les bonapartistes et les royalistes rentrent dans Paris en barbotant dans des mares de sang et en piétinant sur des cadavres.

Que restera-t-il de la Commune ? Des décrets sur les murs, des affiches qu’on déchirera, répondent ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.

Ah ! vous vous trompez ! Quand bien même ces décrets n’auraient pas reçu leur pleine exécution, quand bien même vous déchireriez toutes les affiches, quand bien même vous passeriez tous les murs à la chaux, vous ne parviendrez pas à enlever de nos esprits les principes qu’ils ont affirmés, vous n’empêcherez pas que le peuple ait senti la différence qu’il y a entre les gouvernements de Versailles et les membres de la Commune, vous n’empêcherez pas que le peuple ait vu là le salut des travailleurs et l’avenir du monde >>.

                   VIVE LA COMMUNE !

vivelacommune

Demain, la chronique continue

Le 29 mai 1871 :

 Les combats ont cessé à Paris, mais le 29 mai, c'est la reddition du Fort de Vincennes qui était aux mains des communards mais qui n’avait pas participé à la guerre civile. Neuf officiers sont fusillés dans les fossés du Fort.

Exécution sommaire dans les jardins du Luxembourg pendant la Commune de Paris, tirée du magazine "l'Illustration", mai 1871

Lissagaray écrit : La lutte terminée, l'armée se transforma en un vaste peloton d'exécution. [ ] Monsieur Thiers laissa carte blanche à l'armée, il était « pour la plus grande rigueur », afin de pouvoir dire sa parole célèbre : « Le socialisme est fini pour longtemps ».

Avec ou sans jugements, les personnes étaient livrées aux exécuteurs.

Exécution en masse des communards capturés dans les cours de la caserne Lobau près de l'Hôtel de Ville - Gravure de Frédéric Lix pour L'Illustration du 10 juin 1871 - Bibliothèque historique de la Ville de Paris.

Les pelotons d'exécution fonctionnent par fournées entières, on tue au fusil chassepot, à la mitrailleuse pour aller plus vite, on massacre ainsi square Montholon, au parc Monceau, à l'École militaire, au cimetière du Montparnasse et en particulier à la caserne Lobau. On tue aussi devant la porte des maison, dans les cours.

Les cadavres sont enterrés dans de gigantesques fosses communes, jetés dans des puits, entassés dans des carrières souterraines (Montmartre par exemple), jetés au fond de la pièce d'eau des Buttes-Chaumont (en oubliant qu'un corps en décomposition remonte plus tard à la surface : 400 corps qu'il a fallu repêcher puis brûler).

On peut estimer le nombre d'hommes, de femmes et d’enfants qui furent massacrés au cours des combats ou sur l’ordre des cours martiales à près de 30.000 victimes.
À Versailles, on a entassé environ 38.000 prisonniers. D'autres sont envoyés dans des forts et sur des pontons où beaucoup mourront.

 Pour juger les vaincus de la Commune, quatre conseils de guerre vont fonctionner jusqu'en 1874. On compte10.042 condamnations et 3761 condamnations par contumace. 7500 seront déportés en Nouvelle-Calédonie ou en Guyane. D’autres réussirent à gagner la Belgique, la Suisse et l’Angleterre. L’amnistie, votée en 1880, ramènera en France les derniers survivants.

Demain, la chronique continue

Le 28 mai 1871 :

Au petit jour, Vinoy et Ladmirault lancent leurs troupes le long des remparts sur la route stratégique restée sans défense.

Vers neuf heures du matin, une colonne versaillaise partie du boulevard Philippe-Auguste.

28 mai 1871, dernier jour de la Semaine sanglante

À dix heures, la résistance est réduite au petit carré que forment les rues du faubourg du Temple, des Trois-Bornes, des Trois-Couronnes et le boulevard de Belleville. Deux ou trois rues du XXe se débattent encore, entre autres la rue Ramponneau. Varlin, Ferré et Gambon ceints de l’écharpe rouge, se replie vers le XIème ; ils prennent position derrière les barricades.

À onze heures, les fédérés n’ont presque plus de canons, les deux tiers de l’armée les entourent. Rue du Faubourg-du-Temple, rue Oberkampf, rue Saint-Maur, rue Parmentier,

à midi, le dernier coup de canon fédéré part de la rue de Paris que les Versaillais ont prise.

Dernière barricade prise le 28 mai 1871 d’après un dessin de Robida “La dernière barricade des journées de mai est rue Ramponneau. Pendant un quart d’heure, un seul fédéré la défend. Trois fois il casse la hampe du drapeau versaillais arboré sur la barricade de la rue de Paris. Pour prix de son courage, le dernier soldat de la Commune réussit à s’échapper.” Lissagaray

La dernière barricade des journées de Mai est rue Ramponneau. Pendant un quart d’heure, un seul fédéré la défend.

À une heure, tout était fini.

L'EXÉCUTION DE VARLIN. LUCE Maximilien (1858 - 1941)

Dans l'après-midi, Varlin, relieur, très tôt militant actif de l'A.I.T., nommé à la commission des finances, présent sur les barricades du début à la fin ; est épuisé, assis sur banc, au pied de la butte Montmartre, il est reconnu par un prêtre qui part aussitôt alerter un officier. Arrêté, l'officier le traîne par les rues de Montmartre. Une foule de soldats versaillais et de partisans de l'ordre, lynche cet homme courageux qui avait risqué sa vie pour sauver celle des otages de la rue Haxo. Arrivé là où avaient été fusillés les généraux Lecomte et Thomas le 18 mars, Varlin ne peut se tenir debout, défiguré, un œil énuclée, il est fusillé assis devant une foule haineuse. Ainsi, ce jour-là, la Commune s'achève avec la mort de l'une de ses plus belles figures.

Le 27 mai 1871 :

Tôt le matin, des éléments du 209e et 191e résistent encore Faubourg du Temple.

Les versaillais attaquent les positions de la rue de Crimée et de la rue Puebla où la barricade tombe à 10 heures.

Ranvier tient encore les Buttes-Chaumont qui vont tomber vers 18 heures.

27 mai 1871 derniers combats de la Commune

Vers midi, rue Haxo, se déroule la dernière réunion de la Commune.

Durs combats dans Belleville. Au cimetière du Père-Lachaise on se bat à l'arme blanche entre les tombes et dans les caveaux pendant toute la journée.147 communards finissent par se rendre, ils sont fusillés aussitôt au pied d'un pan de mur du cimetière. Leurs corps sont ensevelis au pied du mur avec les milliers de victimes faites ce jour-là.

Derniers combats de la Commune au Père-Lachaise 26 mai 1871

Les bombardements continuent sur Belleville, certains obus atteignent même Bagnolet, et blessent des soldats prussiens. À mairie du XXème, la situation est désespérée. Les derniers membres de la Commune qui se battent encore, Trinquet, Ferré, Varlin, Ranvier et Jourde, assistent impuissants au désastre. Les blessés affluent et il n’y a ni médecin, ni matelas, ni couvertures. Le sifflement des obus rythme les dernières heures de la ville insurgée.

Barricade de la rue La Puebla 27 mai 1871

Dans la soirée, les Versaillais bombardent le quartier de Belleville, à l’est de Paris, dernier bastion des communards.

Les Tuileries, Le Palais Royal le Palais de Justice, l’Hôtel de Ville, la Légion d’honneur, le Conseil d’État la Cour des comptes, le Ministère des Finances, le grenier d’abondance, le Théâtre de la porte Saint Martin le Théâtre Lyrique l’Ambigu, La Caisse des dépôts et consignations, tous ces édifices sont maintenant réduits en cendres. Ces incendies sont les fruits des combats : des bombardements incendiaires des versaillais, des moyens de défenses des assiégés ou des incendies volontaires de bâtiments symboles d'un pouvoir détesté.

Le 26 mai 1871 :

-Le Paris qu’a fait Versailles n’a plus face civilisée : « C’est une folie furieuse, écrit le Siècle du 26 au matin. On ne distingue plus l’innocent du coupable. La suspicion est dans tous les yeux. Les dénonciations abondent. La vie des citoyens ne pèse pas plus qu’un cheveu. Pour un oui, pour un non, arrêté, fusillé. ». Le flot des prisonniers grossit tellement qu’il faut centraliser le carnage afin d’y suffire : comme à la caserne Lobau, à l’école militaire, au jardin des plantes, au square Montholon, aux gares de l’Est et du Nord. Les soldats fusillent les condamnés par fournées, à la mitrailleuse. Tous ne meurent pas, la nuit, il sort de ces monceaux des agonies désespérées.

26 mai 1871 Combats de la Commune de Paris

-En début d’après-midi les soldats enlèvent la Bastille. Vinoy laisse des hommes en arrière pour procéder aux perquisitions et aux exécutions, et remonte avec ses troupes le XIIème arrondissement. La barricade de la rue de Reuilly les ralentit quelques heures. La place du Trône (actuelle Nation), la rotonde de la Villette tombent.

Gustave Boulanger, la Villette cernée par les troupes de Versailles, 26 mai 1871, Paris, Musée Carnavalet.

-Le général de Cissey fait fusiller, sans jugement, Millière, représentant du peuple à l'Assemblée nationale.

-Le Faubourg Saint-Antoine est tombé aux mains par les versaillais

-En fin d'après-midi, une foule exaspérée par les bombardements et les tueries des versaillais se rassemble devant le poste de la rue Haxo. Les otages retenus à la prison de la Roquette, sont extraits, amenés au pied du mur, parmi eux des mouchards, une dizaine d'ecclésiastiques, une trentaine de gendarmes, ils sont fusillés (en vertu du décret du 5 avril) malgré l'opposition de Varlin et Piat.

- Ce soir, les derniers insurgés tiennent encore les XIXème : les Buttes- Chaumont et XXème arrondissements : Belleville et le cimetière du Père- Lachaise, une partie du XIème, et l’extrémité est du Xème.

Le 25 mai 1871 :

- La dernière réunion de la Commune a lieu à la mairie du 11e.

- Cinq dominicains d’Arcueil et neuf employés du couvent sont abattus dans une tentative de fuite. Combats vigoureux Place du Château d’Eau (actuelle place de la République). Mort de Charles Delescluze.

25 mai 1871 Combats de la Commune de Paris

- Le 25 mai, l’armée versaillaise concentre son offensive contre la butte-aux-cailles, un quartier de l’est parisien, situé dans le 13°arrondt. 3500 communards se trouvent là, face aux 24.000 hommes du général Cissey appuyé par des éléments du corps d'armée du général Vinoy.

- Il était prévu un grand concert dans le grand amphitéâtre de la Sorbonne.

Affiche de la Commune de Paris 25 mai 1871

Le XXe arrondissement avec Ranvier se mobilise.

Affiche de la Commune de Paris du 25 mai 1871 signée Ranvier

Cissey fait bombarder la butte mais l'un des dangers principaux pour les Fédérés est la progression de Vinoy le long de la rue Saint-Antoine vers le pont d'Austerlitz.

Vers midi, l'attaque générale débute. Les Versaillais, six fois plus nombreux, essaient de suivre le rempart jusqu'à l'avenue d'Italie et la route de Choisy mais ils buttent sur d'imposantes barricades. Le danger vient de la défense du boulevard Saint-Marcel, protégé par des incendies mais entrecoupé de nombreux jardins, cède. Les Versaillais effectuent leur jonction à la mairie du XIIIe et il progresse de nouveau le long des remparts. Ils ont aussi fait sauter les murs des jardins de l'hôpital de la Salpêtrière pour permettre le passage des troupes. Ce mouvement accentue la pression sur les arrières fédérés et menace le pont d'Austerlitz laissant envisager la possibilité pour les Versaillais d'encercler toutes les troupes fédérées encore présentes sur la rive gauche.

Wroblewski commence alors à battre en retraite vers la rive droite par le pont d'Austerlitz. La barricade établie sur ce pont lui permet d'effectuer ce mouvement sans être inquiété par les Versaillais. Il parvient donc à franchir le fleuve avec un millier d'hommes et une partie de son artillerie. De nombreux Fédérés restent en arrière dans leur quartier. Nombre d'entre eux sont pris et fusillés.

L'armée de Thiers s'emploie maintenant à "nettoyer" la rive gauche...  Et, ça continue rive droite...

Une des dernières barricades de la Commune

-Les combats se déroulent place du Chateau-d ’Eau (aujourd'hui place de la République), où la résistance est exemplaire. Delescluze, épuisé refuse de se laisser prendre vivant, se fait tuer sur la barricade du boulevard Voltaire.

Le 24 mai 1871 :

Dernier numéro du Journal Officiel. On y lit :

LE PEUPLE DE PARIS. AUX SOLDATS DE VERSAILLES
Frères,

L’heure du grand combat des Peuples contre leurs oppresseurs est arrivée!

N’abandonnez pas la cause des Travailleurs!
Faites comme vos frères du 18 mars!
Unissez-vous au Peuple, dont vous faites partie!
Laissez les aristocrates, les privilégiés, les bourreaux de l’humanité se défendre eux-mêmes, et le règne de la justice sera facile à établir.
Quittez vos rangs!
Entrez dans nos demeures.
Venez à nous, au milieu de nos familles.
Vous serez accueillis fraternellement et avec joie.
Le Peuple de Paris a confiance en votre patriotisme.
VIVE LA RÉPUBLIQUE!
VIVE LA COMMUNE!
La Commune de Paris

24 mai 1871, combats dans Paris

-Les versaillais contrôlent le Quartier latin et multiplient les exécutions sommaires. L’Hôtel de Ville et la préfecture de Police sont incendiés. Des Communards font exécuter, en représailles envers les versaillais qui se livrent à des massacres incessants, six otages dont l’archevêque Georges Darboy.

Incendie de l’Hôtel de Ville et de la Préfecture de police. La Commune se déplace à la mairie du onzième. Les Versaillais prennent le Quartier latin. le Louvre, le Palais-Royal, l'hôpital Lariboisière, la porte Saint-Denis, le Luxembourg et le Panthéon.

Vers midi, le docteur Faneau (qui n'est pas un communard), responsable de l'ambulance établie au séminaire Saint-Sulpice, est exécuté avec 80 fédérés blessés.

Affiche de la Commune de Paris N° 397 du 24 mai 1871

À quatre heures, la Montagne Sainte Geneviève est assaillie de tous les côtés. La plupart des fédérés ont fui, et les versaillais n’ont aucun mal à occuper le Panthéon. Rive gauche, leur progression se heurte à la résistance tenace des défenseurs du 13ème arrondissement où la Butte-aux-Cailles, sous le commandement de Walery Wroblewski résiste encore. 16 canons font face à plus de 80 canons versaillais répartis sur les points hauts déjà conquis : Panthéon, Montagne Sainte Geneviève, Montsouris, place d'Enfer,. Quatre fois les versaillais sont montés à l'assaut, 4 fois ils sont repoussés à la baïonnette et au canon, mieux, ils reculent même. Ce soir les positions des fédérés tiennent encore.

En fin de journée, les communards ne détenaient plus que quelques quartiers de l’est parisien (11e, 12e, 19e et 20e arrondissements.), ainsi que quelques îlots de résistance.

- La Commune en province :                                                            Nouvelle émeute paysanne à Parthenay.                           Manifestation à Vienne. Troubles à Voiron.

Le 23 mai 1871 :

-Thiers organise le blocus du ravitaillement de Paris.

Affiche de la Commune N° 395 du 23 mai 1871, appel aux soldats de Versailles

-La Commune placarde, à l'attention des soldats versaillais, des appels à la fraternisation qui resteront sans réponses. Elle met en garde les parisiens contre les tireurs embusqués aux fenêtres.

23 mai 1871, progression des troupes versaillaises, début des assassinats de fédérés

- inexorablement, les troupes versaillaises progressent dans Paris. Peu après 11 heures, la rue Vavin et la barricade de la Croix-Rouge sont abandonnées, on se bat à la baïonnette dans le cimetière Montparnasse. Les Batignolles, la place de Clichy et la butte Montmartre sont prises. Sur la butte, Les versaillais massacrent femmes, enfants, vieillards, les prisonniers fédérés, conduits au parc Monceau, y sont fusillés. Dombrowski est tué.

La Butte-aux-Cailles, sous le commandement de Walery Wroblewski résiste encore.

Affiche de la Commune N° 396 du 23 mai 1871 du Comité de salut public

Au soir, Paris est en flamme. D'une part Les versaillais ont d’abord canonné les quartiers insurgés avec des bombes incendiaires; d'autre part les insurgés ont incendié les abords des barricades pour empêcher les attaquants de les contourner. Au soir du 23, les Communards incendient pour faire table rase, avant d’être massacrés. Tout ce qui évoque l’Ordre ancien, celui qu’ils voulaient mettre à bas, est brulé. Aucune décision concertée en la matière, que des actes isolés. Les Tuileries, la Cour des Comptes, le Conseil d’État, le Palais de la légion d’honneur sont la proie des flammes dans la nuit du 23. Les incendies vont fournir un prétexte aux versaillais pour de plus amples massacres.

- La Commune en province :

Du 22 au 30 mai : troubles à Pamiers. Ils durent pendant neuf jours. Il faut l’intervention de la troupe.

Le 22 mai 1871 :

Dans la matinée les premiers incendies de la Semaine sanglante sont occasionnés par les obus versaillais tirés du Tocadéro sur les baraquements des gardes nationaux du Champs-de-Mars.

Semaine sanglante - Journée du 22 mai 1871

L'appel de Deslescluze a un effet négatif sur la défense de Paris qui s'en trouve totalement désorganisée (excepté en quelques points). Les Communards se replient, chacun sur son quartier pour le défendre, abandonnant ainsi toute lutte coordonnée.

Affiche de la Commune N° 388 du 22 mai 1871 Aux armes !

En fin de journée, les troupes versaillaises contrôlent les Champs-Elysées, les quartiers Saint-Lazare et Montparnasse. Place Blanche, une barricade est tenue par des femmes.

Barricade des femmes de la place Blanche (attribué à Moloch)

Les Communards arrêtés sont systématiquement fusillés.

Les femmes : citons un paragraphe de la brochure consacrée aux femmes de la commune, éditée par l'association des Amies et Amis de la Commune de Paris 1871. Femmes et barricades : André Léo écrit que, durant la Semaine sanglante, plusieurs milliers de femmes prennent part à la lutte sur les barricades. [ ] Louise Michel, Victorine Rouchy, Léontine Suétens, cantinière, blessée 2 fois, Marguerite Lachaise a fait le coup de feu dans la plaine de Châtillon, Eulalie Papavoine, qui a combattu à Neuilly, Issy, Vanves et Levallois [ ]. Elles se battent jusqu'au dernier jour. Selon Lissagaray, témoin de son temps, environ 120 femmes participent à la barricade de la place Blanche. Une cinquantaine sont avec Nathalie Lemel place Pigalle, andré Léo sur une barricade des Batignoles [ ] Elisabeth Dmitrieff est place de la Bastille.

Benoît Malon et Louise Michel avancent le chiffre, difficilement vérifiable, de 10.000 combattantes. Dans tous les cas les chiffres montrent le courage de ces femmes qui savaient pertinemment que la partie était perdue, écrivant ainsi une page héroïque de l'Histoire.

- La Commune en province :

A Blois, manifestations de ces mêmes troupes.

A Tours, tentatives pour empêcher les soldats d’aller à Versailles.

Troubles à Romans et à Albi.

Le 21 mai 1871 :

                            Les loups sont entrés dans Paris !

-Grâce à une trahison, les troupes versaillaises entrent dans Paris. C’est le début de la Semaine sanglante. Il est 15 heures, l’armée versaillaise pénètre dans Paris par le Point du Jour, elle avance par les rues de Passy et d'Auteuil, elle prend la barrière de Grenelle et occupe rapidement la place du Trocadéro.

Commune de Paris 21-22 mai 1871 début de la Semaine sanglante

Derrière la troupe les massacres commencent tout de suite, Elle fouille les maisons, fusille les premiers gardes nationaux.

Affiche de la Commune N° 386 du 21 mai 1871 signée Delescluze

L’affiche de Delescluze va d’autre part désorganiser la défense des fédérés : « Assez de militarisme… Place au peuple, aux combattants aux bras nus… Le peuple ne connaît rien aux manœuvres savantes… » Lissagaray écrit : « Des centaines d’hommes restent inactifs… Au lieu de deux cents barricades stratégiques faciles à défendre, on en sema des centaines impossibles à garnir. ». Les fédérés vont alors défendre leurs propres quartiers, leurs rues, combattre derrières leurs barricades, souvent au pied de leurs maisons.

-Le 21 mai 1971 est marqué par la dernière séance de la Commune.

-Fin avril l'Union des femmes avait appelé à une assemblée le 21 mai après-midi, mais la rencontre n'aura pas lieu, les Versaillais entrant dans Paris ce jour-là.

-La Commune décide de l’égalité de salaire entre les instituteurs et les institutrices avec une augmentation de leur traitement pour prendre en compte leurs conditions difficiles de vie (Le Cri du Peuple, 21 mai).  Édouard Vaillant déclare : « La Commune de Paris (…) Considérant que les exigences de vie sont nombreuses et impérieuses pour la femme autant que pour l’homme décide que le salaire des institutrices sera le  même que celui des instituteurs ».                                                          En même temps, la Commune installe une commission chargée d’organiser et de surveiller les écoles de filles ».

- La Commune en province :

Saint-Pierre-des-Corps, agitation parmi les troupes que l’on envoie sur Paris.

 
Le 20 mai 1871 :

La Commune de Paris décrète : Les théâtres relèvent de la délégation à l'enseignement. Toute subvention et monopole des théâtres sont supprimés. La délégation est chargée de faire cesser, pour les théâtres, le régime de l'exploitation par un directeur ou une société, et d'y substituer, dans le plus bref délai, le régime de l'association (J.O)

La commune de Paris décrète : une pension de 600 francs sera accordée à la femme mariée ou non, du garde national tué [ ]. Chacun des enfants reconnus ou non recevra jusqu'à l'âge de 18 ans une pension de 312 francs [ ]. (J.O)

Toute la nuit les bastions sont bombardés Les portes de Montrouge, Vanves, Vaugirard, du pont du jour, sont abandonnées par les fédérés. Sur toute la ligne de front, il n’y a plus que les pièces de la porte Dauphine qui tentent d’entraver les mouvements ennemis.

Trois cent canons dont des pièces de marine ouvrent le feu sur la ville insurgée. Une avalanche d’obus s’abât sur les remparts. Les bombardements incessants chassent des fortifications les derniers défenseurs de Paris.

Le 19 mai 1871 :

Décret de laïcisation de l’enseignement 

La Commune décrète que les fonctionnaires ou les fournisseurs de la Commune qui seront accusés de concussion seront traduits devant une Cour martiale où ils risqueront la peine de mort. Arrestation des Dominicains du couvent d’ Arcueil, soupçonnés d’aider les troupes versaillaises.

- La Commune en lutte :

Paris est complètement encerclé. Les troupes de Mac-Mahon approchent de plus en plus de la porte de Sèvres et de la porte d'Issy, au Point-du-Jour, ils arrivent sous les remparts (Martial Senisse).

Un déluge de feu s'abat sur l'ouest parisien.

Bois de Boulogne : Les batteries de brèche ont été démasquées ce matin, à neuf heures précises. Le feu s’est immédiatement ouvert sur nos remparts avec une rage inouïe.

le mont Valérien et Montretout envoient sur nos remparts et la porte Maillot quelques centaines d’obus [ ].

Le Point du Jour est battu de toutes parts. Breteuil, les Moulineaux, Clamart et Issy ne cessent de le canonner. Les bastions de Vaugirard seuls répondent à toutes ces attaques aussi bien qu’ils le peuvent.

La porte Maillot est encore plus violemment attaquée que de coutume. Les Versaillais semblent vouloir en finir, de ce côté, avec une résistance aussi longue, aussi opiniâtre.

Du côté de la porte Dauphine, la pluie d’obus est aussi incessante, et Auteuil et Passy sont encore plus accablés que les jours précédents,

-La Commune en province :

Sablé (Sarthe), troubles sur le marché. 

Le 18 mai 1871 :

L’Assemblée nationale, siègeant à Versailles vote la ratification du traité de Francfort. Le Comité de Salut public de la Commune supprime dix journaux.

La Commune de Paris (commission de l’enseignement) « considère, en fait d’éducation, que le travail de la femme est égal à celui de l’homme ». 

Direction du génie (le 18 mai 1871):                                                                                               Les ouvriers qui savent faire des gabions, fascines et clayonnages peuvent se présenter tous les jours à la direction du génie, 84 rue Saint-Dominique-Saint-Germain. Le prix de la journée qui leur sera alloué pour ce genre de travail est de 5 francs.

Les citoyens qui veulent concourir à la défense de la République en travaillant aux ouvrages de défense de Paris par la construction de barricades et de tranchées à forfait, peuvent se présenter à la direction du génie, 84 rue Saint-Dominique-Saint-Germain. (JO du 19 mai 1871).

Dans les 10e et 13e arrondissements de Paris, la Garde Nationale procède à des conseils de révision pour compléter ses effectifs (voir affiches).

Affiche de la Commune N° 335 du 18 mai 1871     Affiche de la Commune du 18 mai 1871
 

Le 17 mai 1871 :

La Commune décrète l’égalité des enfants légitimes ou naturels, des épouses et des concubines pour la perception des pensions

Ce jour, par affiche, le Comité central de l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés, chargé par la Commission de Travail et d'Échanges de la Commune, de l'organisation du travail des femmes à Paris, de la constitution des chambres syndicales et fédérales des travailleuses unies,[ ] invite toutes les ouvrières à se réunir, aujourd'hui mercredi 17 mai, à la Bourse, à 7 heures du soir, afin de nommer des déléguées de chaque corporation pour constituer les chambres syndicales, [ ] pour la formation de la chambres syndicale des travailleuses (voir affiche ci-dessous).

Affiche de la Commune N° 342 du 17 mai 1871

Le Comité de Salut Public de la Commune informe de l'explosion de la cartoucherie de l'avenue Rapp (voir affiche ci-dessous)

Affiche de la Commune N° 345 du 17 mai 1871

Considérant qu'il importe que la révolution communale affirme son caractère essentiellement socialiste par une réforme de l'enseignement assurant à chacun la véritable base de l'égalité sociale, l'instruction intégrale, à laquelle chacun a droit, et lui facilitant l'apprentissage et l'exercice de la profession vers laquelle le dirigent ses goûts et ses aptitudes [ ]. Les municipalités d'arrondissement sont priées, en outre de s'entendre avec la délégation à l'enseignement, afin de mettre le plus rapidement possible les écoles professionnelles en activité.

Signé E. Vaillant, le membre de la Commune délégué à l'enseignement.   (J.O. du 18 mai 1871, éd. Du matin)

- La Commune en lutte :

Les quartiers d’Auteuil et de Passy sont devenus inhabitables sous les obus du plus fort calibre que font grêler sur eux Montretout et le Mont-Valérien.

La Porte des Ternes est sous le feu versaillais

L'armée versaillaise se positionne aux portes du Sud-Ouest de Paris, les bombardements de l’artillerie se font de plus en plus rapprochés, l'offensive ne va plus tarder.

- La Commune en province :

Anzin, grève des mineurs. 
Emeute paysanne à Parthenay (Deux-Sèvres). 
Moulins, congrès des journalistes radicaux. 

 
Le 16 mai 1871 :

La colonne Vendôme est abattue. La démolition était prévue pour le 5 mai, jour anniversaire de la mort de Napoléon, mais la situation militaire avait empêché sa réalisation jusqu'à ce jour (voir Aujourd'hui : La Commune de Paris 1871 - le 13 avril). Le gouvernement de Thiers va accuser Courbet d'être le responsable de cet acte, hors Courbet n'entre au Conseil de la Commune que le 16 avril, il n'a donc pas pu signer ce décret.

- La Commune en lutte :

Le 16, Paris n’avait plus un seul défenseur, depuis la rive gauche jusqu’au Petit-Vanves, où deux mille fédérés environ étaient campés sous le commandement de La Cécilia et de Lisbonne. Ils essayèrent sur le village d’Issy un retour qui fut repoussé. L’ennemi put continuer ses travaux d’approche et armer les deux bastions du fort d’Issy qui regardaient la ville. Leur feu, contrarié un instant par les remparts, conquit une supériorité marquée et s’ajouta aux batteries qui écrasaient le XVIe. Ce malheureux arrondissement était pris de front, de flanc, en enfilade, par près de cent bouches à feu. [ ]

Affiche de la Commune du 17 mai 1871 relative à l'avenue Rapp

La cartoucherie de l’avenue Rapp vient de sauter. Tout le quartier de Grenelle est soulevé. Une gerbe de flammes, de plomb fondu, de débris humains, de poutres brûlantes jaillissant du Champ de Mars à une hauteur énorme, a semé de projectiles les environs. Quatre maisons s’écroulent, plus de quarante personnes sont mutilées. La catastrophe serait plus terrible encore si les pompiers de la Commune n’accouraient arracher du milieu des flammes des fourgons de cartouches et des tonneaux de poudre. (Lissagaray)

Le 15 mai 1871 :

- Sécession de la minorité de la Commune qui refuse les dérives autoritaires du comité de salut public, 22 élus démissionnent. Cette minorité publie une déclaration dans laquelle elle exprime son désaccord. 

https://macommunedeparis.files.wordpress.com/2016/06/cri0517-01.pdf  

- La bibliothèque du Muséum d'Histoire Naturelle restera ouverte pendant toute la saison d'été, de neuf heures du matin à cinq heures du soir.

Paris, le 15 mai 1871, Le délégué au Muséum d'histoire naturelle

Affiche de la Commune 1871 : Appel aux grandes villes 15 mai 1871

 - Appel de la Commune aux grandes villes de France.  La Commune demande de prendre les armes pour défendre Paris et la République.
- La Commune en lutte :

Les versaillais attaquent le séminaire d'Issy, la situation d'Issy est à peu près perdue (Lissagaray).

A Issy, c'est la débandade, sans munitions et sans vivres, les fédérés se débandent et rentrent à Paris (Senisse).

L'étau se resserre sur Paris qui doit se préparer à une guerre intra-muros.

Le 14 mai 1871 :

- Thiers refuse la proposition d’échanger les 74 otages de la Commune contre le seul Auguste Blanqui emprisonné à la prison du fort du taureau, une petite ile située dans la baie de Morlaix, en Bretagne.

- Notre amie, Louise Michel, de la Société pour la revendication des droits de la Femme, est à Neuilly depuis un mois peut-être. C’est une personne simple et douce, d’une modestie, d’une humilité, d’une renonciation à soi-même que pourraient admirer bien des partisans de l’Imitation de Jésus-Christ. Sous sa figure un peu moutonnière, se cache une résolution indomptable, c’est une lionne sous une toison de brebis. Naguère elle vivait d’abstinence, d’études, elle était triste et mélancolique, mais les fatigues la fortifient et, depuis qu’elle partage l’ordinaire du garde national, des haricots, une tranche de bœuf ou de cheval qu’elle fait griller au bout d’une fourchette, à la fumée d’un feu en plein air, depuis qu’elle risque d’être tuée cent fois dans les vingt-quatre heures, elle embellit et devient d’une gaieté charmante ; mais elle reste d’une sincérité absolue et semble toujours incapable de comprendre le mal… Et cependant, elle en est environnée. C’est une âme de vierge, une âme comme celle de Jeanne Darc ou de Garibaldi, une âme de héros, faite de droiture et de simplicité, de force et de bonté. Nous l’avions côtoyée pendant plusieurs mois ayant pour elle une estime vaguement bienveillante, nous l’ignorions comme elle s’ignorait elle-même ; elle surgit maintenant, grande dans les grandes choses. (Élie Reclus, La Commune de Paris au jour le jour)

- La Commune en lutte :

Affiche 322 du 14 mai 1871 signée Delescluze

Delescluze, le délégué à la guerre de la Commune prépare la défense de Paris (voir l'affiche du 14 mai jointe)

Affiche du 14 mai 1871 signée Dombrowski

Dombrowski nomme le colonel Mathieu commandant supérieur de toutes les forces réunies entre le Point-du-Jour et la porte Wagram (voir l'affiche du 14 mai jointe)

- La Commune en province :

Lille : manifestation anti-versaillaise de soldats du 75e de ligne. 
Lyon : congrès « privé » des conseillers municipaux de la vallée du Rhône. 

Le 13 mai 1871 :

En ce jour, la Commune décrète :

Art. 1er. La Commission du travail et d’échange est autorisée à réviser les marchés conclus jusqu’à ce jour par la Commune.

Art. 2. La Commission du travail et d’échange demande que les marchés soient directement adjugés aux corporations et que la préférence leur soit toujours accordée.

Art. 3. Les conditions des cahiers des charges et les prix de soumission seront fixés par l’intendance, la chambre syndicale de la corporation et une délégation de la Commission du travail et d’échange, le Délégué et la Commission des finances entendus.

Art. 4. Les cahiers des charges, pour toutes les fournitures à faire à l’Administration communale, porteront, dans les soumissions desdites fournitures, les prix minima du travail à la journée ou à la façon à accorder aux ouvriers ou ouvrières chargés de ce travail.

Paris, le 13 mai 1871.

Pour le Délégué à la Commission du travail et d’échange :
Le Secrétaire général, BERTIN.

Dans ce décret du 13 mai concernant les marchés de la Commune, les cahiers des charges des entreprises doivent indiquer « le prix minimum du travail à la journée ou à la façon à accorder aux ouvriers et ouvrières chargés de ce travail ». C’est, de fait, instaurer le salaire minimum ! Mais la réflexion de Léo Frankel, le « ministre » du Travail de la Commune (dont on a déjà parler), va plus loin. Il constate que « si le prix de la main-d’œuvre reste comme aléa dans les marchés, c’est lui seul qui apporte le rabais ». L’État doit intervenir pour introduire « le prix minimum » à la journée et mettre fin au tout-libéral dans le marché du travail. C’est le progrès des techniques qui devient alors le seul authentique facteur de la baisse des prix des produits, permettant vente et consommation.

- La Commune en lutte :

Les troupes versaillaises occupent le fort de Vanves.

Le 12 mai 1871 :

Un des clubs importants fut le Club de la Délivrance, qui se réunit dès le 12 mai à la Trinité. Il fut présidé par Lodoïska Caweska, ancienne rédactrice du Jounal des Citoyennes et eut souvent comme oratrice Nathalie Le Mel.

[ ] Devant un auditoire d'environ six cents femmes, elle aurait dit : « ...voilà le jour de la revendication et de la justice qui arrive à grands pas... Les ateliers dans lesquels on nous entasse vous appartiendront ; les outils qu'on met entre vos mains seront à vous ; le gain qui résulte de vos efforts..., sera partagé entre vous. Prolétaires, vous allez renaître. Femmes frêles, vous vous nourrirez, vous vous vêtirez... Mais pour en arriver là, citoyennes, il faut de votre part une rupture soudaine et absolue avec les folles superstitions qu'on a prêchées dans le local où j'ai l'honneur de vous parler en ce moment. » (Le rôle de femmes dans la Commune de 1871, Eugene W. Schulkind Revue des révolutions contemporaines, Tome 42, Numéro 185, février 1950. pp. 15-29 ;)

Ces clubs sont des assemblées populaires qui se développèrent singulièrement au lendemain de l'effondrement de l'empire le 4 septembre 1870. Ils furent le lieu de grands débats dans une ambiance de liberté illimitée.

Le 11 mai 1871 :

- Décret de la Commune ordonnant la démolition de la maison parisienne de Thiers, en représailles au bombardement de Paris par l’armée versaillaise.

- La Commune supprime 5 journaux.

- Concert aux Tuileries.

- La Commune en lutte :

Dans le courant de la nuit, le général Wroblewski reprend le fort de Vanves, les fédérés repoussent les versaillais en chargeant à la baïonnette.

Du côté du point du jour la situation est plus mauvaise et les tranchées versaillaises avancent dans Boulogne.

Walery Wroblewski (1836-1908) général de la Commune

- Wroblewski, général de la Commune, c'est un ancien officier polonais réfugié à Paris après l'échec de l'insurrection polonaise de 1863. Début avril 1871, il obtient le commandement de la cavalerie des Fédérés sur la rive gauche de la Seine. Ses connaissances militaires, sa bravoure sont ensuite mieux utilisées. Cluseret, le délégué à la Guerre lui confie la direction de l’armée dite du centre avec le titre de général. C’est un cas unique dans l’histoire mondiale où un étranger est considéré comme un citoyen à part entière et Ils vont être nombreux à se battre pour la Commune et occuper des postes de dirigeants.

- On déconfine aujoud'hui mais la petite chronique sur la Commune ne s'arrête pas pour autant.

Le 10 mai 1871 :

- La paix franco-allemande met fin à la guerre de 1870 par le traité de Francfort, la France perd l'Alsace et une partie de la Lorraine et doit verser 5 milliards de francs. À la suite de ce traité, environ 160 000 Alsaciens et Lorrains, refusant de devenir Allemands, quittent les provinces perdues et s'installent sur le territoire français. Thiers a maintenant les mains libres pour en finir avec la Commune.

- Rossel, délégué à la guerre démissionnaire, est remplacé par Charles Delescluze; il déclare : 

« La Commune m'a délégué au Ministère de la Guerre ; elle a pensé que son représentant dans l'administration militaire devait appartenir à l'élément civil. Si je ne consultais que mes forces, j'aurais décliné cette fonction périlleuse ; mais j'ai compté sur votre patriotisme pour m'en rendre l'accomplissement plus facile. «La situation est grave, vous le savez; l'horrible guerre que vous font les féodaux conjurés avec les débris des régimes monarchiques vous a déjà coûté. bien du .sang généreux, et cependant tout en déplorant ces pertes douloureuses, quand j'envisage le sublime avenir qui s'ouvrira pour nos enfants, et lors même qu'il ne nous serait pas donné de récolter ce que nous avons semé, je saluerais encore avec enthousiasme la Révolution du 18 mars, qui a ouvert à la France et à l'Europe des perspectives que nul de nous n'osait espérer il y a trois mois. Donc à vos rangs, citoyens, et soyez ferme devant l'ennemi. · « Nos remparts sont solides comme vos bras, comme vos cœurs ; vous n'ignorez pas d'ailleurs que vous combattez pour votre liberté et pour l'égalité sociale, cette promesse qui vous a si longtemps échappé, que si vos poitrines sont exposées aux balles et aux obus des Versaillais, le prix qui vous est assuré, c'est l'affranchissement de la France et du monde, la sécurité de votre foyer et la vie de vos femmes et de vos enfants».

- En province et de plus loin encore :

Nous recevons d'Oran (Algérie), une lettre qui nous annonce que le 1er mai, le conseil communal d'Oran a adhéré au programme de la Commune de Paris, dans la proclamation au peuple français. (J.O. du 10 mai 1871, éd. Du matin)

Le 9 mai 1871 :

- Il est certain que des femmes en grand nombre sont entrées dans le mouvement populaire. [ ]. Versailles canonnait Paris. Elles s’alarmèrent pour leurs foyers menacés, pour leurs maris, leurs fils et leurs frères, la cause qu’ils défendaient leur est devenue sacrée, celle de la Révolution, celle du travail, celle de la libre pensée, car le prêtre leur est aujourd’hui antipathique.

Je n’en entends aucune demander l’égalité des sexes devant l’urne électorale, mais elles se réclament avec ardeur du titre de citoyennes, et, ce qui est plus, agissent en citoyennes. (Élie Reclus, La Commune de Paris au jour le jour)

Dessin du Muséum National d’Histoire Naturelle

- 149 ans avant le début de notre déconfinement, le Muséum National d'Histoire Naturelle réouvre ses portes « Un peuple libre sait respecter et faire respecter ce qui appartient à tous. Le , institution scientifique nationale, est placé sous la sauvegarde des citoyens ; ils prêteront aide aux gardiens ordinaires de l’établissement, et, au besoin, agiront d’eux-mêmes pour garantir les intérêts généraux.
Le délégué administratif de la Commune de Paris au Muséum d’histoire naturelle. »

- La Commune en lutte :

Le fort d’Issy tombe aux mains des troupes versaillaises, à midi et demi. Le drapeau tricolore flotte sur le fort abandonné par la garnison. Rossel, chef d'état-major de la Commune, démissionne.

Le 8 mai 1871 :

- Thiers adresse un ultimatum aux Parisiens par voie d’affiche. Il leur demande leur aide pour mettre fin à l’insurrection et les informe que l’armée régulière va devoir passer à l’action dans la ville elle-même.

- La Commune en lutte :

70 canons de marine frappent inlassablement l'enceinte de Paris entre le bastion 60 (dans le XVIe, ) proximité de l'actuelle porte de Passy ndlc) et Le Point-du-jour (aujourd'hui boulevard Murat, à l'intersection avec l'avenue Marcel-Doret)

le commandement de la rive droite est confié au général Wrobleski. Les commandants des forts de la rive droite, les officiers chargés de la défense de l’enceinte, les commandants des troupes actives réunies en dehors de l’enceinte obéiront au général Wrobleski [ ].
Le délégué à la guerre,
Rossel

- La Commune en province :

Drapeau rouge à Vierzon. 

Voir en ce moment cet article suivant : 8 mai 1871 :  Manifeste de la fédération républicaine des écoles sur le site des Amies et Amis de la Commune de Paris 1871 :    https://www.commune1871.org/la-commune-de-paris/histoire-de-la-commune/dossier-thematique/la-commune-de-paris/histoire-de-la-commune/dossier-thematique/democratie-laicite-oeuvre-sociale/782-8-mai-1871-manifeste-de-la-federation-republicaine-des-ecoles

Le 7 mai 1871 :

- Dégagements gratuits des objets déposés au Mont-de-Piété et d’une valeur inférieure à 20,00 F. 

- La Commune en lutte :

Sur le fort d'Issy, c'est dix obus qui tombent par minute. Les remparts sont totalement à découvert. Ils sont près d'être enveloppés (Lissagaray, Histoire de la Commune de 1871).

Dombrowski a proposé à Rossel le plan d'une contre-attaque sur Issy mais ne dispose pas d'assez d'hommes

- La Commune en province :

Mouvement insurrectionnel à Montereau. 

Le 6 mai 1871 :

- Le citoyen délégué à l’enseignement, informe les lecteurs que la réouverture de la bibliothèque communale dite Mazarine aura lieu à partir du lundi 8 mai. Des séances publiques se tiendront tous les jours, de dix à quatre heures.

- Thiers refuse la tentative de conciliation entreprise par la Ligue d’Union républicaine des Droits de Paris.

-  Le décret de la Commune autorise le dégagement gratuit des objets déposés au Mont-de-Piété pour moins de 6 francs.

- Par voie d'affiche, La Commune indique que la première école professionnelle ouvrira ses portes au 8 rue Lhomond, dans le 5ème arrondissement. Les enfants de 12 ans et plus seront admis pour compléter l'instruction reçue en école primaire et y faire en même temps l'apprentissage d'une profession.

- L'Union des Femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés publie également son manifeste. Elle conclut en disant que les femmes sont prêtes à verser leur sang et leur vie, comme leurs frères, pour la défense et le triomphe de la Commune, c’est-à-dire du Peuple.

- Et puis, ce même jour, 500 personnes se réunissent au Club des libres penseurs, en l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, parmi elles, une centaines de femmes votent une proposition demandant l'affranchissement complet de la femme et le droit au divorce.

- La Commune en lutte :

La pression versaillaise se fait de plus en plus forte sur Vanves. Les fédérés reculent. 

Affiche de la Commune 270 Manifeste du Comité central de l'union des femmes (6 mai 1871)

Le 5 mai 1871 :

- la Commune supprime sept journaux parisiens considérés comme pro-versaillais et fait détruire la chapelle expiatoire commémorant la mort de Louis XVI mais cette résolution n'a jamais été mise en vigueur, notamment en raison des manœuvres de Jacques Libman qui avait retardé la destruction en se faisant passer pour un entrepreneur américain intéressé par les pierres du monument auprès de Jules Fontaine directeur des Domaines de la Commune.

- En France, dès qu’un homme, dès qu’un parti se sait ou se croît le plus fort, vite il dit : « Je m’appelle la Loi. L’homme en face de moi est un criminel que nous allons rouer vivant et couper en quartiers. Le parti qui m’est opposé est le Parti du Crime. » [ ] . Sans remonter bien haut, Charles X parlait ainsi, la veille des journées de juillet. Louis-Philippe parlait ainsi à Transnonain, au Cloître Saint-Merry, à Lyon, le 23 février 1848. Ainsi parlaient Jules Favre, Thiers, Falloux et Cavaignac le lendemain de la bataille de juin ; ainsi parlait Bonaparte le lendemain de la nuit de Décembre ; ainsi reparle aujourd’hui M. Thiers. C’est cet affreux petit bonhomme à lunettes qui est à lui seul la Loi, le Droit, la Justice, par conséquent l’égorgement et le massacre. Et Paris, la ville aux deux millions d’habitants, c’est l’absurdité, c’est l’iniquité, c’est l’exécution en masse… Quelques maisons à trouer… mais c’est cent mille maisons à trouer… Quelques hommes à tuer… mais c’est deux cent mille gardes nationaux que vous promettez d’exterminer, Monsieur Thiers. (Élie Reclus, La Commune de Paris au jour le jour, - à propos du gouvernement versaillais le 5 mai) …

Affiche du Comité central annpnçant la destruction de la Chapelle expiatoire de Louis XVI (5 mai 1871)

Le 4 mai 1871 :

-  la Commune interdit le cumul des traitements.

- Ligue de la Délivrance : Assemblée générale des Alsaciens et Lorrains, aux Arts-et-Métiers, le jeudi 4 mai à sept heures du soir.

- Dépêches télégraphiques.
Asnières.
Soirée du 2 mai, canonnade intense. On croyait à l’attaque : elle n’a pas eu lieu. Tir continuel des ruraux sur le chemin de fer. Midi, calme. Wagons blindés fouillent Asnières. Deux heures de combat vif, ennemi repoussé. Versaillais envoient obus à pétrole, fait avéré par obus non éclaté.

- Procès-verbaux de la Commune de Paris (1ere séance du 4 mai).              Annexe I. L'affaire du Moulin-Saquet : « Dans la nuit du 3 au 4 mai, la redoute du Moulin-Saquet était gardée par-des détachements du 55e et du 120" bataillon, lorsqu'un détachement de troupes versaillaises se présenta à la porte comme patrouille, fut admis dans le fort après avoir régulièrement donné le mot d'ordre, chargea alors la garnison surprise, la chassa de la redoute et emmena immédiatement six pièces de canon avec des attelages préparés d'avance. « Il résulte des commencements d'enquête qui ont eu lieu à ce sujet que le commandant Gallien, du 55e bataillon, est généralement accusé d'avoir donné ou vendu le mot d'ordre à l'ennemi, ou tout au moins de l'avoir publiquement divulgué dans un café de Vitry. « La redoute a été réoccupée presque aussitôt par le commandant Quinion à la tête du 133e bataillon, qui a procédé aujourd'hui au réarmement de la redoute. »

Le 3 mai 1871 :

- Louise Michel appelle à enfoncer «le pieu au cœur du vampire, la Banque». En effet, La Commune peine à obtenir des prêts ou empreints de la part de la Banque de France alors que dans le même temps cette dernière aurait versé 250 millions de francs au gouvernement Thiers.

- Interdiction du cumul des salaires.

- Des femmes s'engagent comme ambulancières.

- La commune décrète : [ ] Le Citoyen Ernest Moullé est délégué en qualité de commissaire administratif près du Muséum d'Histoire Naturelle. Il s'entendra avec le directeur et les professeurs pour la prochaine reprise des cours, veillera à la conservation du matériel, des collections, etc., et prendra toute mesure utile destinée à garantir les intérêts du public et ceux de l'établissement. [ ]. (Je sais…j'aime bien ce qui touche le M.N.H.N. bien que cet établissement n'ai jamais fait allusion à la Commune ndlc).

- La Commune en lutte:

Prise par traitrise et par les Versaillais de la redoute du Moulin-Saquet, trois cents morts.

Jusqu'à trois heures de l'après-midi, tout est calme. A cette heure, la canonnade éclate épouvantable, terrible; les batteries versaillaises de Meudon, de Brimborion de l'Orangerie, du cimetière de Clamart et de la gendarmerie de Clamart font pleuvoir une pluie de projectiles sur le fort d'Issy, qui répond avec fureur.

- La Commune en province:

Opposition au départ des trains de canons pour Versailles à Foix et à Varilhes (Ariège).

Dernier article de Lafargue sur la Commune dans la Tribune de Bordeaux.

Le 2 mai 1871 :

- la Commune abolit le serment politique et professionnel pour les fonctionnaires

- Martin Nadaud, un maçon creusois, monté à Paris comme tant d'autres, écrit ce jour-là, dans le journal de Delescluze:

«En résumé, nos communes ont moins de droits qu’elles n’en avaient au douzième siècle. Cette esquisse rapide montrera ce que nous pouvons attendre de nos gouvernements. Paris tient les destinées de la France, voilà ce dont chacun doit bien se pénétrer. Aidons Paris, soutenons la Commune, tous autant que nous sommes. Le triomphe de la Révolution du 18 mars nous préparera des destinées meilleures. Si par malheur Paris échouait, l’avenir de la France serait terriblement compromis; car il n’est pas au pouvoir des nations catholiques de se transformer. Celles qui vivent ne font seulement que tourner sur elles-mêmes sans avancer jamais».

- La Commune en lutte :

Issy – Le fort a été sommé de se rendre. Nous avons répondu aux troupes versaillaises que nous le ferions plutôt sauter que de le livrer aux royalistes.

Asnières – De huit heures du soir jusqu’à onze heures du matin, les troupes de Versailles ont attaqué les nôtres. L’ennemi a été refoulé avec de grandes pertes de son côté. Le 174e bataillon a eu 2 tués et 3 blessés. […].

Le 1er mai 1871 :

- Création par la Commune d’un Comité de salut public qui doit remplacer la commission exécutive. Composée de cinq hommes, ce comité dispose de tous les pouvoirs sur les autres commissions. De nombreux élus, partisans de la démocratie directe, voient dans ce Comité une dictature mal déguisée, un retour au pouvoir personnel de l’Empire et de la monarchie.

- La Commune décrète : Considérant que les lois et ordonnances qui régissent les monts-de-piété constituent un privilège en faveur d’une exploitation privée; […] la Commune, décrète : Art. 1er. La liquidation des monts-de-piété est prononcée. […] Il est bien entendu qu’à la liquidation du mont-de-piété doit succéder une organisation sociale qui donne au travailleur des garanties réelles de secours et d’appui, en cas de chômage et de maladie.

- La Commune et les sciences:

On oublie que pendant le siège de Paris par les Prussiens puis les versaillais, des chercheurs continuaient de travailler. Le J.O., lui ne les oubliait pas: en géologie par exemple Stanislas Meunier met en évidence la transformation de la serpentine (beau minéral de couleur verte ndlc) en tadjeïte sous l'action de la chaleur et des infrarouges. De même, le docteur E. Decaisne continue ses travaux sur l'insuffisance de l'alimentation et ses effets sur le développement et la terminaison des maladies, en particulier sur les enfants

- La Commune en lutte:

Le fort d'Issy a été sommé de se rendre. Nous avons répondu aux troupes versaillaises que nous le ferlons plutôt sauter que de le livrer aux royalistes.

- La Commune en province:

Un drapeau rouge flotte au fronton du théâtre de Montargis.

Le 30 avril 1871 :

Ils sont bien coupables, ces hommes de Versailles, qui sont entrés au pouvoir, non comme les mandataires de la nation tout entière mais comme les aventuriers d’un parti, qui ont cru établir plus solidement leur caste sur les débris de la France démantelée; ils sont bien criminels, ces hommes qui, pouvant être le Gouvernement, ont préféré n’être qu’une faction, et qui, pouvant faire de grandes choses pour le bien de tous, ont manigancé de petits complots, d’indignes coups d’État pour leur satisfaction personnelle et l’intérêt de leurs compères et complices de la haute bourgeoisie libérale.

S’il le faut, ce qui nous reste de patrie y périra, car nos gouvernants, Thiers, Favre, Dufaure et consorts ont la gloriole féroce, leur dépit monte jusqu’à la rage et leur vexation jusqu’au paroxysme de l’hystérie. (Élie Reclus, La Commune de Paris au jour le jour)

- Paris le 30 avril, La commission exécutive arrête:

Le citoyen Rossel est chargé, à titre provisoire, des fonctions de délégué à la guerre,

Le citoyen Cluseret est révoqué de ses fonctions de délégué à la guerre. Son arrestation, ordonnée par la commission exécutive est approuvée par le Commune (J.O. le 1er mai – éd. Du matin).

- Manifestation de l’Alliance républicaine des départements. Les Limousins se rassemblaient dans la cour du Louvre pour le défilé des provinces organisé par Millière.

- Vuillaume a décidé de créer le bataillon des Enfants du Père Duchêne, comme il y a déjà les Turcos de la Commune, les Vengeurs de Flourens, les Enfants Perdus du général Eudes.

- La Commune en lutte:

Les combats sont terribles depuis hier devant le village de Moulineaux et près du cimetière d'Issy. (Martial Senisse, Les carnets d'un fédéré 1871)

- La Commune en province:

Premier tour des élections municipales.

Manifestations à Sarlat, Agen, Vallières (Creuse), Nice, Carpentras, Maurs (Cantal), Reims.

Tentative d’insurrection au faubourg de la Guillotière, à Lyon.

Thiers (Puy-de-Dôme), occupation de l’hôtel de ville.

Le 29 avril 1871 :

Malgré de nombreuses tentatives de conciliations, entre des délégations les plus diverses de la Commune et des délégués du gouvernement de Versailles, Thiers reste inflexible. Pire, la loi municipale votée par le gouvernement versaillais est une vraie provocation puisqu'elle autorise les élections d'un maire que dans les communes de moins de 20 000 habitants. Paris conserve donc un régime spécial avec la nomination d'un maire par le pouvoir central.

- Le couvent maçonnique du Châtelet a produit un résultat qui étonne jusqu’à ses promoteurs. Je me laisse entraîner à parler comme j’eusse parlé hier, et néanmoins je suis profondément ému. Il y a dans la franc-maçonnerie parisienne une forte probité qui vient de se montrer courageuse et fière. [ ] La Franc-Maçonnerie a pris parti pour l’attaquée et l’opprimée. Et, pour la première fois depuis sa fondation séculaire, elle a arboré au grand jour les emblèmes de ses arcanes mystérieux, elle les a plantés résolument à côté du drapeau rouge de la Commune.

- La Commune en lutte:

Depuis deux jours, les batteries versaillaises établies à Meudon et à Lanterne de Diogène couvrent de leurs feux les forts de Vanves et d'Issy.

Les batteries volantes établies au Bas-Meudon, ont choisi pour objectif principal le viaduc du Point-du-Jour, sous lequel sont embossées nos canonnières.[ ]

Paris le 29 avril 1871. (J.O. du 30 avril – éd. Du matin).

Le 28 avril 1871 :

  • - Publication de l’Appel au peuple de campagnes. Interdiction du travail de nuit dans les boulangeries. Formation d’une commission pour organiser l’enseignement laïc, primaire et professionnel.
  • - La Commune supprime le système des amendes par lesquelles les patrons pénalisaient leurs salariés.
  • - Miot propose à la Commune la création d’un Comité de Salut public.
  • - Considérant qu'il est nécessaire d'organiser dans le plus bref délai, l'enseignement primaire et professionnel sur un modèle uniforme dans les divers arrondissements de Paris; considérant qu'il est urgent de hâter partout où elle n'est pas encore effectuée la transformation de l'enseignement religieux en enseignement laïque:

Afin d'aider dans ce travail la commission de l'enseignement

Le délégué à l'enseignement :

Arrête :

  • 1° Une commission est instituée sous le nom de commission d'organisation de l'enseignement ;
  • 2° Elle est composée des citoyens André, Dacosta, Rama, Sanglier.

Paris le 28 avril 1871, E.VAILLANT.

  • - Fournitures gratuites aux élèves des écoles communales. Nous informons les parents des élèves qui fréquentent nos, qu'à l'avenir toutes les fournitures nécessaires à l'instruction seront données gratuitement par les instituteurs qui les recevront de la mairie [ ].(cas du IIIe arrondissement par exemple ndlc).

- La Commune en lutte:

Une affiche du 28 avril précise la répartition militaire des défenses de Paris.

Affiche de la Commune 215 Ministère de la guerre

Guerre à exécutive,

Je reviens de visiter Issy et Vanves, la défense du fort d'Issy est héroïque. Le fort est littéralement couvert de projectiles. Pendant que j'étais au fort de Vanves, l'ai assisté à un combat de mousqueterie acharné entre Versaillais. Il a duré trois quarts d'heure. Meudon est en flammes.

Des attaques ont lieu sur Clamart, Asnières, les Moulineaux, Neuilly. (J.O)

- La Commune en province:

Manifestation au Havre.

Le 27 avril 1871 :

  • - Décret interdisant dans les ateliers le système des amendes et des retenues sur salaires.
  • - Ceux qui espéraient que malgré tout une réconciliation pourrait être effectuée entre les Gouvernements de Paris et de Versailles, viennent de recevoir un coup douloureux: M. Thiers ne veut pas, ne veut pas en entendre parler. [ ] «Versailles se refuse donc à toute conciliation. La Commune de Paris est prête, au contraire, à la conciliation; mais celle-ci ne peut avoir lieu que par la reconnaissance des droits que nous défendons et que nous avons reçu mission de défendre par les armes si nous ne pouvons en obtenir la consécration par un arrangement.
  • «La Commune de Paris n’a pas la prétention d’imposer sa loi à la France. Elle entend se borner à lui servir d’exemple. Nous n’aspirons qu’à faire cesser l’effusion du sang. Mais Paris veut que sa révolution communale s’achève, et la Commune la fera triompher au nom du droit, car la Commune de Paris se regarde comme un pouvoir plus régulier que celui de Versailles, qui ne représente qu’un pays foulé par l’étranger, ayant voté sous l’empire de sentiments difficiles à apprécier».
  • - C’est à partir d’aujourd’hui que devra fonctionner un décret de la Commune portant que, sur les justes demandes de la corporation des ouvriers boulangers, le travail de nuit sera supprimé. [ ]

On ne peut pas prétendre changer d’un trait de plume les habitudes de toute une partie de la population de Paris, accoutumée à prendre son pain frais tous les matins, sans s’exposer à des criailleries assourdissantes et à des mécontentements qu’il serait facile d’épargner au Gouvernement qui n’a nul besoin d’ameuter tant de mesquines colères contre lui.

Ceux qui ont pénétré tant soit peu les mystères du pain qu’ils mangent tous les jours, savent que la Boulangerie, un des plus anciens métiers de notre civilisation, en est aussi un des plus arriérés, et même des plus pénibles, pour ne pas dire un des plus cruels et asservissants. La Boulangerie comporte des réformes promptes et radicales, mais nous ne louons l’arrêté précité que jusqu’à un certain point. Nous l’eussions préféré autrement libellé: «Le travail de nuit est supprimé comme règle générale et pour le pain soumis au tarif que l’acheteur a le droit de se faire peser sur le comptoir. — Quant aux pains dits de luxe et de fantaisie, au poids indéterminé, les boulangers auront toujours le droit d’en fabriquer la nuit, en organisant, pour ce, des relais spéciaux d’ouvriers payés pour ce travail.»

Le luxe ne doit pas être interdit, mais alors que le luxueux, et le luxueux seul, le paie.

Une bonne mesure a été prise en même temps. Des registres de placement pour les ouvriers boulangers, d’offre et de demande de travail, sont ouverts dans chaque mairie.

- Miot, comme membre de la Commission de l'enseignement, donne lecture de la proposition suivante : « Vu l'impossibilité pour les étudiants en médecine ayant subi leurs cinq examens de doctorat de présenter une thèse, puisque la Faculté a abandonné son poste. Considérant que la réception à ces examens successifs constitue un titre suffisant de capacité; La Commune décrète : Les étudiants en médecine ayant passé avec succès leurs cinq examens de doctorat sont autorisés à exercer avec le titre de docteur la profession de médecin sur la production d'un certificat de secrétariat de l'École. « Un délai d'un an leur est laissé pour soutenir leur thèse, s'il y a lieu ».

- La Commune en lutte:

Ce matin à Belle-Épine, dans une reconnaissance faite par le 185e bataillon, en avant de la barricade de Villejuif, quarante hommes du bataillon ont été menacés d’être enveloppés par deux compagnies de cavaliers versaillais. La plus grande partie des fédérés a pu se replier; quatre gardes seulement, plus avancés que les autres, n’ont pu suivre le mouvement. Se voyant cernés, ils ont, sur l’injonction de l’officier commandant une des compagnies, mis bas les armes, et aussitôt sur un signe de l’officier ils ont été fusillés. [...] une commission d’enquête sur cet assassinat a été immédiatement formée.

Le fort d'Issy a été bombardé toute la nuit par les batteries du Moulin-de-Pierres et de la Sablière. De dix à onze heures, ralentissement du feu; le fort riposte vigoureusement.

Le 26 avril 1871 :

- Partie non officielle du J.O.

Nous sommes en mesure d’annoncer que d’ici à peu de jours, il aura dans le prix des denrées, une baisse très sensible grâce à l’activité du délégué de la Commune aux subsistances, qui a assuré à Paris un immense et régulier approvisionnement. Le prix du beurre, de la viande et d’autres denrées, deviendra inférieur à ce qu’il était il y a trois semaines.

[...] Le citoyen ALLIX fait la communication suivante : Le citoyen Viard, délégué à la commission des subsistances, a écrit ce matin aux municipalités de Paris pour les prévenir qu’il a des denrées alimentaires à leur disposition. Il demande qu’il soit ouvert des bureaux de vente de ces denrées, lesquels bureaux auront pour effet de maintenir les prix de commerce dans de justes limites. Le citoyen Viard, que je viens de voir à cet égard, m’a chargé de vous dire, en son absence, que les denrées alimentaires dont il peut disposer sont considérables, et que leur vente, même à prix réduit, vaut mieux que l’attente actuelle, qui permet à la spéculation commerciale de s’excuser sur une échelle déjà trop élevée. [...]

- Foule devant le théâtre du Châtelet. Ce sont les francs-maçons de Paris qui se réunissent en grande Assemblée pour délibérer sur la conduite que doit tenir leur vaste Association dans cette crise suprême.[ ] La franc-maçonnerie est nécessairement conciliatrice. Elle a des adeptes dans les deux camps. Aussi tous les hommes de paix ont immédiatement réclamé son intervention philanthropique et désintéressée. Mais la philanthropie est chose bien vague. Mac Mahon et M. de Galliffet riraient aux éclats si on les priait, au nom de la philanthropie, de ne plus ordonner de charges et de se tenir strictement sur la défensive. Quand on se bat, on se bat pour se battre, et sérieusement.

Le Réveil du Peuple raconte dans un vibrant article la réunion du Châtelet:

«La Franc-Maçonnerie se réveille et secoue le lourd sommeil dans lequel elle était plongée. Fidèle à son drapeau, elle a tenté la conciliation. Ses délégués ont vu anéantir sans discussion leurs projets fraternels. Ils sont revenus navrés, le cœur saignant; ils ont vu que les cafards, laïques et jésuites à robe courte, veulent tous la Révolution en massacrant ceux qui luttent pour la revendication des libertés françaises. Rendant compte de leur échec à Versailles, les délégués ont retracé le hideux spectacle des rages furieuses de nos bombardeurs.»

- Nous avons vu ces braves Lyonnais à Paris. La Commune les a bien reçus. Tous les citoyens leur ont fait ici un accueil des plus sympathiques: «Sauvez-nous! que la province arrête les fureurs et les ignobles emportements de cette Assemblée rurale qui se targue de la représenter!» Les Lyonnais, désolés, hochaient la tête: «C’est peut-être la fin de la République; c’est peut-être la fin de la France!»

De retour dans leur ville, ils ont adressé un appel tant à la Commune qu’à l’Assemblée Nationale. Lyon, la fille aînée de France, la digne sœur de Paris, a noblement, a sérieusement parlé. Mais qui écoute aujourd’hui la voix de l’amour ou de la sagesse? — On n’entend plus que le hurlement des canons!»

-En province :

A Auch, manifestation, à Saint-Etienne, le préfet, M. de l’Espée, est tué.

Proclamation de la Commune au Creusot.

Le 25 avril 1871 :

A Belle-Epine près de Villejuif, un officier de chasseur à cheval des troupes versaillaises exécute personnellement sans jugements quatre soldats communards prisonniers.

Court cessez-le-feu à Neuilly.

La Commune décide de réorganiser les Poids et mesures.

25. Manifestations à Montluçon et à La Palisse. La ville de Bordeaux lance des invitations pour un congrès des municipalités.

Citation du citoyen Johannard : « Ce matin, nous nous sommes rendus à. Neuilly à 8 h. 1/2. Quelques coups de canon à peine se faisaient entendre. Nous avons vu le général Dombrowski et ici je dois à la vérité de dire l'adoration qu'éprouve la Garde nationale pour ce général. Il est vraiment aimé de ses soldats qui sont heureux de l'avoir pour chef. Nous nous sommes mis de suite à l'œuvre. Nous nous sommes mis immédiatement à l'œuvre pour laquelle nous demandons l'assentiment de la Commune : c'est de ne laisser sortir personne de Paris. Grâce à cette mesure, le déménagement a lieu, en ce moment, avec beaucoup d'ordre ». (Procès-verbaux de la Commune de Paris, 25 avril 1871).

Le 24 avril 1871 :

- La réquisition des logements vacants.

Décret· sur la réquisition des logements vacants (patrons et bourgeois ont fui Paris) : « La Commune de Paris, " Considérant qu'il est de son devoir de fournir le logement aux victimes du second bombardement de Paris et considérant qu'il y a urgence, décrète :

  • Art. 1er. -Réquisition est faite de tous les appartements vacants.
  • Art. 2. -Les logements seront mis à la disposition des habitants des quartiers bombardés, au fur et mesure des demandes.
  • Art. 3. -La prise en possession devra être précédée d'un état des lieux, dont copie sera délivrée aux représentants des possesseurs en fuite. " Il sera également apposé les scellés sur tous les meubles contenant des objets portatifs.
  • Art. 4. -Les municipalités sont chargées de l'exécution immé-diate du présent décret. Elles devront, en outre, dans la mesure du possible, faciliter les moyens de déménagement aux citoyens qui en feront la demande ».

Commune de Paris 1871 : Décret· sur la réquisition des logements vacants

  • - Aujourd'hui Cournet est nommé délégué à la Sûreté générale et Frankel à la commission Travail, Industrie et Échanges. Le drapeau rouge flotte enfin sur la Bourse et la mairie du deuxième arrondissement.
  • - Tout membre de la Commune a le droit, s’il est muni de sa carte, de pénétrer à toute heure dans tout bâtiment public, civil ou militaire.

- A Paris:

«La circulation la plus libre et la plus tranquille est permise dans tous les quartiers. Depuis la disparition de la police, comme par enchantement, on n’entend parler ni de vols ni d’assassinats, ce qui faisait dire à un patriote que tous les « conservateurs s’étaient enfuis à Versailles ». Les voleurs, de tout temps, ont été les plus grands défenseurs de la propriété, témoin : Bonaparte, Louis-Philippe et leurs bandes». (La Tribune de Bordeaux, 24 avril 1871)

- La Commune en lutte:

Les bombes de Versailles poursuivent avec acharnement le cours de leurs exploits contre la vie et les immeubles des inoffensifs habitants de Neuilly, des Ternes, de Clichy, Levallois et autres lieux.

- Suite au texte présenté pour la journée du 23 avril, on peut lire dans le J.O du 25 avril un petit article daté du 24 avril:

Au citoyen délégué à la guerre.
Citoyen,
Sur la simple représentation d’un patriote dont, il est vrai, le désintéressement et le dévouement ne font jamais défaut à une cause juste, vous venez de décider que «les Alsaciens et Lorrains résidants à Paris (déjà si cruellement éprouvés par le traité de paix) ne seraient pas contraints au service de la garde nationale».
Nous, alsaciens et Lorrains, remercions notre intermédiaire de sa bienveillance, et tenons à reconnaitre de cette décision ministérielle en notre faveur, qui contraste si avantageusement avec l'ancienne routine.
Nous saisissons cette occasion pour affirmer encore plus, si possible, notre ferme volonté de rester Français.
Nous espérons, de plus, que nos frères d'Alsace et de Lorraine hors de Paris, tout en affirmant aussi leur attachement à la France, ne prendront pas les armes contre la capitale qui, peut-être seule, a protesté contre notre abandon décrété sans notre consentement.
Vive la France! vive la République!
Paris, le 24 avril, un groupe d'Alsaciens et de Lorrains

Le 23 avril 1871 :

Direction des ambulances.. […] Considérant que la Commune a décrété la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et que, d’une autre part, il importe de laisser toute liberté à chaque citoyen de vivre et de mourir selon sa croyance, s’il en a une, j’ai fait enlever des salles d’ambulances tout insigne religieux de n’importe culte; j’en ai interdit l’entrée aux membres de toutes les sectes ou corporations religieuses, tout en procurant immédiatement au blessé, qui en fait la demande, la visite du ministre de sa religion, curé, pasteur, pope ou rabbin.

J’ai surtout eu soin d’écarter des blessés ces visites fatigantes de gens qui, sous prétexte de religion, viennent démoraliser les blessés, et ajouter aux souffrances physiques des tortures morales, […] leur faisant un crime du grand combat soutenu au nom du droit et de la République universelle, au point de les faire rougir de leurs glorieuses blessures.

Dr Rousselle.

 La Commune de Paris décrète:

  • Art. 1er, Les huissiers, notaires, commissaires-priseurs et greffiers de tribunaux quelconques qui seront nommés à Paris, à partir de ce jour, recevront un traitement fixe. Ils pourront être dispensés de fournir un cautionnement.
  • Art. 2, Ils verseront tous les mois, entre les mains du délégué aux finances, les sommes par eux perçues pour les actes de leur compétence.
  • Art. 3, Le délégué à la justice est chargé de l’exécution du présent décret.

La Commune en lutte:

Guerre à exécutive.

Suspension d'armes pour demain & Neuilly à midi. Un bataillon de ligne a mis bas les armes à Asnières pour venir à nous; mais avant que nous ne pussions arriver à eux, 600 gendarmes se sont interposés.

Aux forts du sud, un escadron de chasseurs à cheval s'est présenté pour se rendre; malheureusement les gardes nationaux, qui n'avaient pas d’abord compris leur intention ayant tiré, la majeure partie s'est enfuie. Ceux qui sont définitivement venus à nous ont des vêtements dans un état pitoyable. A Asnières, la situation est excellente.

Une conséquence de l’annexion de l’Alsace et de la Lorraine par la Prusse: ce texte présent dans le J.O. du 25 avril 1871, éd. du soir.

Les Alsaciens et Lorrains actuellement dans Paris ne pourront être contraints au service de la garde nationale. Ils auront à produire la preuve de leur origine.

Le délégué à la guerre espère que le bon sens populaire le dispensera d’entrer dans de plus amples détails sur les motifs de cette mesure.

Paris le 23 avril 1871, Le délégué à la guerre: CLUSERET.

Le 22 avril 1871 :

Actes de la Commune. Une décision est prise de désigner un membre pour rechercher les moyens scientifiques de faire la guerre.

La Commune organise les boucheries municipales

Délégation à l’enseignement.

  • - En ce qui concerne l’enseignement, aucune nomination d’aucun ordre n’est valable, et pour les anciennes n’est définitive, si elle ne porte la signature du citoyen Ed. Vaillant, délégué par la Commune.
  • - Les municipalités sont invitées à se mettre en rapport à cet effet avec le citoyen délégué, et à lui adresser au plutôt un rapport détaillé sur l’état de l’enseignement dans leurs arrondissements.
  • - Tous les services sont centralisés en dernier ressort rue de Grenelle-Saint-Germain, 110 à l’ex-ministère de l’instruction publique.
  • - Tout ce qui concerne l’administration peut être adressé dès à présent au citoyen F. Pépin.
  • - Toutes les personnes qui ont étudié la question de l’enseignement intégral et professionnel sont invitées à communiquer par écrit leurs projets de réforme à la délégation de la Commune à l’enseignement.

Paris, le 22 avril 1871.

Le délégué à l’enseignement, ED. VAILLANT.

Ainsi, la mairie du Xe arrondissement indique qu’une école de garçon, rue du faubourg Saint-Martin est dirigée par des instituteurs laïques. L’enseignement des élèves porte sur la lecture, l’écriture, la grammaire, les mathématiques, la géographie, l’histoire.

Rappelons que la Commune, par le décret du 2 avril, mis en affiche le 3 avait séparé l’église de l’état et de fait retiré le monopole de l’enseignement à l’église. C’était aux fonctionnaires de la Commune d’éduquer les jeunes filles et garçons.

La Commune en lutte:

Le J.O. du 23 avril mentionne:

Paris le 22 Avril – Rapport militaire: La position de Neuilly a été, ce matin, fortement canonnée par le Mont Valérien et les batteries et les batteries du rond point de Courbevoie. Celle d’Asnières, fortement attaquées par des colonnes précédées de nombreux tirailleurs résiste avec succès.

Nos batteries, élevées sur le viaduc d’Asnières et les points adjacents, ripostent et obligent l’ennemi à se replier en désordre.

En ce moment, l’ennemi continue sa retraite sur tous les points.

Le délégué à la guerre, CLUSERET

Affiche de la Commune : séparation des églises et de l'étatLe 21 avril 1871 :

Dans «Les procès-verbaux de la Commune de Paris » du 21 avril, il est important de remarquer ceci:

Lecture du projet de décret suivant : " La Commune, _ « Vu le décret communal, du 10 avril1871, portant création de pensions pour les veuves et orphelins des gardes nationaux, morts ou blessés pour la Commune de Paris; " Arrête : "Toutes pièces justificatives à produire, pour les ayants-droits, seront délivrées gratuitement, par qui il appartiendra, et exemptes des frais de timbre».

Ce texte est adopté

La commune va aller encore plus loin: La Commune reconnaît l'union libre (elle verse une pension aux veuves de fédérés mariées ou non, ainsi qu'à leurs enfants légitimes ou naturels), interdit la prostitution.

La Commune en lutte:

Les francs-maçons tentent une conciliation entre la commune et le gouvernement Thiers.

Les familles de Paris qui ont le malheur d’avoir de leurs membres faits prisonniers par les Versaillais et amenés captifs dans les bagnes et pontons de Brest et de Toulon, d’Aix et de Belle-Isle apprennent avec horreur les souffrances et les ignominies que des soldats ont eu le hideux courage de faire subir à des gardes nationaux, [ ] Les prisonniers que nous avons vu amener à Versailles avant d’être enfermés au camp de Satory, ont été entassés les prisons n’y pouvant suffire, dans des caves. On les jetait les uns sur les autres, pêle-mêle dans une promiscuité plus épouvantable mille fois que la terrible solitude des cellules de Mazas. Au bout de 48 heures, ces caves n’étaient qu’un cloaque infect, une fosse d’aisance dans laquelle grouillaient obscurément des larves humaines. (Élie Reclus: La Commune de Paris au jour le jour)

En provenance de «La Dépêche Télégraphique » 21 avril à 11h15 du soir, Une attaque sur Montrouge. Ennemi repoussé sur Bagneux. Avons eu sept blessés.

Thiers impose un blocus ferroviaire de Paris.

En province: Grève et manifestation à Moreuil (Somme), intervention des troupes prussiennes; Tulle arbore le drapeau rouge.

Le 20 avril 1871 :

La Commune, suite à la demande des ouvriers boulangers, interdit le travail de nuit de toute la corporation. Cette décision sera appliquée le 27 avril.

La Commune arrête :

  • 1 / Le pouvoir exécutif est et demeure confié, à titre provisoire, aux délégués réunis des 9 Commissions, entre lesquelles la Commune a réparti les travaux et les attributions administratives;
  • 2 / Les délégués seront nommés par la Commune à la majorité des voix;
  • 3 / Les délégués se réuniront chaque jour et prendront, à la majorité des voix, les décisions relatives à chacun de leur département;
  • 4 / Chaque jour, ils rendront compte à la Commune, en comité secret, des mesures arrêtées ou exécutées par eux, et la Commune statuera.

Voici le résultat du dépouillement du scrutin ont été nommés pour composer la Commission exécutive les citoyens :

  • Guerre: Cluseret.
  • Finances: Jourde.
  • Subsistances: Viard.
  • Relations extérieures: Paschal Grousset.
  • Travail et Echange: Fränkel.
  • Justice: Protot.
  • Services publics: Andrieu.
  • Enseignement: Vaillant.
  • Sureté générale: Raoul Rigault.

La Commune en lutte**:

La fortune des armes est journalière. Avant-hier, nous n’avons pas été heureux de l’autre côté de la Seine. Les Versaillais, choisissant leur moment, ont inondé tout à coup Colombes, Bécon, Asnières avec des forces quintuples de celles de la Commune. Ils se sont précipités au pas de course, leur premier élan emportait les obstacles: dans la première partie de la journée, il semblait qu’ils dussent nous balayer de l’autre rive. Déjà ils avaient repoussé jusque dans Asnières des bataillons surpris qui ont traversé le pont en toute hâte, mais qui se sont reformés à Clichy la Garenne, tandis que Dombrowsky rétablissait le combat; au soir et hier matin, il avait repris, après une sanglante lutte, ses anciennes positions, sauf toutefois le château de Bécon, qui, malheureusement pour nous, domine ses alentours immédiats entre Asnières et Courbevoie. Dombrowsky n’a pas pu non plus délivrer les prisonniers, entraînés immédiatement à Versailles.

De part et d’autre, on s’est canonné du haut de wagons blindés et des mitrailleuses couraient à toute vapeur sur les rails.

À Neuilly, combat perpétuel, égorgements incessants. On avance, puis on est forcé de reculer, ce qu’on perd, on le regagne. D’horribles choses s’y passent: on ne peut sans émotion songer au sort de ces malheureux habitants, innocents de tout ce conflit; leurs maisons servent de point de mire aux canons des deux armées, ils ne quittent plus leurs caves, ni de jour ni de nuit, pour échapper aux balles qui se croisent sur leur têtes.(** extraits du J.O.).

Le 19 avril 1871 :

Voici, aujourd’hui, dans son intégralité la «Déclaration au peuple français». C’est la communication par laquelle le Conseil de la Commune expose son programme politique

Déclaration au peuple français.

Dans le conflit douloureux et terrible, qui impose une fois encore à Paris les horreurs du siège et du bombardement, qui fait couler le sang français, qui fait périr nos frères, nos femmes, nos enfants écrasés sous les obus et la mitraille, il est nécessaire que l’opinion publique ne soit pas divisée, que la conscience nationale ne soit point troublée.

Vive la Commune

Il faut que Paris et le pays tout entier sachent quelle est la nature, la raison, le but de la révolution qui s’accomplit. Il faut enfin que la responsabilité des deuils, des souffrances et des malheurs, dont nous sommes les victimes, retombent sur ceux, qui, après avoir trahi la France et livré Paris à l’étranger, poursuivent avec une aveugle et cruelle obstination la ruine de la capitale, afin d’enterrer, dans le désastre de la république et de la liberté, le double témoignage de leur trahison et de leur crime.

La Commune a le devoir d’affirmer et de déterminer les aspirations et les vœux de la population de Paris; de préciser le caractère du mouvement du 18 mars, incompris, inconnu et calomnié par les hommes politiques qui siègent à Versailles.

Cette fois encore, Paris travaille et souffre pour la France entière, dont il prépare, par ses combats et ses sacrifices, la régénération intellectuelle, morale, administrative et économique, la gloire et la prospérité.

Que demande-t-il ?

La reconnaissance et la consolidation de la république, seule forme de gouvernement compatible avec les droits du peuple et le développement régulier et libre de la société; L’autonomie absolue de la Commune étendue à toutes les localités de la France, et assurant à chacune l’intégralité de ses droits, et à tout Français le plein exercice de ses facultés et de ses aptitudes, comme homme, citoyen et travailleur; L’autonomie de la Commune n’aura pour limites que le droit d’autonomie égal pour toutes les autres communes adhérentes au contrat, dont l’association doit assurer l’unité française; Les droits inhérents à la Commune son : Le vote du budget communal, recettes et dépenses; la fixation et la répartition de l’impôt; la direction des services locaux; l’organisation de sa magistrature, de la police intérieure et de l’enseignement; l’administration des biens appartenant à la Commune; Le choix par l’élection ou le concours, avec la responsabilité et le droit permanent de contrôle et de révocation, des magistrats ou fonctionnaires communaux de tous ordres; La garantie absolue de la liberté individuelle, de la liberté de conscience et de la liberté du travail; L’intervention permanente des citoyens dans les affaires communales par la libre manifestation de leurs idées, la libre défense de leurs intérêts : garanties données à ces manifestations par la Commune, seule chargée de surveiller et d’assurer le libre et juste exercice du droit de réunion et de publicité; L’organisation de la défense urbaine et de la Garde nationale, qui élit ses chefs et veille seule au maintien de l’ordre dans la cité.

Paris ne veut rien de plus à titre de garanties locales, à condition, bien entendu, de retrouver dans la grande administration centrale, délégation des communes fédérées, la réalisation et la pratique des mêmes principes.

Mais, à la faveur de son autonomie et profitant de sa liberté d’action, Paris se réserve d’opérer comme il l’entendra, chez lui, les réformes administratives et économiques que réclame sa population; de créer des institutions propres à développer et propager l’instruction, la production, l’échange et le crédit; à universaliser le pouvoir et la propriété, suivant les nécessités du moment, le vœu des intéressés et les données fournies par l’expérience.

Nos ennemis se trompent ou trompent le pays, quand ils accusent Paris de vouloir imposer sa volonté ou sa suprématie au reste de la nation, et de prétendre à une dictature qui serait un véritable attentat contre l’indépendance et la souveraineté des autres communes.

Ils se trompent ou trompent notre pays, quand ils accusent Paris de poursuivre la destruction de l’unité française, constituée par la Révolution, aux acclamations de nos pères, accourus à la fête de la Fédération de tous les points de la vieille France.

L’unité, telle qu’elle nous a été imposée jusqu’à ce jour par l’empire, la monarchie et le parlementarisme, n’est que la centralisation despotique, inintelligente, arbitraire ou onéreuse.

L’unité politique, telle que la veut Paris, c’est l’association volontaire de toutes les initiatives locales, le concours spontané et libre de toutes les énergies individuelles en vue d’un but commun, le bien-être, la liberté et la sécurité de tous.

La révolution communale, commencée par l’initiative populaire du 18 mars, inaugure une ère nouvelle de politique expérimentale, positive et scientifique.

C’est la fin du vieux monde gouvernemental et clérical, du militarisme, du fonctionnarisme, de l’exploitation, de l’agiotage, des monopoles, des privilèges, auxquels le prolétariat doit son servage; la patrie, ses malheurs et ses désastres.

Que cette chère et grande patrie, trompée par les mensonges et les calomnies, se rassure donc!

La lutte engagée entre Paris et Versailles est de celles qui ne peuvent se terminer par des compromissions illusoires; l’issue n’en saurait être douteuse. La victoire poursuivie avec une indomptable énergie par la Garde nationale, restera à l’idée et au droit.

Nous en appelons à la France !

Avertie que Paris en armes possède autant de calme que de bravoure; qu’il soutient l’ordre avec autant d’énergie que d’enthousiasme; qu’il se sacrifie avec autant de raison que d’héroïsme; qu’il ne s’est armé que par dévouement pour la liberté et la gloire de tous, que la France fasse cesser ce sanglant conflit!

C’est à la France à désarmer Versailles par la manifestation solennelle de son irrésistible volonté.

Appelée à bénéficier de nos conquêtes, qu’elle se déclare solidaire de nos efforts; qu’elle soit notre alliée dans ce combat, qui ne peut finir que par le triomphe de l’idée communale ou par la ruine de Paris!

Quant à nous, citoyens de Paris, nous avons la mission d’accomplir la révolution moderne, la plus large et la plus féconde de toutes celles qui ont illustré l’histoire.

Nous avons le devoir de lutter et de vaincre!

Paris, le 19 avril 1871.

La Commune de Paris;

Le 18 avril 1871 :

- La Commune, dans la « Déclaration au peuple français », fait connaître son programme : «C'est la fin du vieux monde gouvernemental et clérical, du militarisme, du fonctionnarisme, de l'exploitation, de l'agiotage, des monopoles et des privilèges auxquels le prolétariat doit son servage.»

- La Commune décrète que toute arrestation doit faire l'objet d'un procès-verbal.

- Partie non officielle du J.O. du 19 avril 1871: Rapports militaires.

Citoyen, Pendant la nuit dernière les forts de Montrouge, Vanves, Issy et la redoute des Hautes-Bruyères ont échangé quelques coups de canon avec les batteries de Chatillon, du Bas-Meudon et de Brimborion, sans résultat appréciable de part et d’autre.

Un détachement versaillais a tenté quatre fois une attaque sur les tranchées en avant du fort d’Issy; il a été vigoureusement repoussé. Une autre attaque dirigée contre la gare de Clamart a pareillement échoué, nous n’avons eu ni morts ni blessés.

Par ordre: Le colonel d’état*major, LA CÉCILIA.

- Pour les confiné.e.s du XIIIe arrondissement……et puis tout.e.s les autres (bien entendu ndlc): la place d'Italie, située dans le XIIIe arrondissement, s'appellera dorénavant place Duval. L'avenue qui aboutit à cette place gardera son nom d’avenue d’Italie.

- La solde des blessés dans les hôpitaux sera payée à leurs femmes jusqu'à concurrence de 1 franc. La solde des hommes aux hôpitaux est réduite à 50 centimes.

Le délégué à la guerre E. CLUSERET

- Et puis, ne les oublions pas (ndlc): Le « Père Trankil », zouave kabyle qui a rejoint la Commune, lundi 18 avril 2011 à la Butte aux Cailles, rappelle que le peuple algérien vient de reprendre les armes et que : « L’Algérie toute entière revendique les libertés communales ».

Le 17 avril 1871 :

Suite aux interventions de Léo Frankel, Parisel, Jourde et d’autres,

La Commune décrète:

Art. 1er. Le remboursement des dettes de toute nature souscrites jusqu'a ce jour et portent échéance, billets à ordre, mandats, lettres de change, factures réglées, dettes concordataires, etc., sera effectué dans un délai de trois années à partir du 15 juillet prochain. Et sans que ces dettes portent intérêt.

Procès verbaux de la Commune de Paris:

Annexe 1, Rapport du Délégué à la Guerre.

Nuit calme, excepté à Neuilly, où le général Dombrowski continue d'avancer pied à pied. Deux drapeaux, dont l'un pontifical, sont tombés entre nos mains, ainsi qu'un guidon, abandonnés dans l'île de la Grande-Jatte.

L'ennemi a fait un mouvement sur notre droite et semble menacer Asnières. La quantité de gabions qu'il a emportés indique qu'il est très loin d'être rassuré. La brèche au Mont-Valérien est déjà très appréciable. Paris, le 17 avril 1871.

Le délégué à la guerre, Cluseret

«Les choses du jour étaient Le Mot d'ordre et les fantaisies, admirables, de Vallès et de Vermersch au Cri du Peuple». Rimbaud ** à Demeny, lettre du 17 avril 1871.

** Rimbaud s'est peut-être rendu à Paris pendant cette période (entre le 17 avril et le 13 mai). Les historiens discutent encore pour savoir si le jeune poète a pu réellement s'engager dans la Garde nationale et/ou participer à la Commune, comme il a été dit (Delahaye, Nouveau, Verlaine l'ont soutenu). Rien n'est sûr.

En province: Manifestation à Bordeaux et tentative de Commune à Voiron, Tullins, Saint-Marcellin.

Une affiche de la Commune du 17 avril 1871

Une affiche de la Commune du 17 avril 1871

Le 16 avril 1871 :

Les acquis sociaux de la Commune: L’œuvre de la Commune est d’abord une réponse directe, immédiate aux préoccupations de la population parisienne. Léo Fränkel déclare: «Nous ne devons pas oublier que la révolution du 18 mars a été faite par la classe ouvrière. Si nous ne faisons rien pour cette classe, je ne vois pas la raison d’être de la Commune.» Le texte le plus important de lutte pour l’emploi est le décret du 16 avril 1871 relatif aux ateliers abandonnés par leurs patrons, ce qui provoque le chômage des ouvriers qui y travaillaient.

«La Commune de Paris, considérant qu’une quantité d’ateliers ont été abandonnés par ceux qui les dirigeaient afin d’échapper aux obligations civiques et sans tenir compte des intérêts des travailleurs, décrète:

Les chambres syndicales ouvrières sont convoquées à l’effet d’instituer une commission d’enquête ayant pour but :

  • 1. De dresser une statistique des ateliers abandonnés, ainsi qu’un inventaire de l’état dans lesquels ils se trouvent et des instruments de travail qu’ils renferment.
  • 2. De présenter un rapport établissant les conditions pratiques de la prompte mise en exploitation de ces ateliers non plus par les déserteurs qui les ont abandonnés mais par l’association coopérative des ouvriers qui y étaient employés.
  • 3. D’élaborer un projet de constitution de ces sociétés coopératives ouvrières.
  • 4. De constituer un jury arbitral qui devra statuer au retour desdits patrons, sur les conditions de la cession définitive des ateliers aux sociétés ouvrières et sur la quotité de l’indemnité qu’auront à payer les sociétés aux patrons [].»
  • (Précision importante: Le délégué de la commission du travail et de l’échange, que l’on pourrait considérer aujourd’hui comme étant le ministre du travail et de l’industrie, était Léo Frankel, un ouvrier bijoutier hongrois immigré. En effet, pour la Commune, la République est universelle, dès lors un étranger qui offre sa force et son esprit au service de tous est éligible à toute responsabilité).

Le 15 avril 1871 :

Ordre. A partir d’aujourd’hui, les chefs de légion ne commanderont aucun service dans leur arrondissement sans l’ordre de la place, qui seule règle, d’après nos instructions, le service à fournir. On commande des bataillons là où cinquante hommes suffiraient, et à tout propos on dérange inutilement des citoyens qui seraient bien mieux dans leur lit que là où les envoie un zèle intempestif. Le délégué à la guerre profite de cette circonstance pour rappeler la défense de battre le rappel ou la générale sans ordre de la place.

Le délégué à la guerre, Cluseret.

General Eudes au général Cluseret, ministre de la guerre, et à Commission exécutive: «Tout semble fini; la nuit a été terrible. La bataille n'a pas cessé depuis dix heures du soir, C'est le fort de Vanves qui a supporté l'attaque la plus violente, les royalistes ont fait des pertes énormes. Ils sont repoussés sur toute la ligne. C'est une victoire à inscrire sur le drapeau de la Commune. Nos fédérés sont des héros; il se sont battus comme des lions. Je vous demande de les mettre tous à l'ordre du jour, Mais nous devons une mention spéciale au citoyen Ledrux, gouverneur du fort de Vanves. Je vous adresserai un rapport détaillé quand tous les renseignements me seront parvenus.»

Le général commandant les forts du sud, Eudes.

En province:

Manifestation à Auxerre et mouvement insurrectionnel à Cosne (Nièvre) et à Saint-Amand (Cher).

15-18. Mouvement insurrectionnel à Cosne (Nièvre) et à Saint-Amand (Cher).

A Versailles:

Mr Thiers: «Ne bougez pas et je ne bougerai pas jusqu’à ce que les renforts que tous les jours on m’expédie d’Allemagne et de province soient arrivés. Avant hier les troupes qui ont réduit Toulouse ont rejoint celles de Versailles, hier, celles de Lyon et de Limoges; celles de Marseille me viennent ce soir en grande vitesse. Puis, quand j’aurai les 50 000 hommes promis par M. de Bismarck, alors sans plus de risque, je vous attaquerai».

Le 14 avril 1871 :

Que doit donc faire Paris ? Se défendre à outrance, et, par ses élections, se resserrer autour des vrais défenseurs de la République. Il ne ·faut pas surtout laisser amollir les courages et refroidir les dévouements, en laissant croire à une conciliation impossible en ce moment. (extrait du: Procès-verbal de la séance du 14 Avril 1871)

Les soussignés, membres de la délégation communale du 1er arrondissement, considérant, que le vote à bulletins secrets est immoral au premier chef, qu’il ne peut y avoir de vraie démocratie et d’élections libres que là où les électeurs acceptent la responsabilité de leurs actes, émettent le vœu qu’aux prochaines élections, le vote nominal ou à bulletins ouverts soit seul autorisé.

Toussaint, Winant, Tanguy, Sallée.

Et puis la Fédération des Artistes rappelle: «La détermination du mandat. Ce gouvernement du monde des arts par les artistes a pour mission: la conservation des trésors du passé; la mise en œuvre et en lumière de tous les éléments du présent; la régénération de l’avenir par l’enseignement»; (J.O du 15 avril 1871).

En province, à Rouen, Internationaux et radicaux décident d’aller soutenir la Commune les armes à la main.

Enfin à Versailles, une loi votée fait que les maires de Paris ne seront plus élus.

le 13 avril 1871 :

Gustave Courbet a annoncé la création de la fédération des artistes. Élu président de la Société des peintres voilà trois jours, le célèbre peintre réaliste entend ainsi unir «toutes les intelligences artistiques» pour concourir «aux splendeurs de l’avenir et à la République universelle». Elle proclame le 13 avril «la libre expansion de l’art, dégagé de toute tutelle gouvernementale et de tous privilèges».

La Commune décide la démolition de la Colonne Vendôme: La Commune de Paris, considérant que la colonne impériale de la place Vendôme est un monument de barbarie, un symbole de force brute et de fausse gloire, une affirmation du militarisme, une négation du droit international, une insulte permanente des vainqueurs aux vaincus, un attentat perpétuel à l’un des trois grands principes de la république française, la fraternité, décrète : Article unique. La colonne de la place Vendôme sera démolie.

Enfin, ce jour, la commission des barricades publie une affiche définissant les règles de bonnes constructions des barricades.

En province, à Périgueux, manifestations. Les gardes nationaux et les cheminots résistent pendant deux jours aux forces de l’ordre.

Affiche de la Commune n° 129 de la commission des barricades

Le 12 avril 1871

La Commune décide de suspendre les poursuites judiciaires concernant les échéances (loyers, effets de commerce...).

«Tout à coup, à neuf heures, des détonations ont retenti, à coups si violents et si pressés, que tout Paris presque a pu croire que la bataille était dans Paris même.

La canonnade et la mousqueterie se suivaient, se mêlaient avec fureur. Le ciel était sillonné d’éclairs aussi fréquents que des éclairs de chaleur, et qui étaient des éclairs de massacre. C’étaient les troupes de Versailles qui attaquaient les forts du sud: C’était le maréchal Mac-Mahon qui, entré le matin en possession du commandement, voulait marquer ses débuts par un grand coup, et tentait de forcer Paris par une surprise nocturne.

L’horrible combat a duré une heure et demie avec cette effroyable intensité, puis, les coups se sont ralentis et ont bientôt tout à fait cessé.

Mac-Mahon et les bataillons de Versailles étaient repoussés.

La population, amassée dans les rues et sur les places, se souviendra néanmoins de l’angoisse et du supplice de cette soirée. Jamais, au temps du siège, le bombardement, jamais les sorties n’ont eu ce fracas et cet acharnement. Dans tous les groupes l’indignation était égale à la douleur. Et on ne savait lequel on devait le plus accuser et détester, du politique ou du militaire — de M. Thiers qui semble vouloir tendre à son tour aux Parisiens ce piège des négociations dans lequel l’ont fait tomber les Prussiens, — ou de M. Mac-Mahon qui ose essayer de prendre sur Paris sa revanche de Sedan.»

Élie Reclus - La Commune de Paris au jour le jour

Le 11 avril 1871 :

Début des opérations menées par l’armée de Versailles.

La première organisation féminine de masse voit le jour: «L’union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés».

11 avril 1871 création de ‘’L’union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés’’

Avant la Commune les conditions de vie des femmes étaient déplorables, pendant le siège Prussien ces conditions s’étaient encore dégradées, elles vont souffrir encore plus du froid, de la faim, mais elles ne vont pas rester inactives, elles n’ont plus rien à perdre, et elles s’engagent parce qu’elles attendent toutde la Commune. Des centaines de femmes, surtout des ouvrières se regroupent sous la direction, principalement, de deux femmes: Nathalie Lemel, une ouvrière relieuse de 45ans, militante de longue date et Elisabeth Dmitrieff, une jeune immigrée russe envoyée à Paris par Karl Marx pour lui rendre compte de la situation; elle va en fait s’engager pleinement dans la lutte.

«L’Union des femmes» est organisée avec sérieux et esprit de responsabilité. Le programme reprend des idées essentielles comme l’égalité des salaires. Une première application décidée par la Commune accorde des salaires identiques aux instituteurs et aux institutrices.

Nathalie Lemel mènera la bataille jusqu’au bout, sur les barricades.

Le 10 avril 1871 :

La Commune vote un décret dans lequel pour la première fois toutes les familles, « légitimes » ou pas, ont les mêmes droits.

APPEL AUX CITOYENNES DE PARIS

Paris est bloqué, Paris est bombardé .... Citoyennes, où sont-ils nos enfants, et nos frères et nos maris ?... Entendez-vous le canon qui gronde et le tocsin qui sonne l'appel sacré ?

Aux armes! La patrie est en danger! ... est-ce l'étranger qui revient envahir la France ? Sont-ce les légions coalisées des tyrans de l'Europe qui massacrent nos frères, espérant détruire avec la grande cité, jusqu'au souvenir, des conquêtes Les immortelles que depuis un siècle nous achetons de notre sang et que le monde nomme liberté, égalité, fraternité ? ...

Non, ces ennemis, ces assassins du peuple el de la liberté sont des Français! ... Ce vertige fratricide qui s'empare de la France, ce combat à mort, c'est l'acte final de l’éternel, antagonisme du droit et de la force, du travail et de l'exploitation, du peuple et de ses bourreaux !

Nos ennemis, ce sont les privilégiés de l'ordre social actuel, tous ceux qui toujours ont vécu de nos sueurs, qui toujours se sont engraissés de notre misère ... […]

Malheur aux mères, si une fois encore le peuple succombait! Ce seront leurs fils enfants qui payeront cette défaite, car pour nos frères et nos maris, leur tête est jouée, et la réaction aura beau jeu. ... De la clémence ni nous, ni nos ennemis nous n'en voulons!

Citoyennes, toutes résolues, toutes unies, veillons à la sûreté de notre cause! Préparons-nous à défendre et à venger nos frères! Aux portes de Paris, sur les barricades dans les faubourgs, n’importe! soyons prêt, au moment donné, à joindre nos efforts aux leurs; si les infâmes qui fusillent les prisonniers, qui assassinent nos chefs, mitraillent une foule de femmes désarmées, tant mieux! le cri d'horreur et d'indignation de la France et du monde achèvera ce que nous aurons tenté! ... Et si les armes et les baïonnette sont toutes utilisées par nos frères, il nous restera encore des pavés pour écraser le traîtres! ...

Un groupe de citoyennes. Paris le 10 avril

(partie non officielle du J.O. du 11 avril 1871- Éd. Du matin)

Le 9 avril 1871 :

Ce matin, dès la première heure, une vive canonnade s'engage dans les directions de Neuilly et de Vanves. Dans la partie ouest, le mouvement général de retraite signalé hier s'accentue du côté de Versailles. Vers huit heures, une vive fusillade a été, engagée avenue de Neuilly ; les vengeurs, déployés en tirailleurs, se sont portés en avant, protégés par le tir de la garde nationale, ils ont forcé les Versaillais à se replier; nous occupons à cette heure les mêmes positions que la veille . A Issy, notre artillerie s'est portée en avant, appuyée par la garde nationale et occupe solidement de fortes positions. Le village de Bagneux est entièrement libre. Le général Besson, commandant les forces de Versailles aurait été tué hier pendant l'engagement. (J.O. du 10 avril – éd. Du soir).
Signalons en provinces des manifestations de chômeurs à Laval et d’ouvriers à Auxerre. (Publication : 15 octobre 2012 – Les amies et Amis de la Commune de Paris 1871 - https://www.commune1871.org/la-commune-de-paris/histoire-de-la-commune/chronologie-de-la-commune-a-paris-et-province/441-chronologie-des-evenements-en-province ) .

Le 8 avril 1871 :

La lutte : Courbevoie

«Les combats nous sont défavorables, malaventure nous arrive après malaventure. Avant-hier, les troupes de la Commune ont tâché de reprendre possession de Courbevoie. Quelques bataillons de bonne volonté se sont rendus là-bas, braves, étonnamment braves, mais trop peu nombreux, avec des officiers encore plus novices que leurs hommes» (Élie Reclus - La Commune de Paris au jour le jour)

À Paris :

Les détournements fonctionnels et symboliques, sont nombreux: les églises Notre-Dame-de-Lorette ou Saint-Eustache deviennent des clubs le soir venu, et les jardins des Tuileries un parc d’artillerie qu’évoque Le Monde illustré du 8 avril 1871

Les actes de la Commune :

  • 1. Décision pour l’institution d’une Commission des barricades.
  • 2. Décision pour donner à tout membre de la Commune, arrêté par mesure d’ordre, le droit d’être entendu à la première séance suivant son arrestation.
  • 3. Décret sur la pension des citoyens blessés,

La Commune de Paris, décrète:

«Tout citoyen blessé à l’ennemi pour la défense des droits de Paris recevra, si sa blessure entraîne une incapacité partielle ou absolue, une pension annuelle et viagère, dont le chiffre sera fixé par une commission spéciale composée des citoyens Lefrançais, Malon, Grousset et Ostyn, dans les limites de trois cents à douze cents francs.»

le 7 avril 1871 :

Le peuple est convoqué à l’enterrement des gardes nationaux morts pour la défense de Paris. Plusieurs milliers de citoyens se pressent aux abords de l’hôpital Beaujon. Cinquante à soixante cercueils (hélas! les morts étaient plus nombreux) sont empilés sur trois grands chars funèbres, traînés chacun par quatre chevaux, couverts de robes de deuil. Aux angles des corbillards étendant leurs plis comme un manteau de gloire sur les victimes, les bières sont jonchées d’immortelles qu’on distribue aux assistants : « Souvenez-vous! »

«À la garde nationale.

Citoyens, L'Assemblée de Versailles a fait appel aux volontaires des départements contre Paris. La Commune de Paris a fait appel au droit contre l'Assemblée de Versailles. Les volontaires ont répondu à l'appel du droit. Limoges a proclamé la commune. Son hôtel de ville a les mêmes couleurs que le nôtre. La troupe de ligne a fraternisé avec la garde nationale. L’armée du droit marchera au secours, non de Versailles, mais de Paris. Guéret, de même, a fait sa commune, et attend Limoges pour le suivre. Tout le centre est levé pour grossir le mouvement. La Nièvre a ses hommes debout. Vierzon, commune aussi, tient la tête du chemin de fer pour empêcher les gendarmes de Versailles d'avancer contre Toulouse, et pour aider les gardes nationaux de Limoges marchant vers Paris. Si Paris continue à faire son devoir, s'il est aussi constant qu'il a été brave, c'en est fait de la guerre-civile et de ses coupables auteurs. Vive la Commune! Vive la République!

Paris, le 7 avril: La commission exécutive.»

Le 6 avril 1871 :

La Commune prend tout de suite pris des mesures. Elle vient de voter une pension aux veuves des gardes nationaux tombés au combat, mariées ou non, ainsi qu’à leurs enfants. Cette mesure prend en compte la réalité des familles parisiennes les plus pauvres, qui ne sont souvent pas mariées, et constitue une première reconnaissance légale de l’union libre.

Jaroslaw Dombrowski, né en 1836,est un militaire et patriote polonais, Ce général de la Commune, devient commandant de la place de Paris à partir du 6 avril.

Place voltaire, le peuple de Paris, avec l'aide de fédérés brûle la guillotine devant la statue de Voltaire.

Le 5 avril 1871 :

Proclamation aux habitants:

«Citoyens,

Chaque jour, les bandits de Versailles égorgent ou fusillent nos prisonniers, et pas d’heure ne s'écoule sans nous apporter la nouvelle d’un de ces assassinats.

Les coupables, vous les connaissez; ce sont les gendarmes et les sergents de ville de l’empire, ce sont les royalistes de Charrette et de Cathelineau qui marchent contre Paris au cri de Vive le Roi et drapeau blanc en tête.

Le gouvernement de Versailles se met en dehors des lois de la guerre et de l’humanité; force nous sera d’user de représailles.

Si, continuant à méconnaître la condition habituelle de la guerre entre peuples civilisés, nos ennemis massacrent encore un seul de nos soldats, nous répondrons par l’exécution d’un nombre égal ou double de prisonniers.

Toujours généreux et juste même dans sa colère, le peuple abhorre le sang comme il abhorre la guerre civile; mais il a le devoir de se protéger contre les attentats sauvages de ses ennemis, et, quoiqu'il lui en coûte, il rendra œil pour œil et dent pour dent.»

Ainsi,le 5 avril 1871, la Commune décide en un décret historique «que toutes personnes prévenues de complicité avec le gouvernement de Versailles […] seront les otages du peuple de Paris».

Le 4 avril 1871 :

«L'émotion est à son comble dans les quartiers où le peuple vient d'apprendre l’assassinat de Flourens (voir hier 3 avril) et celui d'Émile Duval (ouvrier fondeur, membre de l'A.I.T., général et élu de la Commune de Paris dans le XIIIe arrondissement). C'est bien la guerre civile qui vient de commencer. Cluseret devient général en chef. Il n'a pas très bonne réputation dans les bataillons de fédérés. On le considère un peu comme un aventurier et il a rejoint le mouvement ouvrier comme un bourgeois qui consentirait à s'encanailler»**

** Martiel Senisse - Les carnets d'un fédéré de la Commune 1871 - éd. collection Action 1965

À Marseille, une Commune déclenchée le 23 mars se termine le 4 avril dans un bain de sang :150 morts.

À Limoges, c'est également une journée insurrectionnelle.

Le 3 avril 1871 :

Les troupes de Versailles passent à l’offensive, Thiers bombarde Paris! Dans la matinée les officiers de la Garde Nationale, tente une sortie sur Versailles, mais ils doivent de se replier sur Neuilly.

L’armée de la réaction fusille sans procès les fédérés qui sont capturés! Gustave Flourens, homme de savoir, qui fut professeur au Collège de France puis général de la Commune est arrêté et exécuté (massacré) sur place.

Pendant ce temps Paris se couvre de barricades.

Des centaines de femmes défilent entre la place de la Concorde et le pont de Grenelle, réclamant une marche sur Versailles.

Le 2 avril 1871 :

L’assemblée communale prend officiellement pris le nom de Commune de Paris. La Commune décide de la séparation de l’église et de l’état; la célèbre affiche sera publiée le lendemain à la date du 3. Le conseil de la Commune décrète dans le même temps remise générale des quittances de loyers pour toute la durée du siège et jusqu’en juillet 1871.

A la suite, la Commune va créer pour la première fois (n'en déplaise à Mr J. Ferry) l'école laïque, gratuite et obligatoire pour filles et garçons.

Le 1 avril 1871 :

Petit rappel : L’inspiration sociale

Dans chaque arrondissement se sont constitués, pendant le siège, des comités de vigilance. De son côté, le Comité central républicain des vingt arrondissements, composé de délégués ouvriers, dont beaucoup appartiennent à l’Internationale, siège depuis le 5 septembre rue de la Corderie. Deux pouvoirs commencent à s’opposer : celui de l’État bourgeois, représenté par le gouvernement du 4 septembre; celui du peuple, encore vague et incontrôlé.

Les souvenirs de la révolution de 1848, que la bourgeoisie avait accaparée à son profit et qui s’était terminée en juin par le massacre des ouvriers de Paris, sont encore vivants et subsistent, malgré les mesures de coercition prises par le second Empire. Mais, en 1860, l’Empire est obligé de modifier sa politique et d’adopter une position plus libérale. Il laisse des ouvriers français se rendre en délégation à l’Exposition universelle de Londres. Ils y découvrent une classe ouvrière mieux organisée et mieux rémunérée, et réclament, à leur retour, la création de chambres syndicales et le droit de grève. Celui-ci leur est accordé, avec des restrictions, en 1864. La même année paraît, à l’occasion d’élections complémentaires, le Manifeste des soixante, texte capital d’inspiration nettement socialiste, où les rédacteurs dénoncent l’hypocrisie de l’égalité telle que l’a formulée la Révolution de 1789 et demandent une véritable démocratie politique, économique et sociale. Enfin se constitue, à Londres, l’Association internationale des travailleurs, dont l’adresse inaugurale est rédigée par Karl Marx. Mais la section française est formée sur l’initiative d’ouvriers proudhoniens. À ces courants s’ajoute l’influence de Blanqui, qui a passé une grande partie de sa vie en prison et qui, reprenant la tradition de 1793, pense que la révolution peut être accomplie par de petits groupes organisés en sociétés secrètes prônant l’action violente. Ces diverses tendances vont s’affirmer dans l’action des hommes de la Commune.

«Aujourd’hui la Commune a donné le commandement en chef à Émile Eudes, blanquiste, il a 28 ans» (Martial Senisse.- Les carnets d'un fédéré - Collection Action-1965).

Le 31 mars 1871 :

Mais pourquoi donc le drapeau de la Commune était-il rouge?

«En résumé, le blanc était la couleur du roi et de ses instruments politiques : la noblesse et le clergé, le bleu celle des privilégiés du régime et des jurandes, le rouge celle des travailleurs c'est-à-dire de l’immense majorité du peuple français.

Aujourd'hui, le drapeau rouge flotte dans les airs! L'application du principe de l'égalité de tous les citoyens devant la loi politique avec les conséquences sociales qu'il implique, finira par confondre tous les Français dans une seule classe, celle des travailleurs.

A nouvelle ère, nouveau drapeau! Le drapeau du travail, de la paix et de l'égalité, le drapeau rouge!».

(Le Journal officiel de la République Française, le 31 mars 1871).

Le 30 mars 1871 :

Au matin, Paris fut instruit de sa Commune.

«Dès aujourd'hui, disait la première proclamation, la décision attendue sur les loyers, demain celle des échéances, tous les services publics rétablis et simplifiés, la garde nationale réorganisée sans délai, tels seront nos premiers actes.»

Un décret faisait remise générale des termes compris entre octobre 70 et juillet 71, des sommes dues pour les locations en garni. Versailles n'offrait que des délais, c'était inique; la Commune acquittait, disant avec raison que la propriété devait payer sa part de sacrifices, mais elle négligeait d'excepter une foule d'industriels qui avaient réalisé des bénéfices scandaleux pendant le siège. De plus les commissions crées plus tôt s'organisaient.

Le 29 mars 1871 :

La Commune nomme dix commissions : Commission exécutive, - des finances, - militaire, - justice, - sûreté générale, - des subsistances, - industrie et échange, - des relations extérieures, - des services publics, - de l’enseignement. De plus le Conseil de la Commune déclare l'abolition de la conscription et des armées permanentes; la remise des trois derniers termes de loyers et suspension des ventes au Mont-de-Piété.

Le 28 mars 1871 :

Les élections promises viennent d'avoir lieu, le Comité a remis tous les pouvoirs aux mains des élus du peuple. Devant l’Hôtel de Ville où 200.000 personnes, en liesse, sont réunies. 90 élus représentent assez largement le peuple de Paris dont une part notable d’ouvriers, ils ne sont pas majoritaires mais aucune autre chambre de l’histoire de France n’a connu un pourcentage d’ouvriers aussi significatif. Il y a aussi des employés des petits artisans, des savants comme Flourens, des artistes comme Courbet, des journalistes comme Jules Vallès. Politiquement ces élus sont aussi de toutes les tendances on y trouve des républicains avancés comme Delescluze, d’autres viennent du mouvement syndicaliste, du mouvement de l’Internationale comme Varlin (ou Émile Duval élu dans le XIIIe...ma Butte-aux-Cailles) des blanquistes c’est-à-dire des socialistes révolutionnaires, anticléricaux, patriotes comme Ferré.

Le 27 mars 1871 :

Paris, 27 mars. Nous avons eu nos élections, nous les avons eues.

Le Comité central, sorti du hasard, bienveillant, cette fois, cède la place à la Commune de Paris, depuis toujours attendue, à la Commune régulièrement élue, à la Commune ayant origine et par conséquent autorité légales.

Deux cent cinquante mille suffrages, beaucoup plus que n’en avaient eu les maires et adjoints nommés sous l’empire du plébiscite Fabre-Trochu, deux cent cinquante mille électeurs viennent de se prononcer contre le coup d’État monarchique. Paris veut la République: malgré tous les royalistes conjurés, il veut que s’accomplisse le programme de la Révolution.

Désormais la nouvelle révolution française a vie et corps, elle a une existence civile. Née le 18 mars, avant terme, par suite d’accident — un mauvais coup du méchant Thiers — la Révolution était là, gisante sur le pavé… Devait-elle vivre? Hier, son père légitime, le peuple de Paris, l’a ramassée, l’a prise dans ses bras, l’a montrée au monde: il l’a reconnue suivant les rites et formules d’adoption légale : Voici ma fille.

Le 26 mars 1871 :

Élections municipales à Paris, Ils étaient des obscurs, presque tous d'instruction incomplète, quelques-uns des exaltés. Mais le peuple pensa avec eux, leur envoya ces bouffées d'inspiration qui firent la Commune de 92-93 grande. Paris fut le brasier, l'Hôtel-de-Ville la flamme. Dans cet Hôtel-de-Ville où des bourgeois illustres avaient accumulé trahisons sur déroutes, des premiers venus trouvèrent la victoire pour avoir écouté Paris. Scrutin sincère d'un peuple libre. Ni police ni intrigues aux abords des salles. (Merci Mr Lissagaray ndlc).

Le 25 mars 1871 :

L’appel du comité central de la garde nationale le 25 mars 1871 avant les élections à la Commune

Affiche du 25 mars 1871 : Appel du Comité central de la garde nationale pour les élections de la Commune

Le 24 mars 1871 :

Émile Digeon proclame la Commune de Narbonne «Des armes! Des armes! Tout citoyen libre a le droit d’en avoir comme seule sanction sérieuse, efficace, de ses droits. (…) Aujourd’hui, en présence des complots royalistes, un fonctionnaire qui refuserait d’armer le peuple ne saurait être considéré comme républicain. (…) Sachons arborer franchement, hardiment le drapeau de la révolution». Émile Digeon, dès le 12 mars 1871, appelle ainsi le club de la révolution de Narbonne à l’insurrection. «L’homme de tête et d’action qui fit défaut aux mouvements du Midi se trouva dans l’insurrection de Narbonne», écrit Prosper-Olivier Lissagaray; mais qui était celui qui, le 24 mars 1871, proclame au balcon de l’hôtel de ville «la Commune centrale de l’arrondissement de Narbonne avec union à celle de Paris».

Digeon devient «chef provisoire » d’une Commune présidée par Baptiste Limouzy, président du club de la révolution. Une partie de l’armée passée au peuple, Digeon s’assure de la neutralité de la garnison restante en faisant défiler ses hommes autour de la caserne. Les communards s’emparent de l’arsenal, de la sous-préfecture et de la gare et sont maîtres de la ville. Digeon met toute son énergie à maintenir l’ordre et éviter les débordements. Son objectif est de rallier les villes et campagnes environnantes pour soulever tout le Midi, mais Versailles est plus rapide : une véritable petite armée venue de Perpignan, Montpellier, Toulouse, Foix et Carcassonne encercle les insurgés avant qu’ils ne puissent lancer l’expédition qu’ils préparaient sur Béziers. Après des échauffourées sur les barricades, l’hôtel de ville est évacué le 31 mars. Digeon refuse de fuir et est arrêté le lendemain, tandis que Narbonne est quadrillée par l’armée. Après six mois de prison, il est acquitté lors d’un retentissant procès à Rodez (Aveyron) en novembre 1871.

À Paris : Le Comité central n’en démord pas : il maintient les élections pour demain, Versailles jurant qu’il n’y en aura pas.

Le 23 mars 1871 :

Ce soir, les sections parisiennes de l’Association Internationale des Travailleurs, réunies en séance de nuit, ont officiellement apporté leur soutien au Comité Central. Elles appellent les parisiens à participer aux élections, prévues pour dimanche 26 mars 1871.

De plus: proclamation des Communes de Marseille et de Lyon.

Le 22 mars 1871 :

Citoyens:

Votre légitime colère nous a placés le 18 mars au poste que nous ne devions occuper que le temps strictement nécessaire pour procéder aux élections communales.

Vos maires, vos députés, répudiant les engagements pris à l’heure où ils étaient candidats, ont tout mis en œuvre pour entraver ces élections que nous voulions faire à bref délai. La réaction, soulevée par eux, nous déclare la guerre. Nous devons accepter la lutte et briser la résistance, afin que vous puissiez y procéder dans le calme de votre volonté et de votre force. En conséquence, les élections sont remises au dimanche prochain 26 mars.

Jusque là les mesures les plus énergiques seront prises pour faire respecter vos droits.

Hôtel-de-Ville, 22 mars 1871.

Le 18 mars 1871 :

Adolphe Thiers tente de désarmer le Peuple de Paris en faisant enlever les canons de la garde nationale entreposés à Belleville et à Montmartre. C'est un échec cinglant : non seulement la mobilisation des parisiens fait échouer le projet, mais en plus le 88ème régiment de ligne fraternise avec la population. Paris échappe au contrôle du gouvernement, l'insurrection triomphe. C'est le début de la Commune de Paris.