Les femmes

Le 2 avril 1871, Versailles attaque. Dans l’émotion, sans vraie décision politique ni préparation, les généraux de la Commune décident une sortie, le 3 avril, catastrophique (assassinat de gardes nationaux prisonniers, d’Émile Duval et de Gustave Flourens).

En 1897, vingt-six ans après la Commune, Félix Fénéon et la Revue blanche posent une série de questions à des « anciens » de la Commune et publient une Enquête sur la Commune.

La Revue blanche est disponible sur le site Gallica de la Bibliothèque nationale de France. Un petit livre en a été tiré il y a quelques années. Bref, ceci n’a rien d’une nouveauté. Pourtant...

"Si la Nation Française ne se composait que de femmes, quelle terrible Nation ce serait ! "
Le correspondant du Times en avril 1871
 

 

"Le jeudi 25 mai 1871 alors que les gardes nationaux abandonnaient la barricade de la rue du Château-d’eau, un bataillon de femmes vint en courant les remplacer.

Le 3 septembre 1870 fut le dernier samedi du Second Empire.
À la mairie du XVIIIe, place de l’Abbaye — aujourd’hui place des Abbesses —, comme ailleurs à Paris, un officier d’état civil nommé célébrait les mariages.

Les Archives nationales ont présenté récemment une exposition historique [1] consacrée aux grands procès faits aux femmes, à travers les comptes-rendus d’interrogatoires. Une salle était consacrée aux « pétroleuses » de la Commune.

La famille Cadolle est sans conteste dominée par la figure d’Herminie Cadolle. Elle n’est pas seulement à l’origine du soutien-gorge moderne, elle est la première à avoir occupé au début des années 1880 le poste de trésorière dans notre vénérable association.

La Galerie des bibliothèques [1], à Paris, a présenté jusqu’au 13 mars l’exposition « Photos, femmes, féminisme  », évoquant 150 ans de l’histoire des femmes (1860-2010) à travers 200 photos issues des collections de la Bibliothèque Marguerite Durand, qui possède un fonds important sur les femmes et la Commune.

Cette grande dame n’a pas écrit l’histoire de la Commune. Elle l’a faite ! Pas d’écriture de ses mémoires, pas de lettres, rien. Que sa signature parmi d’autres au bas des affiches de la Commune qui proclament comme nous le voyons sur la carte 2010 : « Nous voulons le travail pour en garder le profit, plus d’exploiteurs plus de maîtres ». L’année 2010 est donc placée sous l’effigie de cette grande figure. Une très belle occasion de faire sortir de l’ombre ce personnage qui consacra toute sa vie à la défense du monde ouvrier.

La Commune de Paris, c’est aussi une diversité de femmes qui à travers les clubs, les organisations, a trouvé la possibilité de s’exprimer, et le moyen de faire évoluer la condition féminine.

Nous ne pouvons que saluer le rôle joué par ces figures emblématiques que sont Louise Michel, Paule Mink, André Léo, Nathalie Le Mel…

Au fil des ans, Louise Michel est devenue la figure unique et emblématique du combat féministe des Communardes, ce qui est totalement injustifié. Si ses propos sont ceux d’une féministe, son combat est celui d’un soldat : ce qu’elle fut durant toute la Commune. On peut dire que son engagement féministe est parallèle à l’action des femmes qui mènent durant cette période un combat exemplaire. En effet, pour la première fois de leur histoire, les femmes créent durant la Commune une organisation féminine, large, populaire, rassemblant des milliers de femmes.

Entre leurs dirigeants, leurs pères, leurs patrons, et leurs compagnons, les chemins escarpés de l’émancipation des femmes sous le Second Empire

« Je vois deux peuples dans nos villes », avait écrit Jules Michelet dans « La Femme », mettant ainsi en confrontation ou en comparaison les prolétaires et « les prolétaires des prolétaires », leurs femmes.

Institutrice passionnée de pédagogie, militante de l’Internationale, Marguerite Tinayre a joué sous la Commune un rôle important dans la réforme de l’enseignement et la laïcisation des écoles.

Marguerite Guerrier, appelée aussi Victoire (son second prénom), est née en 1831 à Issoire (Puy-de-Dôme) dans une famille républicaine.